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12 oct. 2018 · 12 min

Jeux vidéo : pourquoi une IA doit-elle parfois mal jouer ?

Dans cet épisode audio, suivez le contraste entre l’IA qui optimise pour gagner et celle qui hésite ou se trompe pour paraître humaine.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Imaginez un peu la scène. Vous êtes tapis dans l'ombre, caché derrière un mur virtuel dans un jeu vidéo d'infiltration. Vous retenez votre souffle. Et de l'autre côté, il y a un garde informatisé qui patrouille avec son arme au poing.

  2. Intervenant 2

    Oui, l'attention

  3. Intervenant 1

    classique du joueur. C'est ça. Et ce que vous ignorez peut-être à ce moment-là, quand vos mains se crispent sur la manette, c'est que la machine qui contrôle ce garde, elle sait mathématiquement au millimètre près où vous vous trouvez.

  4. Intervenant 2

    Ah oui, elle connaît absolument tout. Votre équipement, votre santé, les dimensions de la pièce.

  5. Intervenant 1

    Voilà. Elle pourrait vous éliminer à travers ce mur, enfin, en un quart de seconde, sans le moindre effort.

  6. Intervenant 2

    Ouais.

  7. Intervenant 1

    Et pourtant, le garde passe son chemin. Il fait semblant de ne pas vous avoir vu. Bon, du coup, ça pose une question. Pourquoi est-ce que des ingénieurs déploient des trésors de mathématiques pour rendre des ordinateurs surpuissants, volontairement myopes et maladroits ?

  8. Intervenant 2

    C'est vrai que c'est très contre-intuitif.

  9. Intervenant 1

    Totalement. Alors, bienvenue dans ce podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on s'attaque à une question assez vertigineuse posée par Régis Catineau et Robin Lamarche-Perrin dans leur article « Comment simuler un comportement humain ». Bonjour à tous. Bon, décortiquons un peu tout ça. Notre mission d'aujourd'hui, c'est de comprendre comment l'intelligence artificielle fonctionne à travers le prisme du jeu vidéo et de voir les deux grandes approches qui divisent les chercheurs, à savoir l'optimisation contre la simulation. Mais d'abord, pourquoi le jeu vidéo ?

  10. Intervenant 2

    Eh bien, c'est parce que c'est un laboratoire fondamental pour les chercheurs. Il faut vraiment se rendre compte que le monde réel, c'est un cauchemar absolu à modéliser pour un algorithme.

  11. Intervenant 1

    Ah oui,

  12. Intervenant 2

    il est rempli de bruit, de variables imprévisibles, il y a des informations cachées, des lois physiques qui sont, disons, capricieuses. Alors que les jeux vidéo, ou même les jeux de plateau classiques, ils offrent exactement l'inverse. C'est ce qu'on appelle des univers clos.

  13. Intervenant 1

    Un peu comme un bac à sable avec des bordures très bien définies en somme.

  14. Intervenant 2

    Exactement. Les règles y sont formelles, rigoureuses et surtout l'objectif est univoque. Par exemple, aux échecs ou dans un jeu de stratégie, il n'y a pas d'ambiguïté philosophique sur ce que signifie gagner. C'est soit on fait échec et mate, soit on amène la barre de vie de l'adversaire à zéro. C'est blanc ou noir.

  15. Intervenant 1

    Donc cet environnement un peu stérile, ça permet d'isoler le problème.

  16. Intervenant 2

    C'est ça. On peut évaluer très précisément ce que signifie l'expression jouer intelligemment pour un bout de code sans être parasité par la complexité du réel.

  17. Intervenant 1

    Très bien. Alors, puisque le cadre est si clair et que le but premier d'un jeu, c'est souvent de gagner, on peut imaginer que la machine, elle cherche d'abord à optimiser ça.

  18. Intervenant 2

    Oui, tout à fait.

  19. Intervenant 1

    Avant même de vouloir simuler l'humain, on a voulu le battre. Mais comment est-ce qu'on traduit cette soif de vaincre en équation ?

  20. Intervenant 2

    Eh bien, on l'a traduit par ce qu'on appelle la théorie des jeux. Et l'un des piliers fondateurs là-dedans, c'est l'algorithme du minimax qui a été proposé par le mathématicien John von Neumann et ça remonte à 1928. Ah oui,

  21. Intervenant 1

    c'est pas récent.

  22. Intervenant 2

    Logique purement mathématique. Et c'est conçu pour des jeux où il n'y a ni hasard, ni informations cachées.

  23. Intervenant 1

    Comme les échecs, du coup ? Toutes les pièces sont visibles, on ne lance pas de dés.

  24. Intervenant 2

    Exactement. Aucun bluff n'est possible. Tout est transparent.

  25. Intervenant 1

    D'accord. Mais en pratique, comment la machine décide de la marche à suivre avec ce minimax ?

  26. Intervenant 2

    En fait, elle procède par arborescence. À chaque tour, la machine déploie un arbre de décision mentale. Elle imagine tous ses coups possibles, puis toutes les réponses possibles de l'adversaire, ensuite ses propres contre-attaques et ainsi de suite.

  27. Intervenant 1

    D'accord.

  28. Intervenant 2

    Et le but du minimax, c'est de calculer l'option qui minimise les chances de perdre.

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