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26 août 2022 · 12 min

Jeu de Cram : pourquoi une somme nulle fait-elle perdre ?

Dans cet épisode audio, suivez pas à pas la preuve, des composantes et de leurs nimbers au critère qui distingue une position perdante.

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue à l'écoute de cette nouvelle exploration sur le podcast du magazine Tangente. Bonjour

  2. Intervenant 2

    tout le monde.

  3. Intervenant 1

    Aujourd'hui, on va parler d'un truc un peu fou. Imaginons un instant que, sous le chaos apparent d'un jeu de stratégie, sous les millions de combinaisons possibles, il y a en fait un code source unique, un moteur invisible complètement implacable qui décide de la victoire ou de la défaite. Et ça, avant même qu'on ait joué le premier coup.

  4. Intervenant 2

    C'est exactement ça et c'est ce que révèle le document mathématique qu'on va décortiquer aujourd'hui.

  5. Intervenant 1

    Notre mission du jour, pour ceux qui aiment creuser, c'est de plonger dans une démonstration pure et dure. Une preuve qui relie deux univers qui, sur nos papiers, n'ont rien à voir. Le jeu de Cram et le célèbre jeu de Marianne Bade.

  6. Intervenant 2

    Et l'objectif ici, c'est vraiment de relever un gros défi. Vulgariser cette preuve mathématique, en extraire toutes les sens, mais sans rien sacrifier à la rigueur de l'auteur.

  7. Intervenant 1

    Donc on ne va pas se simplifier à outrance.

  8. Intervenant 2

    Non, surtout pas. Le texte montre comment les maths plient la stratégie à leur volonté. On va parler de concepts géniaux comme les NIMS, les sommes binaires ou la fonction du minimum exclu.

  9. Intervenant 1

    Rien que les noms, ça donne envie.

  10. Intervenant 2

    N'est-ce pas ? Et surtout, on va voir comment tous ces outils prouvent qu'à un niveau très profond, certains jeux ne sont que des illusions d'optique.

  11. Intervenant 1

    Avant de plonger dans les équations et les symboles bizarres, il faut quand même poser le décor, histoire de bien comprendre ce que l'auteur veut prouver.

  12. Intervenant 2

    C'est indispensable, ouais.

  13. Intervenant 1

    Donc, d'un côté, on a le jeu de Crom. Pour faire simple, c'est un jeu sur une grille, genre un damier.

  14. Intervenant 2

    D'accord.

  15. Intervenant 1

    Deux joueurs posent tour à tour des dominos, qui recouvrent deux cases adjacentes. Et dès qu'un joueur ne peut plus poser de domino, hop, il a perdu.

  16. Intervenant 2

    C'est la règle classique des jeux impartiaux.

  17. Intervenant 1

    Exactement. Et de l'autre côté, il y a Mariannebad, qu'on appelle aussi le jeu de Nîmes. Là, on a des tas d'allumettes ou des rangées. Chaque joueur peut retirer autant d'allumettes qu'il veut, mais sur une seule rangée à la fois.

  18. Intervenant 2

    Et le dernier qui peut jouer gagne, là aussi.

  19. Intervenant 1

    Voilà. Visuellement, ça n'a aucun rapport. Et pourtant, l'énoncé de base de notre document dit qu'un état spécifique du cram, un état qu'on appelle Q, il est strictement équivalent à un état de Mariannebad.

  20. Intervenant 2

    Oui, c'est ce qu'on appelle un isomorphisme. Et le texte ne fait pas juste une analogie poétique. Il affirme qu'un plateau de crâme, avec ses espaces vides, se traduit littéralement par des lignes d'allumettes virtuelles.

  21. Intervenant 1

    C'est fou ! Les composantes connexes du plateau de crâme, donc les petits îlots de cases vides, ça deviennent les rangées de Marianne Badd.

  22. Intervenant 2

    Exactement. On appelle ça Q1-10i dans la démonstration.

  23. Intervenant 1

    Si on fait une analogie avec les jeux vidéo, c'est comme si on découvrait que deux jeux hyper différents, disons un simulateur de vol 3D et un jeu de réflexion en 2D, tournent sur le même moteur physique.

  24. Intervenant 2

    C'est une très bonne façon de le voir.

  25. Intervenant 1

    Les pixels changent, la manette est différente, mais l'algorithme des collisions derrière, c'est exactement le même.

  26. Intervenant 2

    Et la magie du texte, c'est qu'il donne la formule de ce moteur. L'auteur explique que l'équivalence est régie par une somme globale des valeurs de chaque kilo.

  27. Intervenant 1

    Et la condition de défaite, c'est ça qui est dingue, c'est que l'état Q est perdant si, et seulement si, cette fameuse somme est égale à zéro.

  28. Intervenant 2

    Toute la démonstration repose là-dessus. Prouver que ce zéro est inviolable. Mais attention, l'auteur n'utilise pas une addition classique.

  29. Intervenant 1

    Oui, c'est là qu'on rentre dans le dur. Dans la formule, il y a ce symbole étrange, un plus, entouré d'un cercle.

  30. Intervenant 2

    Voilà, c'est la somme binaire sans retenue, le fameux symbole de la formule NIM de Q1, plus encerclé, jusqu'à NIM de Qp.

  31. Intervenant 1

    C'est le, ou exclusif, le XOR que les informaticiens connaissent bien.

  32. Intervenant 2

    Tout à fait.

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