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23 janv. 2019 · 22 min

Astrolabe : comment le ciel tient-il sur un disque ?

Dans cet épisode audio, suivez les pièces de cet ancien calculateur et découvrez comment une projection géométrique représente la sphère céleste sur un disque.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue à l'écoute du podcast du magazine Tangente. C'est vraiment un immense plaisir d'ouvrir cette nouvelle exploration aujourd'hui et je souhaite bien sûr la bienvenue à tous nos auditeurs et auditrices. Bonjour Emy. Eh oui,

  2. Intervenant 2

    je suis ravie d'être là pour cette nouvelle plongée dans nos

  3. Intervenant 1

    sources. D'habitude, quand on parle d'un outil de calcul, de géométrie ou d'astronomie à notre époque, l'image qui vient direct à l'esprit, c'est celle d'un écran noir, non ? Une puce en silicium ou juste une application sur un téléphone.

  4. Intervenant 2

    Ouais, c'est abstrait, c'est parfaitement lisse.

  5. Intervenant 1

    C'est ça. Et surtout, le mécanisme est totalement invisible pour nous. On appuie sur un bouton et bam, la réponse apparaît par magie.

  6. Intervenant 2

    Complètement. En fait, le calcul moderne, c'est devenu une véritable boîte noire. La machine fait tout le travail de manière complètement opaque au fond de ses circuits et l'humain se contente de consommer le résultat final.

  7. Intervenant 1

    Sans jamais vraiment participer au processus de réflexion géométrique.

  8. Intervenant 2

    Exactement. On a perdu ce lien physique avec le calcul.

  9. Intervenant 1

    Mais justement, si on remonte un peu le temps et qu'on s'aventure dans les allées d'endroits comme le Musée des Arts et Métiers à Paris, ou bien au cœur des collections de l'Institut du Monde Arabe…

  10. Intervenant 2

    Des endroits fantastiques pour ça !

  11. Intervenant 1

    N'est-ce pas ? Là, l'expérience est radicalement différente. On se retrouve face à des objets d'une beauté métallique froide, brillante, qui rendent la science littéralement palpable.

  12. Intervenant 2

    Absolument, et ça nous amène au point de départ de notre discussion qui s'appuie sur un article fascinant consacré au souverain absolu de ces objets historiques.

  13. Intervenant 1

    L'astrolabe planisphérique, un instrument qui a quand même dominé les sciences pendant plus d'un millénaire, ce qui n'est pas rien.

  14. Intervenant 2

    C'est clair. Et l'astrolabe, ça provoque une fascination immédiate, même chez quelqu'un qui n'a aucune formation scientifique quoi.

  15. Intervenant 1

    C'est vrai que c'est beau.

  16. Intervenant 2

    Quand on observe ces disques de laiton massif, ces gravures d'une précision inouïe qui s'entremêlent, on sent qu'il ne s'agit pas d'un simple artefact décoratif. C'est une authentique merveille d'ingénierie.

  17. Intervenant 1

    Une somme d'instruments complexes condensés en un seul objet. L'article dit même que c'était un peu le couteau suisse des temps anciens, non ?

  18. Intervenant 2

    C'est exactement ça. C'était l'équivalent de notre ordinateur portable pour les savants, les astronomes et les voyageurs de l'époque.

  19. Intervenant 1

    Et la mission de notre exploration d'aujourd'hui, ce n'est justement pas de s'arrêter à la simple contemplation nostalgique d'un bel objet en laiton.

  20. Intervenant 2

    Non, le but c'est de craquer le code.

  21. Intervenant 1

    Voilà. De décortiquer la mécanique et la rigueur mathématique implacable qui se cachent derrière cette ingénierie. Prouver que l'Astrolabe est un formidable outil pour faire vivre les mathématiques, pour les tenir physiquement entre ses mains.

  22. Intervenant 2

    Et pour comprendre comment cette machine calcule, il faut d'abord comprendre comment elle interagit avec le monde réel.

  23. Intervenant 1

    Donc l'article nous invite à commencer par le commencement, retourner l'objet et regarder son dos.

  24. Intervenant 2

    Parce qu'avant de calculer, l'astrolabe doit observer. Le dos de l'instrument, c'est vraiment l'interface avec le monde physique. Avant d'être un ordinateur analogique, c'est un outil de prise de mesure pur et dur.

  25. Intervenant 1

    D'accord. Et sur cette face arrière, qu'est-ce qu'on trouve exactement ?

  26. Intervenant 2

    La pièce maîtresse, c'est l'al-ida. C'est un terme qui vient de l'arabe al-idada, signifiant simplement la pièce forgée. Concrètement, c'est une règle métallique graduée.

  27. Intervenant 1

    Une règle qui est fixée au centre, j'imagine ?

  28. Intervenant 2

    Oui, fixé au centre, et qui peut pivoter librement sur 360 degrés.

  29. Intervenant 1

    En lisant ça dans nos sources, je me suis posé une question hyper pratique. Si je tiens un disque en métal lourd, à bout de bras, dans la nuit froide, et que j'essaye d'aligner une simple règle avec une étoile minuscule située à des millions de kilomètres, je vais trembler, c'est sûr !

  30. Intervenant 2

    Ouais, l'alignement serait catastrophique.

  31. Intervenant 1

    Il doit forcément y avoir un dispositif pour stabiliser la visée, non ?

  32. Intervenant 2

    Bien sûr, les concepteurs y avaient pensé. Aux deux extrémités de cette alidade, on trouve des pinules. Des pinules ? Ce sont de petites plaques métalliques dressées perpendiculairement à la règle. Et chacune est percée d'un trou minuscule, un œilleton. Mais surtout, l'utilisateur ne tenait pas l'astrolabe à pleine main. Ah

  33. Intervenant 1

    bon ? Comment il faisait, alors ?

  34. Intervenant 2

    Il le suspendait par un anneau situé tout au sommet. Grâce à la gravité, l'instrument se positionnait de manière parfaitement verticale, ce qui créait un fil à plomb naturel.

  35. Intervenant 1

    Ah, je visualise beaucoup mieux. Du coup, c'est la même mécanique que l'alignement de la mire d'un fusil, ou le fait de regarder dans le viseur optique d'un vieil appareil photo argentique.

  36. Intervenant 2

    C'est exactement le même principe.

  37. Intervenant 1

    On ferme un œil, on aligne le premier œilleton avec le second et on bouge doucement la règle jusqu'à ce que la lumière de l'étoile traverse les deux trous en même temps.

  38. Intervenant 2

    Et une fois que cet alignement parfait est obtenu, l'étoile est isolée, elle est en quelque sorte capturée.

  39. Intervenant 1

    Captulée. Ce qui nous amène à une ironie étymologique assez savoureuse mentionnée dans l'article. Le mot grec « astrolabe », ça signifie littéralement « preneur d'astres ».

  40. Intervenant 2

    Ouais, ça sonne très légendaire.

  41. Intervenant 1

    C'est ça, Joé. Mais ce nom ne fait en réalité référence qu'à cette action mécanique toute bête, la prise de visée au dos de l'appareil.

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