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19 avr. 2021 · 13 min

Quand les nombres entrent dans l’atelier des artistes

Dans cet épisode, suivez le voyage des nombres dans l’art moderne, des équations de Dalí aux systèmes de Boetti, entre formes, hasard et composition.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on va faire une exploration vraiment incroyable.

  2. Intervenant 2

    Ah oui, préparez-vous parce que là, on va croiser deux mondes qui n'ont a priori rien à faire ensemble.

  3. Intervenant 1

    Exactement. Alors, imaginez la scène. On est en 1979, à Paris, lors d'une immense conférence. Et à la tribune, on a le maître absolu du surréalisme. L'homme aux moustaches extravagantes, celui des montres molles, Salvador Dali.

  4. Intervenant 2

    Dali, en personne, avec toute sa théâtralité, bien sûr.

  5. Intervenant 1

    Voilà. Et là, contre toute attente, avec le plus grand sérieux du monde, il déclare que la chose la plus belle et la plus esthétique de l'univers, c'est pas un paysage ou un rêve absurde.

  6. Intervenant 2

    Non, c'est...

  7. Intervenant 1

    C'est un polynôme de degré 5. Une équation ultra complexe qui sert à modéliser des ruptures. C'est quand même un choc, non ?

  8. Intervenant 2

    C'est un choc total en fait. Et c'est exactement pour ça que je suis ravie d'être là pour cette plongée aujourd'hui. On a cette collision entre la rigueur absolue des maths, les théorèmes, la géométrie.

  9. Intervenant 1

    La froideur apparente quoi.

  10. Intervenant 2

    Ben voilà, la froideur. Et de l'autre côté, la folie, l'imprévisibilité de l'art moderne du XXe siècle.

  11. Intervenant 1

    Donc, la mission de notre exploration, c'est de comprendre par quels mécanismes étranges des nombres et des théorèmes ardus sont devenus les muses de ces grands peintres.

  12. Intervenant 2

    Et c'est fondamental d'en parler. On a tellement été éduqués dans l'idée qu'il faut cloisonner les cerveaux.

  13. Intervenant 1

    Ouais, les scientifiques d'un côté, les créatifs de l'autre.

  14. Intervenant 2

    C'est ça. Sauf que l'histoire de l'art nous prouve que cette frontière n'existe pas. L'écrivain Raymond Queneau, qui adorait les maths d'ailleurs, parlait avec beaucoup de poésie des regards d'artistes portés sur, et je cite, « les bâtons, les chiffres et les lettres ».

  15. Intervenant 1

    C'est une belle image.

  16. Intervenant 2

    Oui. Nos sources montrent bien que les nombres ne sont pas restés de simples outils pour faire les comptes. Ils ont vraiment apporté une nouvelle esthétique, une nouvelle beauté au monde.

  17. Intervenant 1

    Mais du coup, la grande question pour lancer tout ça, c'est comment on est passé de la toile classique, genre les paysages ou les portraits religieux, à des tableaux envahis par des chiffres.

  18. Intervenant 2

    Alors, pour le comprendre, il faut remonter un peu le temps.

  19. Intervenant 1

    Décor, on va où ?

  20. Intervenant 2

    Au tout début du XXe siècle. C'est vraiment le point de départ, le moment où le nombre devient le symbole ultime de la modernité.

  21. Intervenant 1

    Avec la révolution industrielle, j'imagine ?

  22. Intervenant 2

    Exactement. L'électricité illumine les villes, la voiture fait son apparition, on a la frénésie de la machine. Et face à cette vitesse, un mouvement artistique va s'aligner là-dessus.

  23. Intervenant 1

    Les futuristes.

  24. Intervenant 2

    Tout à fait. Et en 1914, l'écrivain italien Filippo Tommaso Marinetti publie un manifeste qui pose les bases.

  25. Intervenant 1

    Et le titre de ce manifeste est incroyable, il faut le dire.

  26. Intervenant 2

    Ah oui, c'est « La splendeur géométrique et mécanique et la sensibilité numérique ».

  27. Intervenant 1

    Sensibilité numérique en 1914. C'est dingue parce qu'on dirait presque une posture d'aujourd'hui.

  28. Intervenant 2

    Comment ça ?

  29. Intervenant 1

    Un peu comme un artiste contemporain qui va utiliser l'intelligence artificielle ou projeter des lignes de code pour faire avant-gardiste. Les mecs de l'époque brandissaient la sensibilité numérique comme l'outil ultime de la modernité.

  30. Intervenant 2

    Ouais, c'est une excellente analogie. Mettre des nombres sur la toile, c'était dire adieu au romantisme. L'art appartenait désormais à l'ingénierie, au futur.

  31. Intervenant 1

    Mais c'était juste symbolique à ce stade, non ?

  32. Intervenant 2

    Oui, en fait, c'était surtout une déclaration d'intention, un émerveillement face à la technologie. Les maths servaient de décor. Mais les choses allaient devenir beaucoup plus sérieuses et rigoureuses un peu plus tard.

  33. Intervenant 1

    Ce qui nous ramène au coup de théâtre avec Salvador Dali et son équation.

  34. Intervenant 2

    Exactement.

  35. Intervenant 1

    Alors attendez, je me fais l'avocat du diable. Deux secondes.

  36. Intervenant 2

    Allez-y.

  37. Intervenant 1

    On parle de Dali. Le type qui se promenait dans Paris avec un fourmilier en laisse pour faire le buzz. Est-ce qu'on est sûr qu'il comprenait vraiment les maths ? Ou est-ce qu'il mettait juste des équations pour se donner un genre intellectuel ?

  38. Intervenant 2

    Je comprends le doute, mais les archives de Dali prouvent que c'était une vraie obsession. Surtout à la fin de sa vie.

  39. Intervenant 1

    Ah ouais ? Il lisait vraiment des trucs scientifiques ?

  40. Intervenant 2

    Absolument.

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