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29 avr. 2026 · 6 min

Concours scolaire Alkindi : deux heures pour casser les codes

Dans cet épisode audio, suivez 20 équipes de collégiens et lycéens jusqu’à la finale, puis découvrez les maths qui les aident à casser les codes.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue à toutes et à tous sur le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on plonge dans un article qui, franchement, m'a complètement retourné le cerveau. On y parle de collégiens et de lycéens qui s'attaquent à des codes secrets réputés indéchiffrables.

  2. Intervenant 2

    Ouais, c'est un sujet vraiment fascinant et surtout hyper actuel.

  3. Intervenant 1

    Et il y a une équipe finaliste, écoute bien, qui s'appelle, je cite, arroba the 8.494 apostrophe 3 espace 1 point virgule point virgule 8 apostrophe 3. Enfin, on dirait un énorme bug d'affichage quoi. Lire ça, c'est comme regarder le code source de l'univers sans avoir le manuel.

  4. Intervenant 2

    C'est clair. Mais en fait, ce n'est pas un bug du tout, c'est carrément un cryptogramme en soi. Et c'est vraiment tout l'enjeu du concours Alkandi qui en est quand même à sa onzième édition.

  5. Intervenant 1

    Oui, onzième déjà !

  6. Intervenant 2

    Exactement. Le but, c'est de plonger ces jeunes directement dans la cryptanalyse. Donc, pour résumer très vite, la cryptographie, ça chiffre un message avec une clé et la cryptanalyse, ça cherche à briser ce verrou quand on n'a justement pas cette fameuse clé.

  7. Intervenant 1

    Ce qui paraît complètement absurde au premier abord. Je veux dire, comment on arrive à déchiffrer un texte sans le mot de passe ? Pour comprendre ça, l'article nous ramène super loin en arrière, genre au IXe siècle, avec le savant arabe Alkindi.

  8. Intervenant 2

    Ouais, Alkindi, c'est un peu le père fondateur de tout ça, avec sa méthode d'analyse fréquentielle. Le principe de base, c'est qu'en fait, une langue, ce n'est pas du tout un truc aléatoire.

  9. Intervenant 1

    D'accord.

  10. Intervenant 2

    En français, par exemple, la lettre E est absolument partout. Donc, si on chiffre un message en remplaçant chaque lettre par un symbole, il suffit souvent de repérer le symbole qui revient le plus souvent pour se dire OK, ça, c'est probablement un E.

  11. Intervenant 1

    C'est un peu comme, je ne sais pas, observer un vieux piano dans un bar. Tu n'as même pas besoin d'entendre la mélodie pour deviner quelles notes sont jouées en boucle. Tu regardes juste quelles touches en ivoire sont les plus usées.

  12. Intervenant 2

    Ah, c'est une super image. L'usure statistique, c'est exactement ça la faille. Mais bon, les concepteurs de codes ont très vite capté le truc et ils ont brouillé à piste.

  13. Intervenant 1

    Tu m'étonnes. Ils ont fait comment ?

  14. Intervenant 2

    Au lieu de faire une substitution simple, ils ont commencé à changer la règle de chiffrement à chaque mot, voire même à chaque lettre. Le but, c'est vraiment de lisser les fréquences pour que le texte ressemble à un bruit totalement aléatoire et, pour reprendre ton expression, effacer cette usure des touches.

  15. Intervenant 1

    Sauf que, simuler du vrai aléatoire, c'est super difficile. Et c'est là que les maths pures entrent en scène de façon hyper rigoureuse, notamment avec ce qu'ils appellent l'indice de coïncidence.

  16. Intervenant 2

    Voilà. Ça, c'est un outil statistique redoutable, en fait. Si tu pioches deux lettres au hasard dans un texte français normal, la probabilité d'avoir deux fois la même lettre, c'est d'environ 0,074.

  17. Intervenant 1

    Principalement à cause du E et du A qui reviennent tout le temps, c'est ça ?

  18. Intervenant 2

    C'est ça. Par contre, si le texte a été chiffré pour bien uniformiser les lettres, cette probabilité s'effondre autour de 0,038.

  19. Intervenant 1

    Attends, passer de 0,07 à 0,03, franchement, ça n'a pas l'air d'être une chute si vertigineuse. En quoi une si petite fraction permet d'attaquer un code super complexe ?

  20. Intervenant 2

    Parce qu'elles matérialisent la frontière exacte entre l'ordre et le chaos. Ce tout petit écart, il indique au cryptonaliste s'il est face à un fouillis total ou s'il y a une structure linguistique cachée.

  21. Intervenant 1

    Ah, je vois. Et du coup, l'arithmétique modulaire dont parle l'article, cette idée de compter en boucle comme sur le cadran d'une horloge, ça intervient à ce moment-là ?

  22. Intervenant 2

    Exactement. C'est l'outil qui va permettre de choisir la bonne stratégie d'attaque. Imaginons un code avec un mot de passe de trois lettres qui se répète en boucle tout au long du texte. La première lettre du texte est modifiée par la lettre 1 du mot de passe, la deuxième par la lettre 2, la troisième par la 3.

  23. Intervenant 1

    D'accord.

  24. Intervenant 2

    Et après, on recommence les boucles. La quatrième lettre du texte est à nouveau modifiée par la lettre 1, et ainsi de suite.

  25. Intervenant 1

    Ce qui fait que notre fameux E, il est masqué différemment à chaque fois.

  26. Intervenant 2

    Voilà, c'est le piège. Du coup, l'analyse fréquentielle globale, elle échoue complètement. Mais grâce à l'arithmétique modulaire, on peut découper le texte en faisant des sauts.

  27. Intervenant 1

    Des sauts, OK.

  28. Intervenant 2

    Ouais. On regroupe par exemple la première, la quatrième, la septième lettre. En gros, toutes celles qui ont été chiffrées uniquement par la première lettre du mot de passe.

  29. Intervenant 1

    Ah mais oui ! Et si on calcule l'indice de coïncidence juste sur ce paquet précis, on retrouve notre 0,07 puisqu'on a isolé un groupe qui suit exactement la même règle.

  30. Intervenant 2

    Carrément ! L'indice permet ainsi de tester plein de tailles de boucles différentes, jusqu'à trouver la bonne longueur de la clé. Une fois que cette longueur est isolée, le message peut être cassé morceau par morceau.

  31. Intervenant 1

    C'est brillant. Et cette virtuosité mathématique, on comprend vite que ce n'est pas juste un jeu d'esprit. D'ailleurs, la grande finale de ce concours, c'est le 13 mai 2026 à l'École des Mines avec 20 équipes.

  32. Intervenant 2

    Vingt équipes qui viennent de partout, de Rennes jusqu'à Dubaï. Et c'est un vrai enjeu de sécurité nationale. Faut savoir que derrière cet événement, on trouve des poids lourds comme l'INRIA et la DGSE.

  33. Intervenant 1

    Les services de renseignement directement impliqués,

  34. Intervenant 2

    rien

  35. Intervenant 1

    que

  36. Intervenant 2

    ça. Bah oui, parce que l'architecture de la cybersécurité mondiale repose sur le chiffrement. Nos données médicales, nos transactions bancaires, les communications diplomatiques, tout ça exige une protection sans faille. En fait, entraîner ces jeunes à la kryptonalyse, c'est littéralement identifier les futurs cerveaux capables de tester et de consolider les pare-feu de demain.

  37. Intervenant 1

    C'est fou. Au final, la kryptonalyse, c'est vraiment cette rencontre hyper fascinante entre l'implacabilité de la logique mathématique et la fluidité des probabilités linguistiques.

  38. Intervenant 2

    Un équilibre subtil pour trouver de la cohérence là où on a tout fait pour simuler le désordre.

  39. Intervenant 1

    Le concept du IXe siècle et de quelques astuces statistiques peuvent fracasser des codes de cette ampleur. Quelles méthodes de chiffrement ultra-sécurisées de notre quotidien seront considérées comme de simples devinettes par la prochaine génération i ?

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