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22 janv. 2020 · 24 min

Paradoxes : le piège qui a secoué la théorie des ensembles

Dans cet épisode, remontez de Cantor à Russell, voyez surgir les contradictions autoréférentielles, puis suivez les réponses de Russell et Zermelo.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Je suis vraiment ravie de vous embarquer pour cette nouvelle exploration. Alors, pour commencer, imaginons un instant la construction d'un pont suspendu. Mais attention, d'une envergure totalement inédite.

  2. Intervenant 2

    Ah, le genre de chef-d'œuvre d'ingénierie absolue quoi.

  3. Intervenant 1

    C'est ça, le truc parfait, conçu par les esprits les plus brillants, avec des matériaux sans aucun défaut. Mais au moment exact de couper le ruban pour l'inauguration, un ingénieur court vers le pupitre. Il vient de se rendre compte que les équations mathématiques utilisées pour la structure, elles contiennent une contradiction fondamentale.

  4. Intervenant 2

    Oula, le cauchemar !

  5. Intervenant 1

    Exactement. Selon la propre logique du système mathématique, le pont est prouvé comme étant à la fois totalement indestructible et incapable de supporter son propre poids.

  6. Intervenant 2

    C'est absurde.

  7. Intervenant 1

    Oui, oui.

  8. Intervenant 2

    Et le pont ne s'effondre pas physiquement. Mais toute la confiance qu'on avait dans la capacité de la science à décrire la réalité, elle vient de s'évaporer d'un coup.

  9. Intervenant 1

    C'est vraiment le cauchemar absolu pour tout esprit rationnel. On aime penser que les sciences exactes et surtout les mathématiques sont totalement à l'abri de ce genre de failles, qu'elles sont un socle de vérité universel, immuable, complètement au-dessus de nos ambiguïtés humaines.

  10. Intervenant 2

    Ouais, on les voit un peu comme intouchables.

  11. Intervenant 1

    Et c'est justement de cette illusion qu'on va parler aujourd'hui. On va examiner comment, au tournant du XXe siècle, grâce à un article fascinant intitulé « Ces paradoxes qui ébranlèrent les mathématiques », comment une poignée de paradoxes diaboliques a littéralement fracturé les fondations des maths.

  12. Intervenant 2

    C'est clair que ça a secoué tout le monde.

  13. Intervenant 1

    Ah oui. Et c'était pas de simples erreurs de calcul. C'était des failles logiques si profondes qu'elles ont forcé une remise en question totale de la logique elle-même. Bon, on va décortiquer tout ça.

  14. Intervenant 2

    Pour comprendre comment cet édifice logique a pu trembler à ce point, il faut d'abord regarder l'outil qui a provoqué la toute première fissure. Ce n'était pas une attaque volontaire. C'était même l'inverse. C'était une tentative de comprendre l'infiniment complexe. Tout commence avec ce qu'on pourrait appeler la domestication de l'infini par le mathématicien allemand Georges Cantor. On est dans les années 1860-1870. Et à cette époque, le jeune Cantor travaille sur un problème très spécifique, la convergence des séries de Fourier.

  15. Intervenant 1

    Attendez, je vous arrête. Avant d'aller plus loin dans l'infini, c'est quoi concrètement une série de Fourier ? Parce que ça sonne très technique, mais j'imagine qu'il y a une réalité physique derrière.

  16. Intervenant 2

    Ah oui, tout à fait. Pour faire vraiment simple, une série de Fourier, c'est une méthode mathématique qui permet de décomposer n'importe quel signal complexe en une somme d'ondes extrêmement simple.

  17. Intervenant 1

    Un signal complexe genre

  18. Intervenant 2

    quoi ? Comme la propagation de la chaleur dans un bout de métal ou même le son d'un violon, on décompose ça en petites ondes régulières qu'on appelle des sinusoïdes. C'est un outil incroyablement puissant. Et pour des fonctions mathématiques qui sont bien lisses, bien continues, tout se passe très bien.

  19. Intervenant 1

    Mais je me doute que Cantor ne s'est pas intéressé au cas où tout se passait bien.

  20. Intervenant 2

    Exactement, oui. Cantor, lui, il étudiait les cas limites. Il se demandait ce qui se passe quand la fonction n'est pas continue, quand il y a des ruptures, vous voyez, des sauts brusques dans le comportement de

  21. Intervenant 1

    l'onde.

  22. Intervenant 2

    Et pour comprendre ces points de rupture sur une droite, Cantor a dû se demander, est-ce qu'ils sont en nombre fini, infini, et s'ils sont infinis, de quelle nature est cet infini ?

  23. Intervenant 1

    Et c'est là qu'il plonge dans le terrier du lapin blanc.

  24. Intervenant 2

    Exactement. C'est en cherchant ses réponses qu'il développe ce qui va devenir la théorie des ensembles. Et surtout, il met le doigt sur ce qu'il appelle les cardinaux infinis, c'est-à-dire les différentes tailles de l'infini.

  25. Intervenant 1

    Et c'est là que le cerveau commence à protester, franchement. Parce que l'infini, par définition, dans le langage courant, c'est ce qui ne s'arrête jamais. Comment on peut mesurer ou comparer des choses qui ne s'arrêtent pas ? C'est absurde.

  26. Intervenant 2

    Et pourtant, c'est là tout le génie de Cantor. Pour comparer ces infinis, il essaye pas de les compter un par un, puisque c'est impossible, mais il utilise un concept fondamental, la bijection.

  27. Intervenant 1

    Ah, la fameuse bijection !

  28. Intervenant 2

    Voilà. En gros, deux ensembles ont le même cardinal, la même taille si on veut. Si on peut établir une correspondance parfaite entre eux, chaque élément du premier ensemble correspond à un et un seul élément du second, sans rien oublier d'aucun côté.

  29. Intervenant 1

    Pour imager ça de façon un peu plus concrète, imaginons une salle de balle.

  30. Intervenant 2

    Oui, très bon exemple.

  31. Intervenant 1

    On ne sait pas du tout combien il y a de personnes à l'intérieur. Mais si on demande à tout le monde de former un couple pour danser, un homme avec une femme disons, et qu'il ne reste absolument personne seul sur le côté de la piste, on sait, avec une certitude absolue, qu'il y a exactement le même nombre de danseurs et de danseuses. On n'a même pas eu besoin de compter. C'est ça la bijection.

  32. Intervenant 2

    C'est une excellente analogie. Et c'est en appliquant cette logique de la salle de balle au nombre que Cantor découvre des choses totalement contre-intuitives. Du style ? Du style.

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