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22 avr. 2026 · 18 min

Trillion : pourquoi change-t-il de valeur selon les pays ?

Dans cet épisode audio, suivez le trillion de l’échelle courte à l’échelle longue, puis explorez les mots inventés pour nommer l’immense.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue à tous dans le podcast du magazine Tangente. Je suis vraiment ravi de lancer cette nouvelle émission aujourd'hui parce qu'on part sur une exploration qui va littéralement nous donner le vertige.

  2. Intervenant 2

    Bonjour tout le monde ! Eh oui, préparez-vous, on va manipuler beaucoup, beaucoup de zéros aujourd'hui.

  3. Intervenant 1

    Mais grave ! Alors pour planter le décor, pour ceux qui nous écoutent, en 2009, la banque centrale du Zimbabwe a émis un billet de banque officiel et dessus, il y avait écrit, tenez-vous bien, 100 trillions de dollars.

  4. Intervenant 2

    Ah oui, le fameux billet, un classique de l'hyperinflation.

  5. Intervenant 1

    Voilà, c'est ça. Sauf qu'avec ce bout de papier de 100 trillions, à l'époque, on pouvait à peine s'acheter une bûche de pain. C'est

  6. Intervenant 2

    fou quand on y pense.

  7. Intervenant 1

    Mais le plus fou, c'est que 15 ans plus tard, donc aujourd'hui, la presse économique américaine débat hyper sérieusement pour savoir si Elon Musk va bientôt devenir le premier, je cite, « trillionnaire en dollars ».

  8. Intervenant 2

    Et là, on ne parle plus du tout d'une baguette pour le

  9. Intervenant 1

    coup.

  10. Intervenant 2

    Et c'est ça notre point de départ. Comment est-ce que le même mot, trillion, peut désigner à la fois la fortune d'un titan de la tech et de la monnaie de sange pour acheter du bain ?

  11. Intervenant 1

    En fait, ça illustre parfaitement une confusion gigantesque qui dépasse la simple petite anecdote financière. On a souvent tendance à croire que les mathématiques, c'est un langage universel et infaillible.

  12. Intervenant 2

    Alors que pas du tout, en fait. Mais pas du tout ! Nommer l'immensité, c'est enfin un terrain miné. Ce qu'on va décortiquer aujourd'hui, c'est comment ce chaos linguistique est né de la collision entre la structure de notre langage et les impératifs du commerce.

  13. Intervenant 1

    Et même les limites de notre univers, on le verra à la fin. Donc notre mission, c'est vraiment de démêler tout ça. Commençons par la base. Il y a une vraie ligne de fracture mondiale sur la façon de compter, c'est bien ça ?

  14. Intervenant 2

    J'ai lu les travaux de Geneviève Gittel, la mathématicienne qui a formalisé ça en 75.

  15. Intervenant 1

    Geneviève Guittel a posé des mots très clairs là-dessus. Elle a défini d'un côté l'échelle courte et de l'autre l'échelle longue. Et c'est vraiment le cœur du problème.

  16. Intervenant 2

    Ok, donc l'échelle courte, c'est celle des Américains, c'est ça ? C'est ça. Etats-Unis, pays arabophones, l'ex-URSS aussi. Et c'est un système qui est très pressé. En échelle courte, on crée un nouveau mot pour chaque nouvelle puissance 2000.

  17. Intervenant 1

    D'accord, donc si on part d'un million, ça c'est 1 avec 6 zéros. 10 puissance 6. Jusque-là, tout le monde est d'accord.

  18. Intervenant 2

    Voilà, le million c'est universel. Mais en échelle courte, dès que tu multiplies ce million par 1000, donc tu ajoutes 3 zéros pour arriver à 10 puissance 9, hop, ils inventent un nouveau mot. C'est le fameux billion américain.

  19. Intervenant 1

    Ok, et si on remultiplie par 1000 ?

  20. Intervenant 2

    10 puissance 12 et boom, c'est le trillion. Donc leur cycle avance très vite, par bon de trois zéros à chaque fois.

  21. Intervenant 1

    Ah ouais, ça grimpe vite. Et nous en face, en Europe continentale et dans la francophonie, on utilise l'échelle longue. Et là, la logique est vachement plus patiente en fait.

  22. Intervenant 2

    Beaucoup plus patiente. En échelle longue, on ne change de nom avec le suffixe en "-illion", que pour chaque puissance d'un million, pas de mille.

  23. Intervenant 1

    Donc pour avoir le droit d'utiliser le mot « billion » chez nous en français, il faut carrément atteindre un million de millions. C'est-à-dire 10 puissance 12 et pas 10 puissance 9.

  24. Intervenant 2

    Exactement. Il y a un gouffre entre les deux. Et pour notre trillion, à nous, il faut atteindre un million de billions. C'est 10 puissance 18.

  25. Intervenant 1

    C'est gigantesque. Mais du coup, il y a des gros trous entre ces bonds d'un million. Comment on les bouche ?

  26. Intervenant 2

    C'est là qu'interviennent les mots en « yard ». 1000 millions, on appelle ça un milliard.

  27. Intervenant 1

    Ah, tout simplement !

  28. Intervenant 2

    Voilà. Et théoriquement, 1000 billions, ce serait un billiard. Mais l'usage officiel recommande de juste dire 1000 billions, pour éviter qu'on s'emmêle les pinceaux.

  29. Intervenant 1

    Bon, décortiquons un peu l'ampleur des dégâts. Entre le billion américain à 10 puissance 9 et notre billion français à 10 puissance 12, il y a un facteur de 1000, 1000 fois plus grand.

  30. Intervenant 2

    Ouais, un facteur mille, c'est massif.

  31. Intervenant 1

    Pour que les auditeurs visualisent bien, c'est comme si j'étais dans un bar international. Je commande une pinte de bière, genre un demi-litre. Si le barman se gourde échelle et multiplie ma commande par mille, il ne me sert pas juste quelques verres en plus.

  32. Intervenant 2

    Ah bah non, là ça déborde un peu.

  33. Intervenant 1

    Carrément, 1000 fois un demi-litre, ça fait 500 litres. Donc au lieu de ma pinte, le mec m'apporte l'équivalent d'un gros jacuzzi rempli à ras bord.

  34. Intervenant 2

    C'est une super image. Le coût du jacuzzi illustre parfaitement le danger. Parce que maintenant, remplace la bière par des dettes souveraines ou des budgets nationaux.

  35. Intervenant 1

    Ah ouais, la gueule de bois n'est pas la même.

  36. Intervenant 2

    C'est clair. Et ça a des conséquences tous les jours. Imagine un journaliste francophone qui traduit une dépêche américaine à toute vitesse. Il lit que telle entreprise a investi 2 billion dollars.

  37. Intervenant 1

    Et il écrit 2 billions de dollars dans son article.

  38. Intervenant 2

    Exactement. Et en faisant ça, il vient de multiplier l'investissement par 1000 dans la tête de ses lecteurs français. Donc pour en revenir à Elon Musk, avec ses 1000 milliards de donnares hypothétiques, sur l'échelle longue, il est très très loin d'être un trillionnaire.

  39. Intervenant 1

    Il sera juste billionnaire, ce qui est déjà pas mal, on va pas le plaindre.

  40. Intervenant 2

    Voilà, c'est déjà un bon début.

  41. Intervenant 1

    Mais du coup, il y a un truc qui m'échappe. Comment les Américains et les Anglophones se sont retrouvés avec ce système d'échelle courte, si c'est si propice aux erreurs ? Ils ont inventé ça dans leur coin pour aller plus vite ?

  42. Intervenant 2

    Eh bien, figure-toi que c'est là qu'il y a un vrai twist historique. Parce que toute cette confusion, à la base, c'est de la faute de la France.

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