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5 nov. 2020 · 14 min

Conjecture de Syracuse : pourquoi résiste-t-elle encore ?

Dans cet épisode audio, suivez les trajectoires des entiers, les progrès de Terence Tao et l’obstacle qui laisse toujours la preuve hors de portée.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Démarrons cette plongée en profondeur avec un vertige absolu. Ouais,

  2. Intervenant 2

    le mot est faible.

  3. Intervenant 1

    Imaginez un jeu mathématique dont les règles sont tellement élémentaires qu'on pourrait les enseigner à un enfant de 8 ans en moins d'une minute.

  4. Intervenant 2

    C'est ça, un jeu qui demande littéralement qu'une feuille de papier et un crayon.

  5. Intervenant 1

    Exactement. Et pourtant, ce même petit jeu d'enfant a réussi l'exploit de mettre en échec les esprits les plus brillants du siècle dernier. Ça fait carrément fumer les super ordinateurs les plus puissants de notre planète.

  6. Intervenant 2

    Il tourne à plein régime pour ça.

  7. Intervenant 1

    Le nom de ce mystère, c'est Syracuse. Alors, pour une grande partie de notre auditoire, ce mot évoque tout de suite la douche mélodie de la célèbre chanson d'Henri Salvador.

  8. Intervenant 2

    Oui, l'invitation au voyage, la sérénité, tout ça.

  9. Intervenant 1

    C'est ça. Mais si on prononce Syracuse dans les couloirs d'un département de maths à la fac, là, l'atmosphère se fige nette.

  10. Intervenant 2

    Il n'y a plus du tout de sérénité.

  11. Intervenant 1

    Non, c'est clair. C'est le synonyme d'un casse-tête infernal. Et l'objectif de notre épisode d'aujourd'hui, c'est justement de décortiquer cette fameuse conjecture de Syracuse, qu'on appelle aussi la conjecture de Collatz.

  12. Intervenant 2

    Et ce qui est fascinant, c'est le contraste. D'habitude, les problèmes mathématiques non résolus, il faut avoir bac plus 10 juste pour comprendre la question.

  13. Intervenant 1

    Genre des équations sur trois tableaux.

  14. Intervenant 2

    Voilà, alors qu'ici, la porte d'entrée est grande ouverte, mais le labyrinthe derrière est infini et imprévisible. C'est vraiment une anomalie dans le paysage scientifique.

  15. Intervenant 1

    Du coup, pour comprendre comment un truc si simple a pu devenir le cauchoir de la communauté scientifique, il faut regarder le moteur, quoi.

  16. Intervenant 2

    Ouais, regardons sous le capot. La mécanique tient en deux règles. C'est très simple. On prend un nombre entier positif, au hasard. S'il le perd, on le divise par deux.

  17. Intervenant 1

    Ok, donc ça tire la valeur vers le bas.

  18. Intervenant 2

    Exactement. Et si le nombre est impair, on le multiplie par 3 et on lui ajoute 1. Ça, c'est la seconde règle qui propulse la valeur vers le

  19. Intervenant 1

    haut. Le fameux fois 3 plus 1.

  20. Intervenant 2

    C'est ça. Le résultat qu'on obtient devient notre nouveau nombre de départ et on recommence en boucle.

  21. Intervenant 1

    Paire, on coupe en deux. Impaire, on fait fois 3 plus 1. Quand on regarde ça, on a l'impression d'avoir un moteur parfaitement déterministe. Genre, on lance pas de dés, y'a pas de hasard.

  22. Intervenant 2

    Zéro hasard, non.

  23. Intervenant 1

    Mais dès qu'on le met en route, la trajectoire devient complètement folle. Un vrai flippeur ! Prenons le nombre 7, par exemple. C'est impair, donc 3 fois 7, 21. Plus 1, ça donne 22.

  24. Intervenant 2

    Et 22, c'est pair. Donc la règle nous force à diviser par 2, ce qui nous amène à 11.

  25. Intervenant 1

    Qui est impair, donc fois 3, 33, plus 1, 34. On repart à la hausse.

  26. Intervenant 2

    On divise 34, on tombe sur 17. Impair, donc on s'envole à 52, en le coupant 2, 26, puis 13.

  27. Intervenant 1

    Et à partir de 13, boum, on grimpe à 40. Et

  28. Intervenant 2

    là, c'est la dégringolade finale.

  29. Intervenant 1

    L'écrasement,

  30. Intervenant 2

    ouais. 40, on divise, ça fait 20, puis 10, puis 5. Et 5 x 3, 15, plus 1, 16. Et là, c'est fini, non ?

  31. Intervenant 1

    Ah ben, 16, c'est une puissance de 2, donc 16, 8, 4, 2, et on atterrit sur 1.

  32. Intervenant 2

    Waouh, c'est ce que les matheux appellent un vol, c'est ça ?

  33. Intervenant 1

    Oui, la nomenclature est super poétique. On parle du vol ou de la trajectoire du nombre avec son altitude maximale. Pour Seth, c'était 52 avant de s'écraser.

  34. Intervenant 2

    Mais pourquoi c'est si imprévisible en fait ? À chaque fois qu'on fait fois 3 plus 1 sur un nombre impair, on est mathématiquement sûr de tomber sur un nombre pair.

  35. Intervenant 1

    Ah bah oui, impair fois 3 c'est impair, plus 1 c'est pair.

  36. Intervenant 2

    Voilà, la parité est rétablie, donc on sait qu'une division par deux va suivre obligatoirement.

  37. Intervenant 1

    Ok mais alors où est le piège ?

  38. Intervenant 2

    Le piège c'est qu'on ignore combien de fois de suite on va diviser. Si on tombe sur 16, on chute 4 fois direct jusqu'à 1. Mais si on tombe sur 22, on chute juste une fois avant de redondir.

  39. Intervenant 1

    Ah je vois. C'est les puissances de 2 qui se cachent un peu partout au hasard dans les nombres.

  40. Intervenant 2

    C'est exactement l'essence du chaos déterministe. Une équation basique qui génère une bataille entre la division et la multiplication. Et la conjecture affirme un truc fou.

  41. Intervenant 1

    Que tout finit toujours par tomber sur 4 2 1.

  42. Intervenant 2

    Inéluctablement. Que tu partes de 7, de 10 milliards, ou d'un nombre avec 100 000 zéros, ça finira toujours par atterrir sur la séquence 4 2 1.

  43. Intervenant 1

    Et dû que 1 est impair, 3 fois 1 plus 1 égale 4, on divise 2 puis 1. C'est un trou noir.

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