
13 oct. 2023 · 19 min
Fractions continues : les étapes qui approchent √2
Dans cet épisode audio, suivez la transformation de √2 en fractions imbriquées, puis comparez leurs troncatures à sa valeur décimale.
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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
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Intervenant 1
Bienvenue dans cette nouvelle exploration, le podcast du magazine Tangente. Alors, il suffit d'imaginer un instant devoir utiliser un smartphone ultramoderne, mais dont on aurait complètement retiré l'écran tactile.
Intervenant 2
Ah oui, le cauchemar !
Intervenant 1
Bah oui, pour naviguer, on serait forcé d'utiliser des vieux boutons mécaniques, des manivelles, des câbles, enfin tout ça juste pour envoyer un simple message. Difficile à concevoir aujourd'hui, non ?
Intervenant 2
C'est clair que ça paraît absurde.
Intervenant 1
Eh bien, faire des mathématiques sans notre bonne vieille virgule décimale, c'était un peu la même chose. Notre mission aujourd'hui, elle est vraiment vertigineuse. Nous allons découvrir le monde caché, l'architecture presque secrète qui se trouve juste derrière les nombres que l'on manipule tous les jours. Et tout ça en s'appuyant sur un article absolument fascinant qui s'intitule « Racines et fractions continues ».
Intervenant 2
Et c'est un excellent point de départ. Votre comparaison avec le smartphone, elle est cruciale ici.
Intervenant 1
N'est-ce pas ? Parce que la virgule, c'est un outil qu'on utilise quotidiennement sans même y penser.
Intervenant 2
Exactement. Elle est partout. Dans le moindre calcul financier, en architecture, en science.
Intervenant 1
Sur nos tickets de caisse.
Intervenant 2
Voilà. Elle est tellement intégrée à notre réalité qu'on en oublie presque qu'il fut un temps, à l'échelle de l'histoire humaine je veux dire, où cette technologie n'existait tout simplement pas.
Intervenant 1
C'est fou de dire que c'est une technologie, mais c'est
Intervenant 2
vrai. C'est une invention, au même titre que la roue ou l'imprimerie. L'écriture décimale, avec sa virgule, ses dixièmes, ses centièmes, c'est relativement récent. Ça a des racines chez les mathématiciens arabes, bien sûr, mais c'est véritablement le flamand Simon Stévin qui l'a popularisé. Simon Stévin, donc. Au XVIe siècle, c'est ça. C'est ça, entre 1548 et 1620. Il a formalisé tout ça de manière indépendante en Europe. Parce qu'à voir lui, l'idée même d'aligner des chiffres derrière un séparateur pour indiquer des morceaux de l'unité… Des
Intervenant 1
fractions de 1, quoi.
Intervenant 2
Voilà, ça n'était pas du tout un standard. Mais dès que Stéphane l'a introduite, la méthode était tellement puissante qu'elle est devenue incontournable. Aujourd'hui, on ne peut pas envisager la science sans ça. Ce
Intervenant 1
qui m'amène directement à une question qui me taraude depuis que j'ai lu l'article. Comment ils faisaient avant ? Je veux dire, les astronomes, les architectes, les marchands, avant Simon Stéphane ?
Intervenant 2
Eh bien...
Intervenant 1
Si on retire la virgule, comment on note des valeurs hyper précises qui ne tombent pas juste ? On ne pouvait quand même pas tout arrondir au chiffre supérieur à chaque fois ?
Intervenant 2
Bien sûr que non. La précision a toujours été vitale, surtout en astronomie. Avant le règne de la virgule, on fonctionnait presque exclusivement avec l'écriture fractionnaire.
Intervenant 1
D'accord, les fractions classiques.
Intervenant 2
Oui, mais selon les époques, ça prenait des formes qui franchement nous paraîtraient aujourd'hui d'une complexité folle. Prenons les Égyptiens de l'Antiquité.
Intervenant 1
Oh, j'adore l'Égypte antique !
Intervenant 2
Eh bien, leurs mathématiciens refusaient catégoriquement d'utiliser des fractions avec un numérateur supérieur à 1, sauf quelques très rares exceptions.
Intervenant 1
Attendez, quoi ? Ils n'utilisaient que des fractions avec un 1 en haut ?
Intervenant 2
C'est ça, le numérateur unitaire. Donc, si on prend un nombre que nous, on écrirait simplement
Intervenant 1
2,75… Bah, 2,75, c'est deux et trois quarts !
Intervenant 2
Pour nous, oui. Mais pour eux, on ne peut pas écrire trois quarts, puisqu'il y a un 3 en haut.
Intervenant 1
Ah oui, mince. Donc il faisait comment ?
Intervenant 2
Il devait décomposer. Le nombre 2,75, ça devenait l'entier 2, auquel on ajoute un demi, moins...
Intervenant 1
D'accord, ça fait 2,50.
Intervenant 2
Voilà. Auquel on ajoute encore un quart.
Intervenant 1
C'est une véritable gymnastique mentale. Pour un nombre simple, ça passe, mais j'imagine pas pour des gros calculs.
Intervenant 2
C'était laborieux, oui. Additionner des dizaines de fractions différentes comme ça, c'était un travail de titan. Mais cette logique a perduré super longtemps. Pratiquement jusqu'au XVIe siècle.
Intervenant 1
Les fractions, c'est génial pour des proportions simples, pour diviser un champ ou couper un gâteau. Mais parce qu'il y a un grand MAIS, il y a un obstacle majeur. Les fractions, ça marche pour les nombres rationnels, ceux qui acceptent de se plier au jeu de la division entre deux entiers. Mais pour les autres,
Intervenant 2
Ah, les fameux nombres rebelles !
Intervenant 1
Voilà, les irrationnels. Ceux qui, par définition, refusent obstinément d'entrer dans ce moule parfait. Un nombre irrationnel, ça ne s'écrit jamais sous la forme d'une simple fraction. Donc, sans virgule et sans fraction classique, comment ils faisaient ?
Intervenant 2
C'est là que l'histoire bascule vraiment. Ce casse-tête a forcé l'esprit humain à inventer l'une des structures mathématiques les plus élégantes du monde, les fractions continues.
Intervenant 1
Les fractions continues, le grand mot est lâché.
Intervenant 2
C'est une architecture vertigineuse, ça permet de représenter n'importe quel nombre. Le mécanisme fondamental, ça repose sur un truc très ancien, le fameux algorithme d'Euclide.
Intervenant 1
Ok, ça me dit quelque chose.
Intervenant 2
L'idée, c'est de représenter un nombre sous la forme d'une cascade, une descente de fractions imbriquées les unes dans les autres.
Intervenant 1
Imbriquées.
Intervenant 2
Aux entiers, pures.
Intervenant 1
Euh, j'essaie de visualiser... Bon, décortiquons tout ça. C'est un peu comme des poupées russes, non ? Les matrioshkas en bois.
Intervenant 2
C'est une excellente métaphore.
Intervenant 1
Genre on part d'un nombre, on l'ouvre, et dedans on trouve un entier avec une petite fraction, on regarde sous cette fraction et bim, un autre nombre entier avec une autre fraction encore plus petite qui elle-même contient un autre entier
Intervenant 2
et une autre fraction. C'est exactement ça, une descente dans les profondeurs de la page.
Intervenant 1
C'est vertigineux.
Intervenant 2
Chaque nouvelle poupée affine la description du nombre. Pour bien comprendre, rien ne vaut un bon exemple pratique tiré de l'article de Tangente. Prenons le nombre rationnel 47 sur 6. Ok, 47
Intervenant 1
sur 6, je suis prête.
Intervenant 2
Par le nombre.
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