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7 oct. 2025 · 16 min

Euler et Fermat : l’enquête sur le pari des nombres complexes

L’épisode suit le pari d’Euler sur les nombres complexes, repère la faille de sa preuve, puis découvre la voie arithmétique ainsi ouverte.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Bonjour à tous. Aujourd'hui, on va démarrer avec un petit rappel assez basique. Tout le monde sait que le chiffre 4, c'est simplement 2 multiplié par 2.

  2. Intervenant 2

    Oui, c'est vraiment le socle absolu en mathématiques,

  3. Intervenant 1

    quoi. Voilà, c'est le truc qu'on apprend dès l'école primaire. La décomposition d'un nombre en facteurs premiers, c'est unique. On pourrait dire que c'est son ADN, en fait.

  4. Intervenant 2

    Complètement. C'est inaltérable. Enfin, en théorie.

  5. Intervenant 1

    En théorie, oui. Parce que, et c'est là que ça devient fascinant, imaginons un instant qu'on découvre soudainement que 4, c'est aussi égal à la parenthèse 1 plus i racine de 3, multiplié par la parenthèse 1 moins i racine de 3.

  6. Intervenant 2

    Ça donne le vertige.

  7. Intervenant 1

    Mais totalement. Et surtout, qu'est-ce qui se passerait si cette équation unique, qui brise littéralement toutes les règles fondamentales de l'arithmétique, avait par accident créé l'algèbre moderne ?

  8. Intervenant 2

    C'est précisément le point de départ d'un véritable séisme scientifique qu'on va aborder aujourd'hui.

  9. Intervenant 1

    C'est ça. C'est pour ça que la mission du jour dans cette nouvelle exploration, c'est de décrypter un article absolument génial de Tangente qui s'intitule « Une preuve bancale révolutionne l'arithmétique ».

  10. Intervenant 2

    Un titre super accrocheur, en vrai.

  11. Intervenant 1

    Ouais. Et l'objectif, du coup, c'est de comprendre comment l'un des plus grands génies de l'histoire a pu, comment dire, s'égarer avec une audace pareille.

  12. Intervenant 2

    Et comment cet excès d'enthousiasme a fini par engendrer une toute nouvelle branche de la science.

  13. Intervenant 1

    Exactement. Bon, décortiquons un peu tout ça. L'histoire tourne autour de deux géants. D'un côté, Pierre de Fermat, avec son tristement célèbre grand théorème. Et de l'autre, Léonard de l'air, le titan du XVIIIe siècle.

  14. Intervenant 2

    Et le paradoxe qu'on va explorer aujourd'hui est incroyable. La preuve de l'heure était fausse. Elle était genre pleine de trous, bancale, mais au final...

  15. Intervenant 1

    Elle a prouvé un truc encore plus grand.

  16. Intervenant 2

    C'est exactement ça. Mais pour bien mesurer l'ampleur de cette fameuse erreur de l'heure, il faut d'abord regarder la montagne qu'il essayait de gravir.

  17. Intervenant 1

    Oui, parce qu'il ne s'attaquait pas au théorème de Fermat dans sa totalité, n'est-ce pas ?

  18. Intervenant 2

    Non, pas du tout. Il s'attaquait à un cas très spécifique, le cas où l'exposant est étroit.

  19. Intervenant 1

    D'accord, donc on parle de l'équation x³ plus y³ égale z³.

  20. Intervenant 2

    Voilà. Le but de l'air, c'était de prouver qu'il est strictement impossible de trouver trois nombres entiers qui satisfont cette équation.

  21. Intervenant 1

    En gros, un cube parfait ne peut jamais être la somme de deux autres cubes parfaits.

  22. Intervenant 2

    C'est ça. Et pour s'attaquer à ce monument, Euler a dégainé une arme logique que Fermat lui-même adorait utiliser.

  23. Intervenant 1

    Ah oui, la fameuse redoutable méthode de la descente infinie.

  24. Intervenant 2

    La descente infinie, exactement. Honnêtement, c'est d'une élégance intellectuelle folle. C'est une démonstration par l'absurbe.

  25. Intervenant 1

    Et comment ça marche, pour faire simple ?

  26. Intervenant 2

    L'idée de Bave, c'est de supposer d'abord que l'équation possède une solution. Un trio de nombres entiers strictement positifs.

  27. Intervenant 1

    Ok, on part du principe que ça marche.

  28. Intervenant 2

    C'est ça. Et à partir de là, par une saisie de manipulation algébrique, on démontre que si cette première solution existe, alors on peut mécaniquement en fabriquer une deuxième.

  29. Intervenant 1

    Mais avec des nombres plus petits, c'est bien ça ?

  30. Intervenant 2

    Strictement plus petits, oui.

  31. Intervenant 1

    Et c'est là qu'est le piège ?

  32. Intervenant 2

    Parce que si on a trouvé une solution plus petite, la règle s'applique encore.

  33. Intervenant 1

    Exactement.

  34. Intervenant 2

    On en fabrique une troisième encore plus petite, puis une quatrième, et ainsi de suite.

  35. Intervenant 1

    Et comme on travaille avec des nombres entiers naturels, donc positifs, il y a un problème physique, quoi.

  36. Intervenant 2

    Voilà, les entiers naturels ont un plancher absolu, le zéro. On ne peut pas descendre indéfiniment en gardant des entiers positifs.

  37. Intervenant 1

    L'analogie la plus parlante, en fait, c'est d'imaginer quelqu'un qui essaie de descendre un escalier marche après marche.

  38. Intervenant 2

    Ouais.

  39. Intervenant 1

    En pensant qu'il s'enfonce sous terre à l'infini alors qu'on sait pertinemment que le bâtiment s'arrête au rez-de-chaussée, il n'y a pas de sous-sol.

  40. Intervenant 2

    C'est une super image. À un moment, le pied va percuter le béton, quoi.

  41. Intervenant 1

    Donc, comme on arrive à cette impossibilité, l'hypothèse de départ s'effondre.

  42. Intervenant 2

    Et la toute première solution ne peut pas exister. Voilà, ça c'est la descente infinie.

  43. Intervenant 1

    Ok, donc Euler avait très bien compris ça, mais appliquer ça au problème des cubes, ça a viré au cauchemar pour lui.

  44. Intervenant 2

    Oh que oui. Il y a passé un temps incalculable.

  45. Intervenant 1

    20 ans, je crois, l'article mentionne ça.

  46. Intervenant 2

    20 longues années. Deux décennies à se casser les dents dessus. Il y a même une lettre poignante de 1753. Ah

  47. Intervenant 1

    oui, la lettre à son ami Christian Goldbach.

  48. Intervenant 2

    C'est ça. Euler lui écrit, avec pas mal d'amertume, qu'il a des pistes pour réfuter les cubes et les puissances de 4, mais qu'il ne voit aucune issue pour prouver le cas général.

  49. Intervenant 1

    Pour un génie comme Euler, qui résolvait des problèmes de physique et d'astronomie au petit-déjeuner, ça devait être horriblement frustrant.

  50. Intervenant 2

    Totalement. Et c'est cette frustration qui va le pousser à faire un saut créatif monumental.

  51. Intervenant 1

    Et c'est là que ça devient vraiment intéressant. On fait un bond en 1770, la publication de ces éléments d'algèbre.

  52. Intervenant 2

    Voilà.

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