
18 févr. 2024 · 15 min
Nombres irrationnels : pourquoi les fractions échouent
Cet épisode part de la diagonale du carré, suit l’échec des fractions et découvre comment reconnaître des nombres irrationnels.
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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. C'est vraiment un bonheur de lancer cette nouvelle exploration aujourd'hui.
Intervenant 2
C'est lui et lui. Très content d'être là pour aborder ça.
Intervenant 1
Et pour commencer, imaginons une scène toute bête du quotidien. Par exemple, un magnifique gâteau au chocolat posé sur une table.
Intervenant 2
Ah, le classique.
Intervenant 1
Voilà, s'il faut le partager, le concept coule de source, un demi, un tiers, un quart. L'esprit humain maîtrise ça de façon hyper intuitive.
Intervenant 2
Ouais, c'est presque inné, quoi.
Intervenant 1
Exactement. On prend un couteau, on divise la matière, c'est propre, c'est net. Et surtout, c'est rassurant. Les fractions ont l'air d'être l'outil mathématique absolument parfait pour découper notre réalité.
Intervenant 2
Sur le papier, oui.
Intervenant 1
Mais l'exploration d'aujourd'hui, qui se base sur un article fascinant intitulé « L'échec des fractions », pose une question super vertigineuse. Que se passe-t-il quand la réalité elle-même nous prouve que cet outil si familier est en fait irrémédiablement cassé ? Bon, décortiquons tout ça, pose-nous un peu le décor.
Intervenant 2
Eh bien, l'histoire a d'abord vu ça comme un effondrement total, tu vois. Le fait que les fractions soient incapables de tout mesurer, ça a été perçu au tout début comme un mur infranchissable. Une
Intervenant 1
sorte de gros bug dans la matrice,
Intervenant 2
quoi. C'est ça. Mais en réalité, ce mur cachait une porte dérobée. Et franchir cette porte, ça n'a pas du tout détruit les maths, bien au contraire. Ça a permis de découvrir un univers numérique immense, peuplé de nombres dont on soupçonnait même pas l'existence.
Intervenant 1
D'accord. Mais pour bien capter l'ampleur du truc, je crois qu'il faut remonter le temps, retourner sur les lieux du crime en gros.
Intervenant 2
Ouais, direction l'Antiquité grecque.
Intervenant 1
Si ça. Et tout part d'une figure géométrique qui a l'air super inoffensive. Un simple carré.
Intervenant 2
Un bête carré tracé sur le sable, ouais. Imaginons que chaque côté mesure très exactement 1, c'est notre étalon de base. Jusque là
Intervenant 1
tout va bien, je te suis.
Intervenant 2
Mais si on trace la diagonale de ce fameux carré, le théorème de Pythagore nous dit que cette diagonale vaut la racine carrée de 2.
Intervenant 1
Ok.
Intervenant 2
Or, et c'est la grosse découverte qui fâche à l'époque, cette longueur refuse totalement de s'écrire sous la forme d'une fraction.
Intervenant 1
Attends, vraiment aucune fraction ?
Intervenant 2
Aucune. Elle est incommensurable. C'est-à-dire qu'il est rigoureusement impossible de trouver deux nombreux entiers, même gigantesques, dont la division donnerait exactement cette longueur.
Intervenant 1
C'est fou quand on y pense. C'est un peu comme, disons, construire une maison complètement normale. Les murs sont droits, on mesure tout, ça tombe juste.
Intervenant 2
Ouais, au millimètre.
Intervenant 1
Voilà. Et puis, tu décides de mesurer le couloir qui traverse le salon, en diagonale, et tu captes que ce couloir appartient carrément à une autre dimension.
Intervenant 2
C'est une super image.
Intervenant 1
Bah oui, la longueur est là, physiquement, on peut marcher dessus. Mais notre maître ruban, qui ne connaît que les entiers, il tourne dans le vide.
Intervenant 2
Il est complètement obsolète ?
Intervenant 1
Mais du coup, pourquoi ça déclenchait une panique aussi dingue à l'époque ? Enfin, c'est juste un détail technique, non ?
Intervenant 2
Ah non, pas pour eux. C'était perçu comme une véritable hérésie. Il faut vraiment se glisser dans la tête des pythagoriciens.
Intervenant 1
La fameuse secte de Pythagore ?
Intervenant 2
Exactement. Pour eux, la philo, la religion et les mathématiques, c'était la même chose. Leur dogme absolu, c'était que l'univers entier était régi par des rapports de nombres entiers.
Intervenant 1
L'harmonie parfaite, quoi.
Intervenant 2
Voilà. La musique dépendait de fractions sur les cordes vibrantes. Le mouvement des planètes suivait des ratios précis. Les fractions, c'était littéralement la preuve de la perfection divine.
Intervenant 1
Ah, je vois le problème arriver.
Intervenant 2
Ah oui, découvrir qu'un simple carré génère en son propre centre une longueur impossible à exprimer avec des entiers, c'était la preuve que le cosmos contenait du chaos.
Intervenant 1
Le mot est lâché. Le chaos irrationnel. L'harmonie parfaite vient de se briser à cause d'un pauvre trait dans le sable.
Intervenant 2
Et la réaction a été d'une violence inouïe. La tradition attribue cette découverte à un philosophe du nom d'Hypas de Métaponte.
Intervenant 1
Qu'est-ce qui lui est arrivé à ce pauvre Ipas ?
Intervenant 2
La légende raconte que les Pythagoriciens l'ont jeté par-dessus le bord d'un navire pour le noyer.
Intervenant 1
Non, noyés pour une racine carrée.
Intervenant 2
En pleine mer, ouais, pour que ce secret hérétique disparaisse avec lui. Bon, que ce soit un fait historique ou une allégorie, ça montre bien le traumatisme. Les fondements de leur monde venaient de s'effondrer.
Intervenant 1
C'est glaçant. Et ce qui frappe dans l'article, c'est que cette cicatrice ne s'est pas refermée tout de suite. On pourrait croire qu'ils ont juste mis à jour les manuels de maths et basta.
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