
13 oct. 2021 · 24 min
Huit énigmes, sept stratégies : quel déclic choisir ?
Dans cet épisode audio, cherchez huit énigmes puis suivez, du conseil à la solution, sept stratégies distinctes de raisonnement.
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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
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Intervenant 1
Imaginons un mur de briques. Un mur immense, hyper épais, sans la moindre porte.
Intervenant 2
Ouais, le genre d'obstacle bien intimidant quoi.
Intervenant 1
Exactement. Et face à ce mur, le réflexe le plus commun, quand on fait face à un problème mathématique, c'est de prendre une grosse masse et de frapper de toutes ses forces.
Intervenant 2
C'est clair. On sort des pages et des pages de brouillon, on empile les intégrales, les équations différentielles.
Intervenant 1
Voilà, on calcule tout aveuglement jusqu'à ce que le mur finisse par céder. C'est intimidant, c'est épuisant et honnêtement, ça manque de finesse.
Intervenant 2
Totalement. C'est la fameuse force brute.
Intervenant 1
Mais et si on apprenait simplement à contourner ce mur ?
Intervenant 2
Bonjour et bienvenue dans le podcast du magazine Tangente.
Intervenant 1
Bonjour à toutes et à tous. On est extrêmement ravis de retrouver notre audience pour une nouvelle exploration approfondie. Aujourd'hui, on détruit carrément cette image d'une discipline froide et mécanique.
Intervenant 2
Ah ça oui, parce que les mathématiques, c'est avant tout un art de l'imagination. C'est vraiment l'art de l'élégance.
Intervenant 1
Et le mot « élégance », il a une définition très précise dans ce domaine, non ?
Intervenant 2
Absolument. C'est cette fulgurance, cette sensation extraordinaire quand une énigme qui semblait demander des heures d'effort devient soudainement d'une limpidité absolue.
Intervenant 1
Juste grâce à un simple changement de perspective.
Intervenant 2
C'est ça. C'est résoudre un casse-tête infernal avec un minimum de technicité et un maximum d'astuces.
Intervenant 1
C'est le cœur de notre décryptage d'aujourd'hui. On se base sur le troisième et dernier volet de la série d'articles intitulée « Élégante méthode de résolution ».
Intervenant 2
Une série vraiment passionnante au passage.
Intervenant 1
Incroyable, donc notre mission pour quiconque nous écoute, s'armer de ces outils de pensée pour rendre l'impossible presque évident. Bon, décortiquons tout ça. Par quelle méthode est-ce qu'on commence pour éviter de frapper dans le mur ?
Intervenant 2
La première étape, je dirais la plus organique, c'est de refuser la situation telle qu'elle nous est présentée.
Intervenant 1
Attends, refuser, l'énoncer ?
Intervenant 2
En quelque sorte, oui. Il faut regarder les pièces du problème et oser les réarranger, que ce soit visuellement ou de manière structurelle. Les apparences sont souvent trompeuses en fait. Elles forcent l'esprit à emprunter le chemin le plus long.
Intervenant 1
Ah, je vois très bien de quoi on parle avec l'exemple de nos écureuils. Le décor est fantastique, on a les écureuils tic et tac, dont l'arbre se trouve à exactement 8 mètres de la niche du chien plutôt.
Intervenant 2
Un voisinage sous haute tension, quoi !
Intervenant 1
C'est clair. Et de l'autre côté, il y a Lucifer, le chat, qui rôde derrière une longue haie parfaitement rectiligne. Cette haie, elle passe à 4 mètres de l'arbre des écureuils et à 12 mètres de la niche du chien.
Intervenant 2
C'est presque un scénario de film d'animation, ce truc.
Intervenant 1
Ouais, mais avec une géométrie hyper contraignante. Par instinct de survie, Tik et Tak ne s'éloignent jamais à plus de 8 mètres de leur propre arbre.
Intervenant 2
Ce qui est une contrainte vitale pour eux, effectivement.
Intervenant 1
Exactement. Et en même temps, ils refusent de s'approcher à moins de huit mètres de la niche du chien et ils ne traversent sous aucun prétexte la haie où se cache le chat.
Intervenant 2
Le fameux principe de précaution.
Intervenant 1
Voilà. Et le problème exige de calculer la surface exacte de leur zone de promenade sécurisée. Mais là, quand on trace le dessin sur une feuille, c'est la panique.
Intervenant 2
C'est vrai que visuellement, ça fait peur.
Intervenant 1
Grave ! On se retrouve avec un cercle coupé par un autre cercle, le tout tranché par une ligne droite. Le premier réflexe, c'est de se dire qu'il va falloir calculer des aires de secteur circulaire tronquées, utiliser le nombre pi, lancer des intégrales affreuses.
Intervenant 2
Et c'est la réaction typique de la force brute. Mais regardons les chiffres de plus près. La zone sécurisée est définie par un rayon de 8 mètres autour de l'arbre. Et la haie coupe cette zone à exactement 4 mètres.
Intervenant 1
OK, huit et quatre.
Intervenant 2
Voilà, ces nombres ne sont pas là par hasard. Si on trace un trait entre l'arbre et le bord de la zone d'exclusion, et un autre perpendiculaire vers la haie, paf, on crée un triangle rectangle.
Intervenant 1
Ah ! Et on a une hypoténuse de 8 mètres et un côté adjacent de 4 mètres. Le rapport entre les deux est de 1,5.
Intervenant 2
Exactement. Et un rapport de 1,5 dans un triangle rectangle, tu sais ce que ça donne au niveau des angles ?
Intervenant 1
Attends, ça correspond au cosinus d'un angle de 60 degrés, non ? Sois pi sur 3.
Intervenant 2
Absolument. Et c'est là que la magie opère. Au lieu de foire une surface monstrueuse aux bords arrondis, on réalise que les morceaux manquants, ceux découpés par le chien et le chat, correspondent à les secteurs angulaires parfaits de 60 degrés.
Intervenant 1
Donc la méthode, c'est de prendre des cisons-manteaux.
Intervenant 2
C'est ça. On découpe mentalement les arcs de cercle qui posent problème et on remarque qu'ils ont la courbure exacte pour venir combler les espaces vides de l'autre côté de notre dessin.
Intervenant 1
C'est fascinant. En gros, on fait un simple glissé-déposé géométrique. On comble les trous avec les bosses, quoi.
Intervenant 2
Ouais. Et en réarrangeant ces morceaux de puzzle, la forme biscornue effrayante perd toutes ses courbes. Elle se métamorphose en trois triangles équilatéraux parfaits de huit mètres de côté.
Intervenant 1
Wow. Plus besoin du nombre pi, du coup.
Intervenant 2
Plus besoin d'intégrale non plus. Le calcul de l'air d'un triangle équilatéral, c'est basique. Le résultat tombe tout seul. 48 fois la racine carrée de 3.
Intervenant 1
Ce qui fait environ 83 mètres carrés. La complexité n'était qu'une illusion d'optique.
Intervenant 2
Exactement. Juste une illusion pour nous forcer à utiliser la masse.
Intervenant 1
D'accord, l'astuce visuelle est magnifique, mais j'ai envie d'émettre une objection. C'est relativement aisé de découper mentalement des camemberts géométriques, on arrive à se le représenter. Mais qu'est-ce qu'on fait quand on quitte le monde des formes pour affronter quelque chose de purement abstrait ?
Intervenant 2
Tu penses à quoi,
Intervenant 1
là ? Je pense au problème de la grille de nombres. L'énoncé nous donne un tableau rempli de valeurs qui semblent jetées au hasard.
Intervenant 2
Ah oui, ce problème-là.
Intervenant 1
La règle du jeu est simple. On doit choisir un nombre et barrer tous les autres nombres présents sur sa ligne et sur sa colonne. On répète l'opération cinq fois pour obtenir cinq nombres isolés.
Intervenant 2
Et le but, c'est de trouver le produit minimal possible entre ces cinq nombres.
Intervenant 1
C'est ça. Mais honnêtement, quand on regarde la grille, c'est juste un nuage de données froides. Il n'y a pas de courbe à réarranger ici.
Intervenant 2
C'est une excellente remarque. C'est vrai que l'abstraction rend l'élégance moins visible au premier coup d'œil, mais la mécanique reste rigoureusement identique.
Intervenant 1
Ah bon ? Comment ça ?
Intervenant 2
La clé, c'est de comprendre que la géométrie spatiale de ce tableau n'a aucune valeur mathématique intrinsèque.
Intervenant 1
C'est-à-dire ?
Intervenant 2
Et changer de la colonne numéro 1 avec la colonne numéro 4, par exemple, ça ne change absolument rien au résultat du problème.
Intervenant 1
C'est là que ça devient vraiment intéressant. Tu veux dire qu'on peut manipuler les colonnes et les lignes comme on veut, sans casser les règles du jeu ?
Intervenant 2
Tout à fait. Puisque la règle dicte de barrer la colonne entière de toute façon, peu importe sa position. Et si on étudie les écarts entre les chiffres de cette grille chaotique, on s'aperçoit vite qu'il y a des relations cachées.
Intervenant 1
Donc on les déplace.
Intervenant 2
Voilà. Si on s'autorise à échanger stratégiquement certaines lignes et certaines colonnes, le brouillard se dissipe, la grille hideuse se transforme en une table d'addition parfaite.
Intervenant 1
Une table d'édition genre comme à l'école primaire.
Intervenant 2
Presque. C'est un tableau où chaque case est le résultat d'une formule super simple du type la valeur x multipliée par l'addition de x plus a plus b.
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