tangenteAudio

22 nov. 2017 · 13 min

Des métiers Jacquard à IBM : le voyage des cartes perforées

Dans cet épisode, suivez les cartes perforées du métier Jacquard au recensement de Hollerith, puis aux premiers principes de l’informatique.

Premium
Collections de cet épisode (5)

Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

D’après l’articleLire l’article dans la revue

Transcription

Afficher la transcription

Transcription automatique

  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. C'est vraiment un immense plaisir d'accueillir aujourd'hui tous les auditeurs curieux de mathématiques et de leur impact sur notre monde pour cette nouvelle exploration.

  2. Intervenant 2

    Absolument. Bonjour.

  3. Intervenant 1

    Enfin, une exploration qui va nous emmener assez loin aujourd'hui.

  4. Intervenant 2

    Oh que oui ! Imaginons un instant une scène. On se trouve face au supercalculateur le plus puissant du monde, capable de traiter des millions de données. Mais au lieu des petites puces en silicium habituelles, la machine est constituée d'engrenages en laiton lourds de plusieurs tonnes.

  5. Intervenant 1

    Avec des tuyaux qui crachent de la vapeur, oui.

  6. Intervenant 2

    C'est ça. Des kilomètres de fils de soie, de la vapeur. Ça ressemble carrément au décor d'un roman de science-fiction uchronique, style steampunk, non ? C'est une image très frappante, c'est vrai. Mais la réalité historique s'en approche de très très près, en fait. Le document de base de notre analyse d'aujourd'hui, c'est un article fascinant. Il s'intitule « Les commandes per cartes perforées de Jacquard à Olérythe ».

  7. Intervenant 1

    Et la mission de notre décryptage du jour, si je puis dire, c'est de comprendre comment un simple métier à tisser du XIXe siècle a pu poser les bases de la logique binaire et donc de l'informatique moderne.

  8. Intervenant 2

    Voilà, bien avant l'invention de l'électronique de l'après-guerre. C'est vraiment une trajectoire fascinante qui relie l'artisanat textile traditionnel à la très haute technologie qu'on connaît aujourd'hui.

  9. Intervenant 1

    D'ailleurs, pour se mettre en bouche, l'article utilise une citation du dramaturge Alfred de Musset. C'est la fameuse phrase « il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée ».

  10. Intervenant 2

    Ah oui, c'était une excellente entrée en matière.

  11. Intervenant 1

    Sur le coup, on se dit que Musset n'avait pas franchement l'intention d'inventer le système binaire quand il a écrit sa pièce.

  12. Intervenant 2

    Non, clairement pas. Chez lui, c'était une affaire de mœurs, une espèce d'injonction à faire un choix clair en séduction. Mais bien que ça ne fasse pas de lui un précurseur de l'informatique, cette trivialité, le fait d'être dans un état A ou un état B sans aucun entre-deux possible... Le

  13. Intervenant 1

    fameux faire ou ne pas faire ?

  14. Intervenant 2

    Exactement. Eh bien, c'est la base absolue pour commander des actions complexes par la suite. C'est l'état binaire pur. Et tout l'enjeu du texte, c'est de nous montrer comment cette accumulation de choix ultra simples a permis de commander des systèmes vertigineux.

  15. Intervenant 1

    Alors, pour comprendre ça, il faut d'abord plonger dans le monde de la mécanique textile. Comment un tissu est-il réellement fabriqué à la base ? Parce que c'est vrai qu'on porte tous des vêtements, mais la mécanique rigoureuse derrière, ça reste un peu mystérieux.

  16. Intervenant 2

    Pour bien modéliser ça, il faut réduire le tissu à sa géométrie la plus stricte. Un morceau de tissu, en fait, ce n'est que l'intersection à angle droit de deux réseaux de fils bien distincts.

  17. Intervenant 1

    D'accord, deux réseaux ?

  18. Intervenant 2

    D'un côté, on a le fil de chaîne, donc ce sont les fils tendus dans la longueur du métier à tisser. Et de l'autre, on a le fil de trame qui vient croiser cette chaîne dans le sens de la largeur.

  19. Intervenant 1

    Mais comment ça s'entrecroise sans faire juste un gros nœud inutilisable, quoi ?

  20. Intervenant 2

    Et c'est là qu'intervient le mouvement rigoureux. Le fil de trame, il est enroulé sur une petite bobine, qu'on appelle une canette, elle-même placée dans une navette en bois, gauche à droite. Le secret du motif, c'est un mouvement vertical. Avant que la navette ne passe, le mécanisme soulève une partie précise des fils de chaîne et laisse les autres au repos, en bas. Ah,

  21. Intervenant 1

    donc la navette passe en dessous des fils levés et au-dessus des fils baissés.

  22. Intervenant 2

    Voilà. Ensuite, un peigne métallique vient taper le fil de trame pour bien le tasser contre les précédents.

  23. Intervenant 1

    C'est là que ça devient vraiment intéressant. Parce que pour faire un dessin complexe, comme une fleur, il faut lever ou baisser des fils différents à chaque seconde. Et c'est ça qui amène la fameuse carte perforée, n'est-ce pas ?

  24. Intervenant 2

    Absolument. C'est l'innommation majeure de Joseph Marie-Charles, dit Jacquard. Il faut savoir qu'avant lui, pour lever ses fils, il fallait des assistants, souvent des enfants, qui tiraient sur des cordes toute la journée. C'était lent et rempli d'erreurs.

  25. Intervenant 1

    Une vraie galère !

La suite de la transcription est réservée aux abonnés.

S’abonner

À écouter ensuite

Des épisodes qui partagent une playlist, une figure ou un domaine avec celui-ci.