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10 juil. 2019 · 5 min

RSA face à l’ordinateur quantique : menace sous conditions ?

Dans cet épisode audio, suivez la menace étape par étape : le chiffrement RSA, l’algorithme de Shor, les qubits et les limites techniques.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Je suis ravi de retrouver ceux qui nous écoutent pour cette nouvelle plongée au cœur du magazine. Bonjour,

  2. Intervenant 2

    ravi d'être avec vous pour décortiquer tout

  3. Intervenant 1

    ça. Alors aujourd'hui, on explore un scénario qui est, enfin, assez vertigineux. Il suffit d'imaginer que le cadenas numérique qui protège actuellement l'intégralité des données bancaires mondiales puisse être pulvérisé en quelques secondes.

  4. Intervenant 2

    C'est exactement l'objectif de notre exploration du jour. On va essayer de comprendre, avec rigueur mais sans jargon assommant, si l'ordinateur quantique est vraiment une menace pour l'infrastructure d'Internet.

  5. Intervenant 1

    Voilà. Et pour poser les bases, on peut comparer notre système actuel à un colis sécurisé. En gros, nos messages sensibles circulent dans un colis blindé via un chiffrement symétrique, le standard AES.

  6. Intervenant 2

    C'est ça. Et la clé unique pour ouvrir ce colis, elle voyage séparément. On la met dans une sorte de mallette diplomatique numérique inviolable qui utilise un chiffrement asymétrique, le fameux RSA.

  7. Intervenant 1

    Une mallette qu'on considère parfaite parce qu'elle s'appuie sur un mur mathématique absolu. En fait, c'est la difficulté monumentale de factoriser des nombres premiers géants.

  8. Intervenant 2

    Exactement. Pour vous donner une idée, avec une clé RSA de 2048 bits, un ordinateur classique mettrait des millions d'années à tester toutes les combinaisons.

  9. Intervenant 1

    Des millions d'années, oui. Donc, a priori, on est tranquille. Sauf que d'où vient cette menace quantique, alors ?

  10. Intervenant 2

    Elle vient d'une lame théorique capable de fendre ce bouclier, ce qu'on appelle l'algorithme de Shor.

  11. Intervenant 1

    L'américain Peter Shor, c'est ça ?

  12. Intervenant 2

    Tout à fait. En 1994, il a conçu cet algorithme probabiliste qui permet de factoriser ces nombres premiers géants de façon exponentiellement plus rapide.

  13. Intervenant 1

    Mais pour que ça tourne, il faut une machine qui n'existe pas encore à grande échelle. La fameuse machine qui utilise les lois de l'infiniment petit, l'ordinateur quantique.

  14. Intervenant 2

    Voilà. Et c'est là qu'on entend souvent des choses un peu trompeuses.

  15. Intervenant 1

    Oui, on a souvent cette image en tête avec les qubits. Contrairement aux bits classiques, le qubit est en superposition, donc simultanément pile et face, 0 et 1.

  16. Intervenant 2

    C'est ça, oui.

  17. Intervenant 1

    Et la tentation, c'est de se dire que la machine explore juste toutes les combinaisons de la mallette en même temps, dans un immense calcul parallèle, vu que pour un certain nombre de qubits, on a un nombre exponentiel des très simultanés.

  18. Intervenant 2

    Eh bien, c'est un mythe extrêmement tenace. L'ordinateur quantique, il ne fait pas du calcul parallèle brut.

  19. Intervenant 1

    Ah bon ?

  20. Intervenant 2

    Non, ça fonctionne de manière beaucoup plus élégante. Pensez à des vagues dans un bassin. L'algorithme de Shor utilise l'interférence

  21. Intervenant 1

    quantique.

  22. Intervenant 2

    En gros, il fait en sorte que les probabilités des mauvaises réponses s'annulent entre elles par interférences destructives. Et la probabilité de la bonne réponse, elle, s'amplifie par interférences constructives.

  23. Intervenant 1

    Donc à la fin, la bonne combinaison émerge d'elle-même. C'est brillant. Mais mathématiquement, ça veut dire que le sort de RSA est scellé.

  24. Intervenant 2

    En théorie, oui.

  25. Intervenant 1

    Alors si on continue d'utiliser ce protocole aujourd'hui pour nos données, c'est qu'il y a un mur physique qui bloque tout ça.

  26. Intervenant 2

    Exactement, le mur de la décohérence. Maintenir des qubits dans ce fragile état de superposition pendant tout un calcul, c'est un cauchemar technologique.

  27. Intervenant 1

    J'imagine que le moindre truc perturbe la machine, non ?

  28. Intervenant 2

    C'est exactement ça. Un infime rayonnement, une vibration ou une petite variation de chaleur et pouf, l'état quantique est détruit, le calcul crache.

  29. Intervenant 1

    C'est pour ça qu'il faut isoler ces puces et les refroidir presque au zéro absolu.

  30. Intervenant 2

    Absolument. Et c'est la raison pour laquelle la technologie plafonne aujourd'hui autour d'une cinquantaine de qubits fiables.

  31. Intervenant 1

    Ouais, on est très loin des milliers, voire des millions de qubits qu'il faudrait pour faire tourner l'algorithme de Shor. D'ailleurs, il y a une confusion que vous vouliez élever, parce qu'on entend souvent dire que des réseaux quantiques existent déjà.

  32. Intervenant 2

    Oui, il ne faut pas confondre. Ce qui existe, c'est la cryptographie quantique ou la distribution de clés.

  33. Intervenant 1

    Ce n'est pas la même chose.

  34. Intervenant 2

    Pas du tout. Ça, c'est une technologie pour créer et transmettre des clés symétriques en détectant toute interception. C'est un bouclier défensif. Ce n'est pas un ordinateur pour casser les codes.

  35. Intervenant 1

    Bon, je vais être un peu pragmatique. Si on galère à stabiliser 50 qubits et que la machine de Shor reste une spéculation, pourquoi on s'en inquiète dès aujourd'hui ? Ça semble un peu prématuré, non ?

  36. Intervenant 2

    Ça pourrait sembler prématuré, oui, mais le problème, c'est l'inertie de nos systèmes. Refondre toute l'architecture mondiale pour passer à des standards post-quantiques, ça prendra des décennies.

  37. Intervenant 1

    Faut tout remplacer, les serveurs, les appareils,

  38. Intervenant 2

    tout. C'est ça. Si on attend que l'ordinateur quantique soit là pour réagir, on aura une fenêtre de vulnérabilité totale pendant des années.

  39. Intervenant 1

    Et j'ajouterais qu'anticiper aujourd'hui, c'est aussi prendre en compte une menace plus asymétrique. Rien n'empêche un acteur malveillant d'aspirer nos flux cryptés dès maintenant.

  40. Intervenant 2

    Exactement, le fameux principe du « stocker aujourd'hui, déchiffrer demain ».

  41. Intervenant 1

    On ne peut pas forcer le cadenas aujourd'hui, mais on garde la mallette dans d'immenses serveurs.

  42. Intervenant 2

    Voilà. En attendant patiemment que la machine de Shor soit prête, dans 10 ou 20 ans, pour tout ouvrir de manière rétroactive.

  43. Intervenant 1

    Et là, toutes les données médicales, les secrets industriels tombent. C'est une pensée assez vertigineuse pour finir cette émission. Les mathématiques les plus abstraites façonnent déjà la géopolitique du futur.

  44. Intervenant 2

    Tout à

  45. Intervenant 1

    fait. Merci d'avoir partagé tout ça avec nous et merci à tous d'avoir suivi cette plongée au cœur du magazine Tangente. On se retrouve très vite pour poursuivre ces explorations.

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