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18 août 2022 · 12 min

Jeu de go : pourquoi ses règles simples résistent au calcul

Dans cet épisode audio, partez des règles du go, traversez combinatoire et topologie, puis découvrez pourquoi ses parties résistent au calcul exact.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Il y a plus de parties possibles sur ce simple plateau de bois, de 19 lignes sur 19, qu'il n'y a de particules élémentaires dans tout l'univers observable.

  2. Intervenant 2

    Oui, c'est un truc de fou quand on y pense.

  3. Intervenant 1

    Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, notre exploration approfondie nous plonge dans un sujet qui a vraiment de quoi fasciner quiconque écoute.

  4. Intervenant 2

    Tout à fait. Que l'on soit un stratège du dimanche ou un passionné de sciences dures,

  5. Intervenant 1

    Exactement. L'objectif, c'est de comprendre comment un jeu, qui était considéré dans la Chine antique comme l'un des quatre aboutissements d'une société cultivée, au même titre que la musique, la peinture et la calligraphie, dissimule en fait un puissant fond de mathématiques pure.

  6. Intervenant 2

    C'est carrément ça.

  7. Intervenant 1

    Bref, l'émission du jour est consacrée au jeu de go. Et sous son esthétique hyper épurée, ses mécanismes défient complètement l'entendement, qu'il soit humain ou informatique d'ailleurs.

  8. Intervenant 2

    Le contraste entre la surface et la profondeur est saisissant. En gros, le cadre matériel, c'est juste un goban, donc un plateau quadrillé par 19 lignes horizontales et verticales.

  9. Intervenant 1

    Ce qui fait 361 intersections, c'est bien ça ?

  10. Intervenant 2

    Exactement. Et les règles s'expliquent en 30 secondes. On pose tour à tour des pierres noires et blanches sur ces intersections. Et le but, ce n'est pas de détruire l'adversaire de façon binaire, mais de conquérir le plus grand territoire.

  11. Intervenant 1

    Ouais, en encerclant les espaces vides et parfois les pierres ennemies pour les capturer quoi.

  12. Intervenant 2

    Voilà. Il n'y a pas de déplacement complexe comme la marche du cavalier aux échecs par exemple.

  13. Intervenant 1

    C'est statique en fait.

  14. Intervenant 2

    Totalement. Mais cette simplicité absolue engendre une complexité combinatoire, topologique et algorithmique qui a tenu en échec les mathématiciens pendant des siècles.

  15. Intervenant 1

    Bon, décortiquons un peu tout ça. Pour vraiment comprendre cette complexité, il faut d'abord regarder le plateau vide et se demander mathématiquement jusqu'où ça peut aller.

  16. Intervenant 2

    C'est la bonne question à se poser.

  17. Intervenant 1

    Combien de configurations peuvent exister sur ce petit carré de bois ?

  18. Intervenant 2

    Pour donner un point de repère à notre audience, prenons un jeu super simple, genre le morpion.

  19. Intervenant 1

    Ouais, la petite grille de 3 par 3.

  20. Intervenant 2

    C'est ça. Le morpion, la partie s'achève au bout de neuf coups maximum. Les mathématiciens ont calculé qu'il y a 5 478 parties possibles, si on compte les symétries et tout.

  21. Intervenant 1

    Donc, un arbre des possibles qu'on peut littéralement dessiner sur un bout de papier, quoi.

  22. Intervenant 2

    Exact. C'est un système fini, trivial. Mais si on transpose ça au go, c'est l'effondrement du calcul classique.

  23. Intervenant 1

    Ah

  24. Intervenant 2

    ouais. Bah oui. Avec 361 intersections, on pourrait se dire, un peu naïvement, qu'une partie s'arrête au bout de 361 coups. Bah

  25. Intervenant 1

    oui, une fois le plateau rempli, c'est fini.

  26. Intervenant 2

    Sauf que non. Il y a la règle de capture qui vient complètement pulvériser cette limite.

  27. Intervenant 1

    Ah, attends, parce que la capture libère les intersections ?

  28. Intervenant 2

    Exactement !

  29. Intervenant 1

    En retirant des pierres prisonnières du plateau, on crée des espaces vierges qui rouvrent des nouvelles voies. Ça allonge la partie bien au-delà de la taille de la grille, en fait.

  30. Intervenant 2

    C'est le cœur du problème. Le nombre de parties devient tellement vaste qu'on ne peut pas les compter séquentiellement. Du coup, l'approche mathématique, c'est de réduire la dimension temporelle pour regarder la dimension spatiale. Action à trois états possibles, en fait. Elle est soit vide, soit noire, soit blanche.

  31. Intervenant 1

    Ouais, c'est exclusif.

  32. Intervenant 2

    Voilà. L'algèbre de base nous donne donc une borne supérieure de 3 à la puissance du nombre total d'intersections. Donc pour un goban, c'est 3 à la puissance 361.

  33. Intervenant 1

    Ce qui nous donne ce nombre vertigineux dont on parlait en intro, on est autour de 10 puissance 172 configurations.

  34. Intervenant 2

    Ce qui est gigantesque.

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