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16 oct. 2023 · 6 min

Pourquoi le losange relie-t-il rectangle, Penrose et Hex ?

Dans cet épisode audio, suivez trois étapes : la dualité avec le rectangle, les pavages de Penrose puis le plateau du jeu de Hex.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Alors aujourd'hui, on va parler d'une figure qui a l'air super banale, le losange.

  2. Intervenant 2

    Ouais, on prend un simple carré, on appuie un peu sur un côté pour le déformer et paf, on a un losange. Ça paraît tout bête.

  3. Intervenant 1

    Exactement. Mais notre mission aujourd'hui, en se plongeant dans l'article bref de losange, c'est de montrer que ce n'est pas juste une figure d'école primaire.

  4. Intervenant 2

    Ah non, pas du tout. Cette géométrie d'apparence élémentaire, elle permet carrément de relier des prix Nobel et même la théorie des jeux.

  5. Intervenant 1

    C'est fou. Alors pour commencer, on va aborder un truc assez troublant, la dualité géométrique. Le losange a une sorte de double inversé.

  6. Intervenant 2

    Oui, le rectangle. Et pour bien comprendre, on peut utiliser un miroir linguistique.

  7. Intervenant 1

    À miroir linguistique, c'est-à-dire que si on prend la définition du rectangle et qu'on remplace juste le mot côté par le mot angle.

  8. Intervenant 2

    Et le mot longueur par le mot mesure, oui. Si on fait ça, on décrit exactement les propriétés du losange. C'est quand même assez dingue.

  9. Intervenant 1

    Donc le rectangle a des côtés opposés de même longueur, ce qui donne le losange a des angles opposés de même mesure.

  10. Intervenant 2

    Voilà, c'est de la mécanique spatiale pure. Et l'inversion, elle va encore plus loin. Le rectangle, il s'inscrit parfaitement dans un cercle.

  11. Intervenant 1

    Ce qui veut dire que le centre de ce cercle est à égale distance des quatre sommets du rectangle.

  12. Intervenant 2

    C'est ça. Et si on applique notre fameuse dualité, le losange fait l'inverse. Il possède un cercle inscrit à l'intérieur de lui-même.

  13. Intervenant 1

    Ah oui, donc son centre est à égale distance de ses quatre côtés.

  14. Intervenant 2

    Exactement. Et le seul quadrilatère qui réussit la prouesse d'être à la fois rectangle et losange, c'est le carré. Il est son propre dual.

  15. Intervenant 1

    C'est marrant parce que ça me fait direct penser à la géométrie projective. Tu sais, cette règle où on échange simplement les mots point et droite pour obtenir de nouveaux théorèmes. C'est la même chose, non ?

  16. Intervenant 2

    Alors attention, c'est un piège classique, il faut être rigoureux là-dessus. La géométrie projective, c'est purement une question d'incidence, du genre deux points font une droite.

  17. Intervenant 1

    Deux droites se coupent en un point, oui je vois.

  18. Intervenant 2

    Voilà, mais notre miroir linguistique avec le losange, on reste en géométrie euclidienne. On parle de métrique, de distance vraiment palpable.

  19. Intervenant 1

    Ok, donc c'est vraiment une symétrie intime entre les longueurs et les ouvertures.

  20. Intervenant 2

    Oui, c'est très spécifique au quadrilatère.

  21. Intervenant 1

    D'accord, alors maintenant si on prend ce losange isolé ? Et qu'on essaye d'en recouvrir tout un plan. On bascule carrément vers l'infini.

  22. Intervenant 2

    Ce qui nous amène au fameux pavage de Penrose. Surtout ceux qu'on appelle de type P3.

  23. Intervenant 1

    Les pavages de Penrose. C'est ceux qui n'utilisent que deux tuiles en forme de losange, c'est ça ?

  24. Intervenant 2

    C'est ça. Un losange assez fin, avec un angle de 36 degrés. Et un autre plus large, de 72 degrés. Des proportions dictées par le nombre d'or d'ailleurs.

  25. Intervenant 1

    Mais là, il y a un problème de logique. Parce que paver un plan, par définition, c'est prendre un motif et le faire glisser par translation.

  26. Intervenant 2

    C'est ce qu'on fait avec du carrelage classique,

  27. Intervenant 1

    oui. Le motif finit obligatoirement par se répéter à l'identique. Donc comment c'est possible de paver l'infini sans répétition périodique ?

  28. Intervenant 2

    C'est là le génie de Roger Penrose dans les années 70. Ces losanges, ils ne s'assemblent pas librement.

  29. Intervenant 1

    Il y a des contraintes.

  30. Intervenant 2

    C'est ça, il faut s'imaginer des petites encoches virtuelles sur leurs bords. Ça impose des règles d'assemblage strictes qui forcent certaines combinaisons et en interdisent d'autres.

  31. Intervenant 1

    Cette contrainte locale empêche mathématiquement le motif global de subir une translation.

  32. Intervenant 2

    Exactement ! On obtient un pavage infini, mais totalement apériodique. Et c'est cette prouesse qui lui a valu le prix Nobel de chimie en 2020.

  33. Intervenant 1

    C'est fou qu'un réseau de losanges amène à un Nobel. Et ça dépasse même les maths pures, ça a permis de comprendre l'organisation de la matière.

  34. Intervenant 2

    Ah bah complètement ! Jusqu'en 82, on pensait que les atomes dans les solides ne s'organisaient que de manière périodique.

  35. Intervenant 1

    Comme des cristaux normaux.

  36. Intervenant 2

    Voilà. Quand Dan Schechtman a découvert un alliage avec une structure ordonnée mais non répétitive...

  37. Intervenant 1

    On a cru à une erreur de sa part, non ?

  38. Intervenant 2

    Au début, oui. Il a fallu le modèle de Penrose pour comprendre ses quasi-crystaux. Ce qui a valu à Schechtman le Nobel de chimie en 2011.

  39. Intervenant 1

    Donc, des réseaux de losange modélisent carrément les atomes. Mais si on décide de se déplacer sur ces réseaux, on quitte la chimie pour atterrir sur un plateau de jeu.

  40. Intervenant 2

    Le jeu de Hex, précisément. Créé par le physicien Pete Hine en 42, puis réinventé par John Nash. Faut visualiser un grand plateau en forme de losange, de 8 cases sur 8 en général.

  41. Intervenant 1

    Et le maillage à l'intérieur est hexagonal.

  42. Intervenant 2

    C'est ça. Chaque case touche 6 voisines. Deux joueurs posent un pion à tour de rôle, et le but c'est de relier deux bords opposés de leur couleur.

  43. Intervenant 1

    La topologie de ce plateau impose une règle vraiment fascinante, le match nul est strictement impossible.

  44. Intervenant 2

    Aucune partie nulle, oui.

  45. Intervenant 1

    Mais comment la géométrie peut-elle interdire l'égalité ?

  46. Intervenant 2

    C'est dû à la nature même du pavage. Sur ce réseau, t'as aucun moyen de bloquer l'adversaire sans construire ton propre chemin.

  47. Intervenant 1

    Donc chaque pion posé pour barrer la route devient une brique pour mon propre pont.

  48. Intervenant 2

    C'est exactement ça ! Topologiquement, si le chemin du premier joueur est définitivement coupé, ça implique que le second a réussi à joindre ces deux bords.

  49. Intervenant 1

    La structure dicte donc obligatoirement un vainqueur. Quel voyage conceptuel pour nos auditeurs. On est parti d'une petite inversion de vocabulaire avec le rectangle. On a modélisé des atomes dans des quasi-cristaux.

  50. Intervenant 2

    Pour atterrir sur l'impossibilité géométrique du match nul au jeu de Hex, oui. C'est la preuve que les figures toutes simples cachent des architectures d'une complexité infinie.

  51. Intervenant 1

    Ce qui nous amène à une petite réflexion finale pour nos auditeurs. Si l'on sait de façon absolue que ce losange du jeu de Hex ne permet aucune partie nulle, est-ce que cela signifie mathématiquement qu'il existe forcément une stratégie gagnante absolue pour le premier joueur à poser son pion ?

  52. Intervenant 2

    Ah, une idée implacable à méditer.

  53. Intervenant 1

    Pensez-y la prochaine fois que vous tracerez un simple carré penché. A très vite.

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