
14 avr. 2025 · 14 min
Théorie des ensembles : les paradoxes qui ont imposé des axiomes
Suivez en audio le passage de l’infini aux paradoxes, puis aux axiomes du système Zermelo-Fraenkel avec choix et aux questions qu’il laisse ouvertes.
Collections de cet épisode (13)
Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
Transcription
Afficher la transcriptionMasquer la transcription
Transcription automatique
Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Imaginons un instant une partie de chaise musicale.
Intervenant 2
Ah, la fameuse angoisse de la chaise manquante ?
Intervenant 1
Ouais, mais là c'est pas n'importe laquelle. C'est une partie avec une rangée infinie de chaises, et elles sont occupées par une infinité de personnes. La musique s'arrête et bam, on retire la toute première chaise.
Intervenant 2
Le bon sens voudrait que la personne au début se retrouve debout, c'est la loi de notre monde physique, fini quoi.
Intervenant 1
C'est ça. Sauf que là, on est dans le monde vertigineux des mathématiques. La personne qui a perdu sa place, elle se décale simplement sur la chaise numéro 2.
Intervenant 2
Et le locateur de la 2 passe sur la 3, et ainsi de suite.
Intervenant 1
Exactement. Tout le monde se décale d'un cran et à la fin, miracle, tout le monde est assis. Il manque une chaise, mais personne n'est debout. Et c'est de ça qu'on va parler aujourd'hui dans notre grande plongée.
Intervenant 2
Une plongée qui ne consistera pas à dessiner des patates et des flèches au tableau, je précise.
Intervenant 1
Ah non, carrément pas. On part pour l'exploration la plus folle de l'esprit humain, la conquête mathématique de l'infini.
Intervenant 2
C'est vraiment la mission cette exploration, comprendre comment les mathématiciens ont essayé de dompter ce truc insaisissable. Ce qui est fascinant ici, c'est que ça a failli détruire les mathématiques. Rien que ça. Oui, littéralement. L'infini est passé d'un concept philosophique très flou à un objet mathématique concret, mais avec des mystères qui restent, encore aujourd'hui, totalement irrésolus.
Intervenant 1
Mais pour bien comprendre ça, il faut réaliser que pendant super longtemps, l'infini, ça faisait peur, non ?
Intervenant 2
Oh, une terreur absolue. Dans l'Antiquité, les Grecs s'y refusaient catégoriquement. Pour eux, l'infini, c'était juste un potentiel inatteignable.
Intervenant 1
Genre l'horizon qui recule quand on avance. On sait qu'on peut toujours faire plus un, mais on ne peut pas tout prendre d'un coup.
Intervenant 2
Exactement. C'était jamais une chose en soi. Il a fallu attendre des pionniers de dingue comme Gallier, Leibniz ou Bolzano. Puis Riemann pour qu'on commence à accepter l'idée d'un infini actuel.
Intervenant 1
Actuel. C'est-à-dire qu'il est là, posé sur la table comme un vrai objet.
Intervenant 2
Voilà. Pas juste un potentiel. Et le grand tournant, c'est au XIXe siècle, avec Richard Dedeckind. C'est lui qui va donner la première définition rigoureuse.
Intervenant 1
Et c'est là qu'on revient à mes chaises musicales.
Intervenant 2
Tout à fait. Dedeckind dit qu'un ensemble est infini si, et seulement si, on peut trouver une bijection, une correspondance parfaite, entre cet ensemble total et une partie strictement plus petite de lui-même.
Intervenant 1
C'est complètement contre-intuitif. Le tout est censé être plus grand que la partie.
Intervenant 2
Pas dans l'infini. Prends les nombres entiers. 0, 1, 2, 3, etc. Si tu retires le 0, il te reste 1, 2, 3, 4.
Intervenant 1
Donc une partie plus petite.
Intervenant 2
Dans un monde fini, oui. Mais là, Dédé Kant relie le 0 au 1, le 1 au 2, le 2 au 3. Chaque nombre a un partenaire unique. La partie est donc aussi grande que le tout.
Intervenant 1
C'est vertigineux. Mais du coup, une fois qu'on a défini ça, la question qui vient tout de suite, c'est de savoir si on peut le mesurer ce truc.
Intervenant 2
Ah mais, c'est la suite logique. Et c'est là que les choses deviennent complètement folles avec George Cantor, dans les années 1870. Lui, il
Intervenant 1
s'attaque à la taille des infinues.
Intervenant 2
Ouais, la cardinalité. Cantor prouve un premier truc dingue. Il dit que les entiers ont la même taille que les fractions. Il appelle ça Aleph-Zéro.
Intervenant 1
Attends, d'accord, décortiquons ça un instant, parce que mon cerveau bug. Entre le zéro et un entier, il n'y a rien, c'est vide. Mais entre zéro et un, il y a une infinité de fractions. Un demi, un quart, un dixième. Comment les fractions peuvent avoir la même taille que les entiers ?
Intervenant 2
C'est le paradoxe apparent. Mais Cantor a une astuce géniale. Une méthode de comptage. La fameuse numération en zigzag.
Intervenant 1
Le lacet.
Intervenant 2
Voilà. Si tu essaies de compter les fractions en ligne droite, tu finiras jamais la première ligne. Alors il imagine un tableau infini avec toutes les fractions, et au lieu de lire en ligne, il trace une diagonale.
Intervenant 1
Genre un essuie-glace géant qui balaie le tableau infini.
Intervenant 2
C'est exactement l'image. Le 1 est associé à 1 sur 1. Puis l'essuie-glace glisse, le 2 va avec 2 sur 1, le 3 avec un demi, le 4 avec un tiers.
Intervenant 1
Et en zigzagant comme ça, il est sûr de n'en oublier aucune.
La suite de la transcription est réservée aux abonnés.
S’abonnerÀ écouter ensuite
Des épisodes qui partagent une playlist, une figure ou un domaine avec celui-ci.

22 nov. 2023 · 18 min

14 mars 2016 · 22 min

30 avr. 2026 · 6 min

22 janv. 2020 · 15 min

25 avr. 2016 · 18 min

6 oct. 2016 · 6 min