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21 juin 2022 · 11 min

Bertrand Russell, logicien : peut-on croire sans preuves ?

L’épisode part des preuves jugées insuffisantes, examine les arguments religieux, puis suit Russell jusqu’à la frontière entre vérité et émotion.

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  1. Intervenant 1

    Bonjour. C'est vraiment avec beaucoup de chaleur que je souhaite la bienvenue à tous les auditeurs curieux qui nous rejoignent aujourd'hui.

  2. Intervenant 2

    Oui, ravie de vous retrouver pour une nouvelle exploration.

  3. Intervenant 1

    Alors aujourd'hui, on vous propose une plongée approfondie, vraiment fascinante, dans un article intitulé « Quelles raisons de croire ? ». L'objectif, c'est de comprendre comment Bertrand Russell, donc figure tutélaire de la logique et des mathématiques, a appliqué la rigueur scientifique pour décortiquer la croyance religieuse.

  4. Intervenant 2

    Tout à fait. Et pour poser les fondations de cette analyse, l'article reprend une citation de Leibniz que Russell fait sienne, une idée assez percutante.

  5. Intervenant 1

    Ah oui, le fameux paradoxe, c'est ça ?

  6. Intervenant 2

    Exactement. L'idée que, souvent, le croyant préfère la chaleur plutôt que la

  7. Intervenant 1

    lumière. C'est une image puissante ?

  8. Intervenant 2

    Oui, très. Et il faut préciser d'emblée que le but de Russell ici, ce n'est pas de juger avec mépris, mais plutôt de disséquer, de comprendre avec une approche purement logique ce qui pousse l'humanité vers l'irrationnel.

  9. Intervenant 1

    Vers la chaleur réconfortante du dogme donc. Bon, décortiquons un peu tout ça. Si la foi défie la raison, comment un logicien pur et dur aborde-t-il la question de Dieu ?

  10. Intervenant 2

    Eh bien, pour lui, c'est littéralement le tribunal de la rationalité. Il y a d'ailleurs cette fameuse anecdote.

  11. Intervenant 1

    Oh oui, la réponse de Russell s'il devait rencontrer Dieu après sa mort. C'est génial ! Il aurait dit un truc du genre « Dieu, l'épreuve que tu nous as donnée était insuffisante ».

  12. Intervenant 2

    C'est exactement ça. C'est de l'impertinence intellectuelle pure. Pour lui, si Dieu existe et nous a dotés de la raison, exiger qu'on croit sans preuves solides, c'est presque une insulte à cette même raison.

  13. Intervenant 1

    Donc pour Russell, Dieu aurait commis une sorte de faute logique.

  14. Intervenant 2

    Absolument. Et cette opposition, il la théorise très bien dans son ouvrage « Science et religion » en 1935. Il y établit une différence fondamentale entre la rigueur scientifique et le dogme.

  15. Intervenant 1

    C'est-à-dire ?

  16. Intervenant 2

    Au niveau de la certitude.

  17. Intervenant 1

    Voilà. La science, par définition, elle s'assume comme inachevée. Elle est provisoire, elle est... Elle sait qu'elle est incapable de fournir une démonstration finale et absolue de tout.

  18. Intervenant 2

    Ouais, elle avance par essais-erreurs, en fait.

  19. Intervenant 1

    C'est ça.

  20. Intervenant 2

    Alors qu'à l'inverse, le dogme religieux, lui, prétend incarner une vérité éternelle. Une vérité absolue qui ne souffre d'aucune remise en question.

  21. Intervenant 1

    D'accord. Donc on a d'un côté un système qui accepte le doute, et de l'autre un système qui le bannit. Et c'est là que l'esprit mathématique de Russell entre en jeu, pour attaquer les fameuses preuves de l'existence de Dieu.

  22. Intervenant 2

    Oui, et notamment la plus connue, ce qu'on appelle l'argument de la cause première.

  23. Intervenant 1

    Ah, j'adore ce passage de l'article. C'est le moment de vulgariser un peu cette fameuse démonstration sur la contingence et la nécessité. Parce que, en gros, l'argument religieux dit, tout est fait à une cause, donc l'univers doit avoir une cause première, et cette cause, c'est Dieu.

  24. Intervenant 2

    C'est le raisonnement classique, oui.

  25. Intervenant 1

    Sauf que Russell utilise une analogie géniale pour démonter ça. Il reprend ce vieux mythe hindou.

  26. Intervenant 2

    Oui, l'histoire de l'univers qui repose sur des piliers improbables.

  27. Intervenant 1

    Exactement. Le mythe raconte que le monde repose sur le dos d'éléphants géants. Et quand on demande sur quoi reposent les éléphants, on répond très sérieusement qu'ils reposent sur une tortue cosmique géante.

  28. Intervenant 2

    Ce qui amène inévitablement la question suivante.

  29. Intervenant 1

    Mais sur quoi repose la tortue ? C'est un cercle vicieux mathématique.

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