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4 nov. 2020 · 11 min

Pascal : aux origines du raisonnement par récurrence

Dans cet épisode, suivez les cellules du triangle de Pascal, puis les deux étapes qui font apparaître une première explicitation de la récurrence.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    D'habitude, quand on évoque les grandes découvertes mathématiques, on s'imagine direct des immenses tableaux noirs recouverts d'équations illisibles.

  2. Intervenant 2

    Ouais, des trucs ultra complexes, très abstraits.

  3. Intervenant 1

    C'est ça, un peu étouffant, quoi. Mais aujourd'hui, on va démarrer avec une simple grille remplie de nombres. Un petit objet presque enfantin qu'on a tous croisé à l'école. Le fameux triangle de Pascal.

  4. Intervenant 2

    Un objet qui a l'air inoffensif, mais en fait,

  5. Intervenant 1

    Mais en fait, qui cache une arme de démonstration absolue. Alors bienvenue à toutes les personnes qui écoutent le podcast du magazine Tangente. La mission d'aujourd'hui, c'est de comprendre comment ce petit tableau a permis de créer un pont incroyable entre le monde du fini, ce qu'on peut compter, et celui de l'infini.

  6. Intervenant 2

    Absolument, parce que derrière ce petit triangle, il y a carrément une méthode de pensée qui a fondé les mathématiques modernes.

  7. Intervenant 1

    Rien que ça. Et pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter un peu le temps. On part au 17ème siècle, en 1654.

  8. Intervenant 2

    Exactement. Blaise Pascal est un jeune prodige de 31 ans et il tombe sur un problème super concret. C'est pas de la théorie en laboratoire, là c'est un problème d'argent.

  9. Intervenant 1

    Ah, les problèmes de joueurs.

  10. Intervenant 2

    Ouais, ce que les historiens appellent le fameux problème des parties. L'histoire raconte qu'un noble, le chevalier de Méret, qui adorait les jeux de hasard, lui soumet une énigme. Imaginons deux joueurs engagés dans une partie de dés. Le premier qui gagne trois manches rafle la totalité des pièces d'or.

  11. Intervenant 1

    D'accord, classique.

  12. Intervenant 2

    Mais pour une raison quelconque, la partie s'arrête en plein milieu. Le joueur A a remporté deux manches et le joueur B en a remporté qu'une seule. Comment on partage l'argent de façon parfaitement équitable ?

  13. Intervenant 1

    Wow, la question piège ! Instinctivement, on se dit que le joueur A a gagné deux fois plus de manches, donc on lui donne les deux tiers du tas d'or.

  14. Intervenant 2

    Eh bien non, ça ne marche pas comme ça.

  15. Intervenant 1

    Et pourquoi ?

  16. Intervenant 2

    Parce que ça ne tient pas compte de ce qui se serait passé si la partie avait continué. Pascal comprend vite que pour être juste, il faut calculer toutes les ramifications futures possibles.

  17. Intervenant 1

    Ah ouais, donc cartographier les univers parallèles de la partie en quelque sorte.

  18. Intervenant 2

    C'est exactement ça. Si on joue la manche suivante, le joueur A a une chance sur deux de gagner le magot direct. Mais si c'est B qui gagne, bah égalité. Et il faut encore une manche. Pascal devait trouver un moyen de compter de manière exhaustive toutes ces issues.

  19. Intervenant 1

    Et c'est là qu'il sort son fameux triangle magique. Mais avant de plonger dans la mécanique, l'article de Tangente révèle un truc assez ironique. Ce triangle qu'on appelle triangle de Pascal dans tous les manuels, c'est pas lui qui l'a inventé du tout.

  20. Intervenant 2

    Ah bah non, pas du tout. Historiquement, le nom est un peu une imposture. Bien avant son traité du triangle arithmétique de 1654, cette figure fascinait déjà plein de savants dans le monde.

  21. Intervenant 1

    Genre depuis des siècles, non ?

  22. Intervenant 2

    Ouais, en Chine par exemple. On l'appelle le triangle de Yangui, un mathématicien du XIIIe siècle. Et un peu plus tard, en 1303, un autre savant chinois, Shijie Zhu, l'utilise dans un ouvrage au nom magnifique « Le miroir de Jade des Quatre Origines ».

  23. Intervenant 1

    Le miroir de Jade des Quatre Origines. Rien que le quître, on a l'impression d'apprendre des secrets mystiques, pas de faire des additions.

  24. Intervenant 2

    C'est clair. Et la Chine n'est pas un cas isolé. On le retrouve aussi chez les savants persans.

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