
26 mars 2017 · 7 min
Trois paris : la géométrie évite les longs calculs
Dans cet épisode audio, suivez trois problèmes de hasard, des dés au parquet, et découvrez ce que la géométrie permet de calculer ou de distinguer.
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Imaginons un instant un pari colossal, tellement tendu que son issue pourrait affamer une province entière.
Intervenant 2
Ah oui, c'est un peu dramatique
Intervenant 1
dit comme ça. Mais face à la table de jeu, on a vraiment deux options en fait. Soit on calcule frénétiquement des centaines de combinaisons avec des sueurs froides, soit en choses qu'on pourrait appeler des lunettes géométriques.
Intervenant 2
Des lunettes géométriques, ouais, c'est une belle image.
Intervenant 1
Pour voir la réponse instantanément. Aujourd'hui, on plonge dans une pile d'archives pour comprendre comment la géométrie permet littéralement de hacker les probabilités.
Intervenant 2
C'est un excellent point de départ parce que face au hasard, on a souvent ce réflexe très besogneux de lister toutes les possibilités une par une. Ouais, la force brute quoi. Exactement. Et l'objectif de notre exploration aujourd'hui, c'est de montrer qu'en changeant simplement de perspective spatiale, on peut court-circuiter ces calculs interminables.
Intervenant 1
Et pour ça, l'exemple parfait dans nos sources, c'est ce fameux jeu du passe-dix.
Intervenant 2
Ah, le passe-dix !
Intervenant 1
Le principe est redoutable. En fait, on lance trois dés et si la somme des faces supérieures dépasse dix, on gagne. L'écrivain Villiers de Lisdadam disait d'ailleurs que ces parties se jouaient sur des enjeux totalement délirants.
Intervenant 2
Historiquement, c'est vrai que pour connaître ses chances exactes, la méthode classique exige une combinatoire assez lourde. Mais avec l'approche géométrique.
Intervenant 1
Les fameuses lunettes jeu.
Intervenant 2
Voilà, il suffit d'observer l'objet physique. Sur un dé standard, les phases opposées s'additionnent toujours pour faire 7.
Intervenant 1
D'accord.
Intervenant 2
Donc, avec 3D, la somme des 3 phases visibles sur le dessus, plus la somme des 3 phases cachées contre la table, ça fera immanquablement 3 fois 7, donc 21. Invariablement.
Intervenant 1
Attends, je suis un peu perplexe là. En quoi le fait d'observer la face du dessous, celle qui est écrasée contre la table, ça nous aide à gagner notre pari sur celle du dessus ?
Intervenant 2
Parce que les deux sont strictement liés par ce total de 21. Si le tirage sur le dessus est perdant, disons qu'on fait un 9.
Intervenant 1
Ouais.
Intervenant 2
Alors la somme cachée en dessous, elle est mathématiquement forcée d'être à 12. 21 moins 9.
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