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16 avr. 2021 · 27 min

Sans GPS, comment les marins faisaient-ils le point ?

Dans cet épisode, suivez le problème d’un navire sans position : des astres aux phares, découvrez comment angles et géométrie guidaient les marins.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue à tous dans le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on vous propose une immersion fascinante dans nos documents du jour pour explorer vraiment un des plus grands exploits de l'esprit humain.

  2. Intervenant 2

    Salut tout le monde, je suis ravie d'être là pour cette exploration. Et oui, on va parler d'un exploit monumental.

  3. Intervenant 1

    Absolument monumental. Alors, oublions nos téléphones, nos écrans et imaginons un instant la situation suivante. On se retrouve genre en plein milieu de l'océan Atlantique. Sans rien autour. Ouais, aucune terre en vue, à des centaines de kilomètres à la ronde, rien que des vagues immenses, un ciel infini et bien sûr, aucun signal GPS.

  4. Intervenant 2

    L'angoisse totale.

  5. Intervenant 1

    C'est ça. Pas de petit point bleu sur une carte numérique pour te dire où tu te trouves. C'est l'isolement total. Donc l'objectif de notre exploration d'aujourd'hui, c'est de comprendre exactement comment, pendant des siècles, des marins ont réussi à se repérer sur une sphère bleue qui bouge tout le temps, sans jamais tourner en rond jusqu'à la fin de leur jour.

  6. Intervenant 2

    Et c'est un défi d'une ampleur vertigineuse en fait. Ce qui frappe immédiatement quand on analyse ces documents, c'est l'évolution prodigieuse des techniques.

  7. Intervenant 1

    On part de très très loin.

  8. Intervenant 2

    Ah bah oui, on va partir des instruments de survie rudimentaires, ceux qui étaient utilisés par les marins du XVIe siècle, pour aller jusqu'à des concepts vraiment redoutables de géométrie et de trigonométrie.

  9. Intervenant 1

    Avec un peu d'horlogerie au milieu, si j'ai bien compris.

  10. Intervenant 2

    Exactement, en passant par des inventions horlogères de pur génie. Ces avancées ont littéralement repoussé les limites de la physique et elles ont valu des millions d'euros de récompenses à l'époque. C'est véritablement l'histoire de la conquête des océans, mais par la force des mathématiques.

  11. Intervenant 1

    Ouais, c'est magique. Bon, entrons dans le vif du sujet. Si on se projette au XVIe siècle, la situation était plus que précaire, on va dire.

  12. Intervenant 2

    Complètement.

  13. Intervenant 1

    Le texte évoque les ternevates, ces marins qui affrontaient des conditions dantesques dans l'Atlantique Nord, juste pour pêcher la morue. Leur kit de navigation, honnêtement, ça donne presque des sueurs froides aujourd'hui.

  14. Intervenant 2

    C'est clair, c'était vraiment basique de chez basique.

  15. Intervenant 1

    On parle d'un compas magnétique, donc une boussole un peu améliorée, d'un simple sablier et d'un bout de bois. Honnêtement, comment ils faisaient pour estimer leur position avec si peu de trucs ?

  16. Intervenant 2

    En fait, ils faisaient ce qu'on appelle de la navigation à l'estime. Le compas permettait, en théorie en tout cas, de conserver un cap constant. D'accord. Le sablier, lui, donnait une notion assez rudimentaire du temps qui passait. Mais il manquait la donnée centrale pour évaluer la distance parcourue.

  17. Intervenant 1

    La vitesse du bateau ?

  18. Intervenant 2

    Voilà, la vitesse. Et c'est là qu'intervient ce fameux bout de bois, que l'on appelle le loch. D'ailleurs, le terme vient du néerlandais log, qui signifie littéralement « morceau de bois ».

  19. Intervenant 1

    Attends, j'essaie de me représenter la scène là. Le bateau avance, t'as pas de capteur électronique sous la coque comme aujourd'hui. Que fait-on de ce bout de bois ? On le jette à l'eau et on espère qu'il nous donne une réponse par magie ?

  20. Intervenant 2

    C'est presque ça, figure-toi. Mais avec une méthode très précise quand même. On attachait ce morceau de bois à une corde lestée et on le jetait à l'eau depuis l'avant du navire.

  21. Intervenant 1

    Ok, à l'avant.

  22. Intervenant 2

    Ouais. L'idée géniale, c'est que le bois, en flottant sur l'eau, restait relativement immobile par rapport à la mer autour. Pendant ce temps-là, le navire continuait d'avancer.

  23. Intervenant 1

    Ah, je commence à voir le truc.

  24. Intervenant 2

    Du coup, le marin déclenchait son sablier pile au moment où le bois touchait l'eau à l'avant et il arrêtait le compte exactement quand le morceau de bois passait au niveau de l'arrière du bateau.

  25. Intervenant 1

    Mais c'est excellent, mais si on décortique ça, c'est un peu comme... Enfin, imagine, t'essayes de calculer la vitesse de ta voiture sur l'autoroute.

  26. Intervenant 2

    Ouais.

  27. Intervenant 1

    Tu jettes un gobelet par la fenêtre du passager avant et tu comptes les secondes, genre 1, 2, 3, jusqu'à ce que le gobelet passe le pare-chocs arrière.

  28. Intervenant 2

    C'est exactement la même logique. La longueur du bateau étant connue à l'avance, bien sûr, et le temps chronométré avec le sablier, une simple division de la distance par le temps te donnait la vitesse.

  29. Intervenant 1

    La logique mathématique est irréprochable, franchement. Mais physiquement, on imagine hyper vite les limites d'un système pareil,

  30. Intervenant 2

    non ? Les marges d'erreur étaient monumentales. Faut s'imaginer les courants marins qui déplacent secrètement le bout de bois sans que tu t'en rendes compte.

  31. Intervenant 1

    Ou

  32. Intervenant 2

    les vents de travers qui font dériver le navire en biais. Et puis, parlons même pas de la précision toute relative d'un sablier qui se fait secouer par des vagues de 6 mètres.

  33. Intervenant 1

    Le sable devait coller, c'est n'importe quoi. Du coup, après plusieurs semaines de traversée, cette méthode créait une marge d'erreur accumulée qui pouvait atteindre des centaines de kilomètres.

  34. Intervenant 2

    Facilement des centaines de kilomètres, ouais.

  35. Intervenant 1

    Et une erreur pareille, on est bien d'accord que c'est la différence entre arriver tranquillement au port de destination et s'écraser misérablement sur des falaises invisibles dans la brume.

  36. Intervenant 2

    Littéralement une question de vie ou de mort ?

  37. Intervenant 1

    Ce qui nous amène à une conclusion assez évidente en fait. Pour espérer survivre à la haute mer, il ne fallait plus du tout regarder la surface de l'eau. Il fallait lever les yeux, regarder vers le haut, vers les astres, pour trouver de vrais repères fixes.

  38. Intervenant 2

    C'est ça. L'urgence absolue pour eux, c'était de déterminer leur latitude, c'est-à-dire la position du navire sur l'axe nord-sud de la Terre.

  39. Intervenant 1

    Ok, la ligne verticale en gros.

  40. Intervenant 2

    Voilà. Et la seule façon d'y parvenir au milieu d'un océan complètement vide, c'était de mesurer l'angle, ou disons la hauteur, d'un astre par rapport à la ligne d'horizon. Au tout début, les marins employaient des outils un peu archaïques, comme le bâton de Jacob ou l'astrolabe.

  41. Intervenant 1

    Alors, les noms sont super poétiques, j'adore, mais ça consistait en quoi concrètement ces trucs ?

  42. Intervenant 2

    Alors l'astrolabe de marine, c'était un genre de disque en laiton assez lourd, suspendu à un anneau et muni d'un bras pivotant pour viser le soleil.

  43. Intervenant 1

    D'accord.

  44. Intervenant 2

    Et le bâton de Jacob, lui, c'était une longue tige de bois sur laquelle coulissait une pièce transversale. Le navigateur plaçait la tige contre son visage, tu vois le genre ?

  45. Intervenant 1

    Genre comme une arbalète un peu.

  46. Intervenant 2

    Un peu ça. Et il faisait glisser la pièce jusqu'à ce que son extrémité du bas semble toucher l'horizon et l'extrémité du haut touche l'étoile ciblée.

  47. Intervenant 1

    Mais là, on touche à un paradoxe physique qui me déroute complètement en fait. On est sur un navire qui tangue, qui roule, qui s'élève de plusieurs mètres et qui plonge avec chaque vague. L'horizon ne reste jamais, mais alors jamais au même endroit dans notre champ de vision.

  48. Intervenant 2

    Jamais, non !

  49. Intervenant 1

    Donc, essayer d'aligner manuellement une tige en bois entre une étoile filante dans le ciel et un horizon qui danse la samba en bas, ça relève de l'acrobatie, c'est pas de la science. Une grosse vague, un mouvement un peu brusque, et ta mesure est complètement faussée, non ?

  50. Intervenant 2

    Mais c'était exactement le cœur du problème en fait. L'instabilité rendait ces instruments archaïques terriblement, terriblement imprécis. Et du coup, il a fallu attendre les années 1730 pour qu'une véritable révolution optique résolve cet énigme du mouvement.

  51. Intervenant 1

    Le fameux sextant.

  52. Intervenant 2

    Le sextant, oui. Et ce qui rend cette invention encore plus remarquable, je trouve, c'est qu'elle a été développée de façon complètement indépendante et quasi simultanée par deux personnes. Le mathématicien britannique John Hadley et l'inventeur américain Thomas Godfrey.

  53. Intervenant 1

    Deux génies qui bossent sur le même truc sans se concerter. Mais du coup, comment un objet physique permet d'annuler le mouvement d'un océan enragé ? C'est de la magie noire !

  54. Intervenant 2

    Non, c'est de l'optique. Le secret, il réside dans une utilisation hyper ingénieuse de la réflexion lumineuse. Le sextant n'oblige plus le marin à fixer simultanément deux points séparés en écartant les yeux ou je ne sais quoi.

  55. Intervenant 1

    Heureusement,

  56. Intervenant 2

    il est doté d'un système à double miroir. Tu as un petit miroir fixe qui est partiellement transparent et un grand miroir mobile qui lui est attaché à un bras pivotant.

  57. Intervenant 1

    D'accord, je visualise l'objet.

  58. Intervenant 2

    Le navigateur regarde à travers une petite lunette de visée. Et attention, c'est ça le truc. Il fixe uniquement la ligne d'horizon, droit devant lui. Il ne regarde pas en l'air. Ensuite, il fait pivoter le bras de l'instrument. Le grand miroir va alors capter l'image de l'astre qui est très haut dans le ciel. Il va la renvoyer vers le petit miroir fixe en bas, qui à son tour va la renvoyer directement dans la lunette.

  59. Intervenant 1

    Mais c'est d'une intelligence incroyable. On ne regarde jamais en l'air. L'image de l'étoile est virtuellement, genre tirée vers le bas par les miroirs, jusqu'à venir se superposer parfaitement sur la ligne d'eau de l'horizon, directe à l'intérieur de la lunette.

  60. Intervenant 2

    Exactement.

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