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12 oct. 2018 · 18 min

Réseaux de neurones : comment apprennent-ils à prédire ?

Cet épisode audio suit les étapes qui transforment des exemples en prédictions, des données d’entrée au réglage des connexions.

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue à tous dans le podcast du magazine Tangente. C'est vraiment un immense plaisir de retrouver notre public aujourd'hui pour une nouvelle analyse.

  2. Intervenant 2

    Bonjour à toutes et à tous. Et oui, je suis ravi d'être là pour décortiquer tout ça avec vous.

  3. Intervenant 1

    Alors aujourd'hui on va faire une exploration en profondeur sur un sujet qui nous concerne tous. Imaginez un instant une machine capable de peindre une toile totalement inédite et ça dans le plus pur style de Claude

  4. Intervenant 2

    Monet. Ou même un système informatique qui va guider votre voiture sur le périphérique parisien en pleine heure de pointe en esquivant les dangers en temps réel. C'est plus de la science-fiction en fait.

  5. Intervenant 1

    Exactement, ces exploits sont bel et bien réels aujourd'hui. Mais le plus troublant dans tout ça, c'est qu'à l'intérieur de ces machines, il n'y a pas la moindre étincelle de conscience.

  6. Intervenant 2

    C'est clair, il n'y a personne aux commandes. Il n'y a que des mathématiques, des lignes de code savamment orchestrées pour imiter le fonctionnement de notre propre cerveau.

  7. Intervenant 1

    Et c'est précisément le cœur de notre plongée du jour. Notre mission, c'est de démystifier l'apprentissage automatique et les réseaux de neurones. Décortiquons un peu tout ça, car on entend beaucoup parler d'intelligence artificielle, mais les mécanismes réels sont souvent très mal compris.

  8. Intervenant 2

    Absolument. On a souvent tendance à enrober ces technologies d'un vocabulaire presque magique, un peu mystique quoi.

  9. Intervenant 1

    Et pour nous ramener sur terre, on va s'appuyer sur les travaux et l'article de Vincent Barat, qui est professeur en informatique à l'Université Clermont-Auvergne. Son texte nous ramène à une réalité très terre-à-terre, au carrefour des maths et de l'électronique.

  10. Intervenant 2

    Voilà, c'est une approche géniale pour comprendre comment on passe d'une froide logique de silicium, de simples puces informatiques, à cette capacité sidérante d'apprendre. D'ailleurs, si on remonte un peu le fil de l'histoire, le terme même d'intelligence artificielle n'a rien d'une trouvaille marketing récente.

  11. Intervenant 1

    Ah bon ? C'est pas un truc de la Silicon Valley des années 2000 ?

  12. Intervenant 2

    Eh bien non, pas du tout. En fait, ça a été forgé au milieu des années 50 par un chercheur nommé John McCarthy à l'université de Dartmouth. Son idée de base, c'était simplement de définir la science et l'ingénierie qui permettraient de fabriquer des programmes informatiques intelligents.

  13. Intervenant 1

    Attendez, on parle donc d'une ambition qui a plus de 70 ans. Du coup, ça soulève une question super évidente. Si le concept date des années 50, comment ça se fait que l'explosion n'ait lieu que maintenant ? J'ai l'impression qu'on a soudainement franchi un mur du son technologique sans prévenir.

  14. Intervenant 2

    Le franchissement de ce mur repose sur une sorte d'alignement des planètes pour le secteur numérique. Il y a trois facteurs clés. D'abord, historiquement, les chercheurs manquaient cruellement de puissance de calcul.

  15. Intervenant 1

    Oui, on travaillait sur des ordinateurs de la taille d'une pièce entière, qui étaient moins puissants qu'une montre connectée aujourd'hui.

  16. Intervenant 2

    C'est exactement ça. Aujourd'hui, la capacité de calcul a connu une croissance vertigineuse. Et ça, c'est le premier point. Le deuxième, c'est l'abondance des données. On produit actuellement plus d'informations numérisées en quelques jours que durant des décennies entières auparavant.

  17. Intervenant 1

    Les fameuses datas, quoi. On laisse des traces numériques partout.

  18. Intervenant 2

    Voilà. Mais, et c'est le troisième point, cette puissance brute et cette montagne de données n'aurait servi à rien sans l'étincelle finale, à savoir l'émergence de nouveaux algorithmes capables de lier ces deux mondes.

  19. Intervenant 1

    Et c'est cette fusion qui a propulsé ce qu'on appelle l'apprentissage automatique sur le devant de la scène, le machine learning en anglais. Mais le terme apprentissage a une connotation très humaine.

  20. Intervenant 2

    Ouais, c'est vrai que ça prête à confusion. Arthur Samuel, un des pionniers, définissait ça comme la capacité d'un ordinateur à apprendre sans être explicitement programmé.

  21. Intervenant 1

    C'est super poétique, mais pour comprendre ce que la machine fabrique réellement avec ses lignes de code, ça manque un peu de rigueur, non ?

  22. Intervenant 2

    Totalement. C'est pour ça que la communauté scientifique préfère aujourd'hui s'appuyer sur la définition mathématique de Tom Michel. Elle est beaucoup plus formelle. En gros, Michel postule qu'un programme apprend d'une expérience qu'il appelle « grand E ».

  23. Intervenant 1

    D'accord, l'expérience E. Et ensuite ?

  24. Intervenant 2

    Ensuite, il y a une classe de tâches qu'ils nomment grand T et une mesure de performance grand P. L'apprentissage est effectif si la performance P sur la tâche T s'améliore à mesure que l'expérience E augmente.

  25. Intervenant 1

    Oh là là, c'est très abstrait tout ça. Si j'essaie de transposer ces variables dans la vie réelle, c'est un peu comme apprendre à faire du vélo en fait.

  26. Intervenant 2

    C'est une excellente analogie. Comment vous voyez ça

  27. Intervenant 1

    Yveline ? La tâche, le grand T, c'est tout simplement de maintenir son équilibre et de rouler. L'expérience, le grand E, ça représente le nombre de fois où l'on essaie de pédaler, les heures passées sur la

  28. Intervenant 2

    selle. Oui, tout à fait.

  29. Intervenant 1

    Et donc la performance, le fameux P, elle se mesure simplement à la diminution des chutes. Moins on tombe, plus la performance augmente grâce à l'expérience accumulée sur la tâche.

  30. Intervenant 2

    C'est une illustration parfaite. Mais pour un algorithme, cette notion de chute, de tombée du vélo, ça se traduit par une pénalité mathématique, une erreur de calcul qu'il faut absolument réduire.

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