
9 avr. 2024 · 20 min
Équations diophantiennes : 3 600 ans de défis
Dans cet épisode, suivez le parcours des solutions entières, des énigmes du papyrus Rhind aux défis de Fermat et à la théorie des nombres.
Collections de cet épisode (9)
Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
Transcription
Afficher la transcriptionMasquer la transcription
Transcription automatique
Intervenant 1
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue à l'écoute Tangente. Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Je suis hyper enthousiaste aujourd'hui parce qu'on a un programme, bah franchement, on a un programme de dingue.
Intervenant 2
Ah ouais, bonjour tout le monde. C'est clair que le sujet du jour, c'est pas de la petite mathématique de tous les jours, c'est du lourd.
Intervenant 1
Du très lourd. Imaginez un peu, en 1970, il y a un mathématicien russe qui a prouvé un truc absolument terrifiant. En gros, il a démontré qu'il existe des problèmes mathématiques qu'on ne pourra jamais, au grand jamais, résoudre.
Intervenant 2
Et attention, c'est pas par manque de puissance de nos ordinateurs.
Intervenant 1
Non, voilà, c'est pas une question de temps ou de processeur, c'est la structure même des maths, la trame de l'univers logique, quoi, qui s'y oppose fermement.
Intervenant 2
C'est fascinant quand on y pense.
Intervenant 1
Totalement. Et aujourd'hui, on va remonter, tenez-vous bien, on va remonter 3 600 ans en arrière pour comprendre comment de simples nombres entiers nous ont menés à cette conclusion vertigineuse.
Intervenant 2
Les nombres qu'on utilise tous les jours pour grouper la monnaie en fait.
Intervenant 1
C'est ça. C'est une véritable épopée qu'on va explorer à travers l'article du magazine qui s'appelle « Les entiers vedettes des équations ». Allez, on décortique tout ça.
Intervenant 2
Ouais, et le voyage s'annonce particulièrement intense. Parce que ce qui est génial quand on se plonge là-dedans, c'est de voir à quel point ces nombres entiers ont, bah, ils ont littéralement forcé la pensée humaine à évoluer.
Intervenant 1
Ils ont tout bousculé.
Intervenant 2
Exactement. Les mathématiques, c'est pas un bloc figé qui serait tombé du ciel. C'est une discipline qui s'est réinventée dans la douleur, siècle après siècle, face à des vrais mûres mal compréhension.
Intervenant 1
C'est vraiment le sentiment que donne la lecture de l'article. Au début, on se dit, bon, compter sur ses doigts, c'est trivial, quoi.
Intervenant 2
Bah ouais, un, deux, trois, ça allait être simple.
Intervenant 1
Sauf que ces petits nombres, ils ont déclenché des tempêtes intellectuelles folles. Et pour bien poser le décor, le texte nous ramène direct en Égypte antique.
Intervenant 2
Ah, le fameux papyrus rind.
Intervenant 1
Voilà. Il y a 3 600 ans. Et là, on tombe sur une énigme fondatrice. La formulation, je trouve qu'elle a un petit côté mystique. Ça dit à peu près ça. Cherchez une quantité telle que si on lui ajoute son quart, elle devient 15.
Intervenant 2
C'est un super défi pour l'époque. Surtout qu'il faut bien comprendre que les Égyptiens n'y posaient pas ça sous forme abstraite.
Intervenant 1
Ouais, il n'y avait pas de grand X écrit au tableau noir.
Intervenant 2
C'est ça. Leur approche était hyper pragmatique. On appelle ça la méthode de la fausse position.
Intervenant 1
La fausse supposition. C'est-à-dire ? L'idée, c'est de partir d'une supposition qui est fausse mais qui est pratique pour le calcul. Et ensuite, on ajuste.
Intervenant 2
Ah, la bonne vieille méthode essai-erreur.
Intervenant 1
Ouais, mais avec une logique implacable derrière. Prenons l'énigme. On veut ajouter un quart. Donc, on va prendre un nombre de départ qui est facile à diviser par 4.
Intervenant 2
Logique. Prenons 4, du coup.
Intervenant 1
Voilà, 4. 4 plus son quart qui est 1, ça donne 5.
Intervenant 2
Sauf qu'on veut 15. On est un peu loin du compte, là.
Intervenant 1
C'est vrai. Mais c'est là que la magie de la proportionnalité entre en scène. Pour passer de notre petit résultat de 5 au résultat attendu qui est 15, qu'est-ce qu'on fait ?
Intervenant 2
5 x 3, 15, donc on multiplie par 3. Exactement. Donc, on applique cette même multiplication à notre supposition de départ. Le 4, on le multiplie par 3. Et bim, la véritable solution apparaît.
Intervenant 1
12. Ah, c'est brillant. L'élégance à l'état pur.
Intervenant 2
C'est super efficace.
Intervenant 1
Et ce qui est merveilleux, c'est que ça m'a tout de suite fait penser à Monsieur Jourdain.
Intervenant 2
Le personnage de Molière ?
Intervenant 1
Ouais. Celui qui s'émerveille de faire de la prosse sans le savoir. Parce qu'en fait, en cherchant à résoudre ces petits problèmes concrets, l'humanité résolvait des équations diophantiennes sans savoir.
Intervenant 2
Des équations diophantiennes, ouais. Un terme magnifique.
Intervenant 1
C'est super stylé comme nom.
Intervenant 2
Ça claque. Ça nous vient du mathématicien grec Diophante, d'Alexandrie, vers le IIIe siècle de notre ère. Et une équation diophantienne, faut savoir qu'elle obéit à une règle d'or vraiment draconienne.
Intervenant 1
Laquelle ?
Intervenant 2
On ne cherche que des solutions en nombre entier. C'est la contrainte absolue. Pas de virgule, pas de fraction. Uniquement de l'entier.
Intervenant 1
D'accord. Mais alors, c'est là que j'ai eu un vrai moment de perplexité en lisant l'article.
Intervenant 2
Ah bon ? Sur quoi ?
Intervenant 1
On parle d'arithmétique, d'équations, avec des entiers, on est bien d'accord. Et d'un coup, paf, on glisse vers la géométrie. On nous parle de triangle, Pythagore. Franchement, quel est le rapport ?
Intervenant 2
Je comprends que ça puisse surprendre.
Intervenant 1
Les Grecs, ils étaient obsédés par la géométrie, OK, mais nos nombres entiers là-dedans.
Intervenant 2
En fait, c'est un pont conceptuel majeur dans l'histoire des sciences. Au IIIe siècle avant notre ère, t'as Euclide, qui a posé des fondations communes à ces deux mondes.
Intervenant 1
L'arithmétique et la géométrie ?
Intervenant 2
Ouais. Il a formalisé un principe fondamental qu'on appelle le lemme d'Euclide. Pour faire vraiment simple, ce lemme explique que les nombres premiers, ce sont un peu les atomes indivisibles des mathématiques.
Intervenant 1
Les briques fondamentales, quoi. Celles qu'on ne peut plus casser.
Intervenant 2
C'est tout à fait ça. Euclide démontre que si un de ces atomes se retrouve dans le résultat final d'une multiplication, il était obligatoirement présent dans l'un des nombres de départ.
Intervenant 1
Ah ouais, ça ne sort pas de nulle part.
Intervenant 2
Exactement. Et ce niveau de rigueur, c'est vraiment chirurgical. Ça va permettre de s'attaquer à la géométrie par le calcul. Et c'est là que notre ami Pythagore entre en jeu.
Intervenant 1
Ah, le fameux théorème. Le truc qu'on a tous appris à l'école.
Intervenant 2
Pour un triangle rectangle, le carré de l'hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés. La fameuse équation a² plus b² égale c².
Intervenant 1
Et là, la connexion se fait. Parce que si on cherche un triangle rectangle dont tous les côtés tombent juste des entiers comme 3, 4 et 5, on est en plein dans une équation diophantienne.
Intervenant 2
Absolument. Chercher des côtés entiers, c'est résoudre l'équation diophante. Mais faut savoir que les Grecs, ils voulaient pas juste trouver un ou deux triangles par hasard.
Intervenant 1
Ils voulaient la règle générale.
Intervenant 2
Ils cherchaient l'universel, ouais. Et l'article montre bien qu'ils ont fini par développer une véritable machine mathématique, un algorithme générateur.
Intervenant 1
La fameuse formule génératrice.
La suite de la transcription est réservée aux abonnés.
S’abonnerÀ écouter ensuite
Des épisodes qui partagent une playlist, une figure ou un domaine avec celui-ci.

9 avr. 2024 · 23 min

9 avr. 2024 · 11 min

7 oct. 2025 · 16 min

9 avr. 2024 · 22 min

23 févr. 2023 · 22 min

20 févr. 2023 · 18 min