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5 sept. 2017 · 18 min

Puzzles de dissection : où passe l’aire manquante ?

Dans cet épisode audio, suivez le réassemblage des pièces, puis découvrez pourquoi le carré apparent cache deux octogones, l’un concave, l’autre convexe.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente et bienvenue à toutes les personnes qui nous écoutent pour cette nouvelle plongée.

  2. Intervenant 2

    Salut Sam, je suis vraiment ravie d'être là pour décortiquer ce sujet avec toi.

  3. Intervenant 1

    Ouais, et aujourd'hui, on attaque un truc qui fait littéralement faire des nœuds au cerveau. Imagine un peu la scène. On prend une planche de bois parfaitement carrée.

  4. Intervenant 2

    D'accord.

  5. Intervenant 1

    Et on la découpe en plusieurs morceaux, disons huit ou neuf pièces.

  6. Intervenant 2

    Jusque là, tout va bien. C'est un puzzle classique.

  7. Intervenant 1

    Voilà. Ensuite, on mélange toutes ces pièces sur la table et on les réassemble pour reformer notre carré initial. Seulement, le carré final a exactement les mêmes dimensions extérieures qu'au début, mais en plein centre, il y a un trou béant.

  8. Intervenant 2

    Un vide absolu.

  9. Intervenant 1

    Ouais, un espace vide. La matière a littéralement disparu sous nos yeux alors qu'aucune pièce n'est tombée par terre quoi. Et le pire, c'est que tout ça se passe au grand jour, sans aucun trucage vidéo.

  10. Intervenant 2

    C'est typiquement le genre d'expérience qui provoque un véritable court-circuit cérébral en fait.

  11. Intervenant 1

    Mais carrément !

  12. Intervenant 2

    Bah oui, parce que la logique fondamentale de notre rapport au monde physique, elle crie à l'impossibilité. On sait très bien que la matière elle s'évapore pas spontanément.

  13. Intervenant 1

    Et c'est précisément l'objet de notre exploration en profondeur aujourd'hui. On se base sur un article fascinant qui s'intitule « Paradoxe dans le monde des découpages ». L'idée, c'est de comprendre comment de vulgaires morceaux de carton ou de bois peuvent complètement pirater notre perception visuelle.

  14. Intervenant 2

    C'est ça, on planche dans un domaine où les mathématiques abandonnent un peu leur costume austère, tu sais. Les longues équations sur un tableau

  15. Intervenant 1

    noir. Ouais, pour devenir presque de la magie.

  16. Intervenant 2

    Exactement. Et ce qui mérite d'être souligné d'emblée, c'est vraiment la dimension historique de ces pratiques. Parce que c'est pas nouveau. Ah

  17. Intervenant 1

    non ?

  18. Intervenant 2

    Non. Depuis le XVIIIe siècle, ce qu'on appelle les puzzles d'équidécomposition...

  19. Intervenant 1

    Attends, équidécomposition ?

  20. Intervenant 2

    Ouais, c'est l'art de découper une forme pour en recomposer une autre avec exactement les mêmes éléments. Eh ben ça, ça passionne les mathématiciens depuis des

  21. Intervenant 1

    lustres. D'accord, donc c'est pas juste un tour de passe-passe moderne pour faire le buzz.

  22. Intervenant 2

    Pas du tout. Historiquement, ces objets ont été pensés comme de véritables outils pédagogiques en fait. Ils sont basés sur la contre-intuitivité pour forcer l'esprit à affronter ses propres failles de raisonnement.

  23. Intervenant 1

    Bon, il faut absolument qu'on décortique ça. Comment est-ce que quelques bouts de carton géométriques arrivent à créer de tels blocages mentaux ? Parce que quand on pose ces puzzles sur une table, ils n'ont pas l'air bien méchants quoi.

  24. Intervenant 2

    C'est vrai, ils ont l'air très inoffensifs. On compte 3, 4, peut-être 8 pièces à tout casser. Ça donne vraiment l'impression d'un jeu pour enfants de 5 ans.

  25. Intervenant 1

    Eh bien, cette apparente simplicité, c'est précisément le point d'entrée du piège. La théorie psychologique derrière ces puzzles, elle repose sur nos heuristiques.

  26. Intervenant 2

    Nos heuristiques, c'est-à-dire nos raccourcis mentaux, c'est ça ?

  27. Intervenant 1

    Exactement. Le cerveau, c'est un organe qui est extrêmement gourmand en énergie, donc il cherche toujours à optimiser.

  28. Intervenant 2

    Logique, il ne veut pas surchauffer pour rien. Voilà. Et face à un problème avec très peu de variables, par exemple quatre pauvres pièces à assembler, le cerveau bascule direct en mode automatique. Il se dit genre le nombre de combinaisons est faible, la solution doit être triviale, il n'y a pas besoin d'analyser en profondeur.

  29. Intervenant 1

    Donc en gros, plus le truc a l'air simple, plus on baisse notre garde électuelle.

  30. Intervenant 2

    C'est tout à fait ça. On s'enferme dans des schémas préconçus.

  31. Intervenant 1

    Ah mais ça me rappelle un concept tristement célèbre en design, ça. Les fameuses portes de Norman, tu connais ? Du nom du chercheur Don Norman.

  32. Intervenant 2

    Ah oui, les portes impossibles à ouvrir du premier

  33. Intervenant 1

    coup. C'est ça. On se retrouve face à une porte avec une énorme poignée verticale en métal, un truc bien lisse, très ergonomique. Physiquement, le design entier de la porte invite ta main à la gripper, à tirer.

  34. Intervenant 2

    Ouais, le geste est super naturel.

  35. Intervenant 1

    Sauf que juste au-dessus de cette belle poignée, il y a une petite plaque gravée qui dit « pousser ». Et là, paf, le cerveau bloque pendant une seconde entière.

  36. Intervenant 2

    Il y a un gros bug dans la matrice.

  37. Intervenant 1

    C'est exactement ça. Le corps s'emmêle parce qu'il y a un conflit direct entre ce que l'œil interprète intuitivement « il faut tirer » et la réalité physique de l'action requise par le texte.

  38. Intervenant 2

    Ton analogie est parfaite en fait. En design, on appelle ça une affordance trompeuse. Et les créateurs de casse-têtes géométriques utilisent exactement le même levier.

  39. Intervenant 1

    Ils nous mettent de fausses poignées sur les pieds géométriques.

  40. Intervenant 2

    D'une certaine manière, oui. En présentant des formes qui nous sont familières, genre des triangles ou des trapèzes avec des angles qui ont l'air standard, ils suggèrent une évidence d'assemblage qui est mathématiquement fausse.

  41. Intervenant 1

    Ah ouais, d'accord. Le cerveau se dit « ce côté va avec ce côté », mais en fait, non.

  42. Intervenant 2

    C'est ce que la littérature appelle « la violation de l'attente ». Le but de ces créateurs, c'est pas de générer de la frustration juste pour être méchant. C'est de provoquer une disjonction cognitive.

  43. Intervenant 1

    Une disjonction ? Forcer le cerveau à dérailler pour prendre un autre chemin.

  44. Intervenant 2

    Voilà. Pour avancer, la personne qui manipule les pièces est forcée d'abandonner ses réflexes conditionnés. Elle doit arrêter de voir ce qu'elle croit qui est devant elle pour analyser la forme pour ce qu'elle est réellement.

  45. Intervenant 1

    Mais si on arrive à piéger le cerveau en jouant sur ses attentes, comment on construit ça physiquement ?

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