
25 mars 2019 · 24 min
Enveloppes de droites : comment une courbe surgit-elle ?
Dans cet épisode audio, partez du problème inverse des tangentes et suivez les étapes qui font apparaître une courbe au sein d’une famille de droites.
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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
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Intervenant 1
Bonjour et bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Ravi de vous retrouver pour une nouvelle plongée en profondeur.
Intervenant 2
Bonjour, très heureuse d'être là pour cette discussion.
Intervenant 1
Alors aujourd'hui, pour toutes les personnes qui nous écoutent, on va faire un petit exercice mental pour commencer. Imaginez la scène suivante. On essaie de deviner la forme exacte d'un objet en trois dimensions, mais cet objet est totalement invisible.
Intervenant 2
D'accord, un objet invisible, ça commence bien.
Intervenant 1
Ouais, c'est ça. Et la seule chose qu'on a le droit de faire, c'est d'observer des faisceaux de lumière, disons des lasers, extrêmement fins, qui viennent raser cet objet, l'effleurer de tous les côtés. Je vois. Et en regardant, eh bien, l'espace vide laissé au milieu de tous ces rayons lumineux qui se croisent, on commence à voir apparaître une silhouette, des contours qui sont parfaits.
Intervenant 2
C'est vraiment une excellente image pour démarrer. L'objet n'est pas défini par sa matière en fait, mais par la limite de tous ces rayons qui viennent l'embrasser quoi.
Intervenant 1
Exactement. Et la mission de notre discussion d'aujourd'hui, c'est de comprendre la théorie mathématique et toute l'histoire qui est absolument foisonnante d'ailleurs, qui se cache derrière cette espèce d'illusion d'optique.
Intervenant 2
Oui, on va plonger dans l'article de Tangente intitulé « Réunion de famille » qui parle de ça.
Intervenant 1
Tout à fait. On va explorer le concept mathématique fascinant des enveloppes de droites, c'est-à-dire comment une multitude de lignes, toutes droites, si elles sont habilement tracées, peuvent faire émerger la courbe parfaite d'une forme.
Intervenant 2
Et c'est un voyage qui va nous ramener loin en arrière, au XVIIe siècle.
Intervenant 1
Mystère de l'optique, pour finir, et c'est très sérieux, par la création de la véritable porcelaine de Saxe.
Intervenant 2
Rien que ça.
Intervenant 1
Bah oui, et tout ça grâce à une simple question d'angle et de tangente en fait.
Intervenant 2
Le programme hyper riche. Et c'est surtout un exemple vraiment magistral pour montrer aux auditeurs comment l'abstraction mathématique la plus pure, elle finit toujours par trouver un écho totalement inattendu dans la matière, dans notre monde physique en fait.
Intervenant 1
Bon, décortiquons tout ça. Parce que pour bien saisir l'enjeu, il faut vraiment se remettre dans le bain intellectuel du XVIIe siècle, disons entre les années 1620 et 1670.
Intervenant 2
Une époque incroyable.
Intervenant 1
Mais l'Europe bouillonne littéralement. On a des géants de la pensée, des esprits comme René Descartes, Pierre de Fermat ou le mathématicien anglais John Wallis.
Intervenant 2
Oui, de vrais pionniers.
Intervenant 1
Et tous ces pionniers, ils se heurtent à un problème géométrique qui nous semble peut-être banal aujourd'hui, mais qui était d'une complexité folle à l'époque. Comment trouver la tangente à une courbe ?
Intervenant 2
Absolument ! À l'époque, la tangente, c'est le grand défi, c'est un peu le Graal des mathématiciens.
Intervenant 1
Pour ceux qui auraient besoin d'un petit rappel, comment on la visualise cette tangente ?
Intervenant 2
Alors, prenons une courbe quelconque dessinée sur une feuille. La tangente, en un point précis de cette courbe, c'est la ligne droite qui vient juste l'effleurer en ce point unique, sans jamais la transpercer.
Intervenant 1
Juste un petit bisou sur la courbe en
Intervenant 2
somme. C'est exactement ça. Elle donne la direction exacte de la courbe à cet instant très précis. Et les mathématiciens de l'époque cherchaient désespérément des méthodes pour calculer l'équation de cette fameuse droite.
Intervenant 1
Mais pourquoi c'était si truffial ? C'était pas juste pour le plaisir de tracer de belles lignes dans les académies, j'imagine ?
Intervenant 2
Ah non, pas du tout. C'était fondamental pour la physique qui était en train de naître. Comprendre la tangente, c'est comprendre la trajectoire d'une planète à un instant donné.
Intervenant 1
Ah oui, l'astronomie.
Intervenant 2
Voilà. C'est aussi comprendre comment la lumière rebondit sur un miroir incurvé, ou encore la vitesse instantanée d'un objet en pleine chute libre.
Intervenant 1
D'accord, donc c'est vraiment la clé de voûte de la physique dynamique.
Intervenant 2
Tout à fait. Mais avant l'invention du calcul différentiel par Newton et Leibniz à la toute fin de ce siècle-là, les méthodes pour trouver ces tangentes étaient hyper artisanales.
Intervenant 1
C'est-à-dire ?
Intervenant 2
Descartes utilisait des cercles qui le faisaient grandir. Fermat bricolait avec des quantités qu'il appelait infiniment petites. Ça
Intervenant 1
devait être laborieux.
Intervenant 2
Oh oui, très laborieux. C'était du cas par cas, sans méthode générale.
Intervenant 1
Et c'est là que le sujet de notre plongée opère un renversement de perspective assez génial. Au lieu de partir d'une courbe pour chercher péniblement sa tangente,
Intervenant 2
on fait exactement le contraire.
Intervenant 1
Voilà, on a déjà sous les yeux une vaste famille de droites, une multitude de lignes, et on cherche à deviner quelle est la courbe qui les admet toutes comme tangentes. On part des droites pour trouver la courbe.
Intervenant 2
C'est ce qu'on appelle passer d'un problème direct à un problème inverse. Ce qui demande une tournure d'esprit complètement différente en fait.
Intervenant 1
C'est clair.
Intervenant 2
Au lieu de disséquer une forme qu'on connaît déjà, on cherche à faire émerger une forme cachée à partir de ses empreintes, de ses tangentes quoi.
Intervenant 1
Alors pour qu'on puisse bien se représenter la chose sans avoir besoin d'un tableau noir, on va prendre une expérience géométrique super concrète.
Intervenant 2
Allez-y.
Intervenant 1
Imaginons deux axes perpendiculaires tracés, disons sur un mur et sur le sol. L'axe horizontal, c'est le sol, l'axe des X, et l'axe vertical sur le mur, c'est l'axe des Y. D'accord, un repère classique en deux
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