
9 févr. 2022 · 14 min
Du diamètre terrestre aux planètes : l’échelle des distances
Cet épisode suit, échelon après échelon, les observations et calculs qui ont permis de passer du diamètre terrestre aux distances des planètes.
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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Imaginons une seconde rater l'emplacement exact de notre propre Soleil.
Intervenant 2
Ouais, de plus de 100 millions de kilomètres.
Intervenant 1
Exactement, et remettre en question toute la place de la Terre dans l'univers. Tout cela à cause d'une minuscule erreur de lecture d'un angle, genre de juste trois petits degrés.
Intervenant 2
C'est assez vertigineux quand on y pense.
Intervenant 1
Ah mais c'est fou ! Donc aujourd'hui, on s'attaque à un défi monumental dans notre grande exploration audio du jour. Comment est-ce que l'humanité a fait pour mesurer l'immensité de l'univers sans aucun outil moderne ?
Intervenant 2
Bah oui, parce qu'il n'y avait pas de maître ruban géant quoi.
Intervenant 1
Pas de laser, pas de satellite, simplement l'intellect humain, un bout de bois planté dans le sable et une maîtrise absolue de la géométrie pure.
Intervenant 2
Tout à fait. Et le cœur mathématique de cette enquête millénaire, ça repose sur un concept très précis, ce qu'on appelle l'échelle des distances cosmiques.
Intervenant 1
L'échelle des distances.
Intervenant 2
Voilà. En fait, l'univers est beaucoup trop vaste pour être appréhendé d'un seul coup. C'est impossible d'avoir une seule équation miracle.
Intervenant 1
Ouais, c'est sûr.
Intervenant 2
Du coup, il faut procéder par étapes, de proche en proche. Pour atteindre un barreau éloigné sur cette fameuse échelle, comme la distance d'une planète voisine par exemple, on a l'obligation mathématique de s'appuyer sur le barreau précédent.
Intervenant 1
Donc une distance plus courte qu'on a déjà solidement calculée, c'est ça ?
Intervenant 2
Exactement. C'est vraiment un principe de calibration en cascade.
Intervenant 1
Mais du coup, ça implique un risque énorme, non ? Parce que si le premier barreau est fragile ou si le calcul initial a une petite marge d'erreur,
Intervenant 2
L'erreur ne va pas juste se transmettre, elle va se multiplier de manière exponentielle à mesure qu'on grimpe l'échelle. C'est le grand danger.
Intervenant 1
Et logiquement, avant même de lever les yeux vers le ciel, le tout premier barreau à sécuriser, c'est notre propre vaisseau spatial, la Terre.
Intervenant 2
Ce qui nous ramène direct à l'Antiquité. Et là, il faut vraiment dissiper un mythe persistant.
Intervenant 1
Lequel ?
Intervenant 2
L'idée que les anciens pensaient que la Terre était plate. C'est totalement faux. Ah oui, c'est une grosse idée reçue, ça. Complètement. Les premières mentions de la rotondité de la planète, on les trouve dans des textes sacrés hindous, comme le Rig Veda. On parle d'environ 1500 ans avant notre ère.
Intervenant 1
Wow.
Intervenant 2
Et sur le plan purement observationnel, on a Aristote, au IVe siècle avant notre ère, qui en fournit une démonstration géométrique, implacable, juste en observant les éclipses lunaires.
Intervenant 1
Bon, décortiquons un peu tout ça, parce que c'est génial. En gros, la forme de l'ombre de la Terre projetée sur la Lune, c'est toujours un arc de cercle parfait.
Intervenant 2
Ouais, quelle que soit l'heure ou l'orientation de la Terre d'ailleurs. C'est ça.
Intervenant 1
Or, le seul objet en trois dimensions capable de projeter une ombre circulaire sous absolument tous les angles possibles,
Intervenant 2
c'est une sphère.
Intervenant 1
Exactement. Un disque plat, s'il était éclairé de biais, ça projetterait une ligne ou une ellipse. Donc, la forme s'est validée. Mais la vraie question, c'est comment on passe de l'idée de la sphère à sa taille exacte ?
Intervenant 2
Et c'est là qu'intervient l'expérience brillante d'Érastostène vers 276 avant notre ère. Franchement, c'est un triomphe de l'abstraction géométrique.
Intervenant 1
Carrément.
Intervenant 2
En fait, il entend parler d'un puits situé à Syène. C'est une ville du sud de l'Égypte antique. Et ce puits a une particularité incroyable. Au moment précis du midi solaire, le jour du solstice d'été, le fond est entièrement illuminé.
Intervenant 1
Zéro zone d'ombre sur les parois donc ?
Intervenant 2
Voilà. Ça signifie que les rayons du soleil tombent à la verticale absolue, le soleil est rigoureusement au zénith.
Intervenant 1
D'accord. Mais Aratostène, lui, il est à Alexandrie, c'est ça ?
Intervenant 2
Ouais, beaucoup plus au nord. Et ce même jour du solstice, à midi pile, il plante un gnomon, donc un simple bâton bien vertical, et il observe une ombre.
Intervenant 1
Donc le Soleil n'est pas au zénith Alexandrie.
Intervenant 2
C'est ça. Il mesure l'angle de cette petite ombre et il trouve environ 7 degrés. Et là, pour que le calcul fonctionne, il pose un postulat génial sur la lumière.
Intervenant 1
Oui, il part du principe que le Soleil est tellement loin que tous les rayons qui frappent la Terre sont strictement parallèles entre eux. C'est ça.
Intervenant 2
Exactement. Et là, on applique la géométrie euclidienne pure. Si on prolonge le bâton d'Alexandrie par une ligne droite jusqu'au centre de la Terre, cette ligne devient une sécante. Elle coupe les deux droites parallèles formées par les rayons solaires.
Intervenant 1
Ah, le fameux théorème des angles alternes internes ?
Intervenant 2
Et oui, on y revient. C'est
Intervenant 1
magnifique. Du coup, l'angle mesuré à la surface, les fameux 7 degrés, c'est exactement l'angle formé au centre de la Terre entre Sienne et Alexandrie. De simples ombres et un bout de bois, ça suffit pour mesurer une planète entière.
Intervenant 2
C'est d'une élégance rare. Après, il restait juste à connaître la distance entre les deux villes. Eratosthène utilise la valeur de 5000 stades.
Intervenant 1
Et vu qu'un cercle complet fait 360 degrés... Voilà, et que 7 degrés...
Intervenant 2
C'est à peu près un cinquantième de 360. Il suffit de multiplier les 5000 stades par 50.
Intervenant 1
Ce qui donne 250 000 stades.
Intervenant 2
Ouais. Et selon les estimations historiques du stade, ça nous donne un rayon terrestre d'environ 6500 km.
Intervenant 1
Ce qui est incroyablement proche des 6371 km réels. Mais attends, il y a quand même des énormes angles morts dans sa méthode, non ?
Intervenant 2
Ah bah c'est sûr.
Intervenant 1
Parce que pour que la règle de proportionnalité soit parfaite, il faut que Sienne et Alexandrie soient sur la même ligne de longitude. Et comment ils mesuraient 5000 stades sur un terrain accidenté ?
Intervenant 2
C'est vrai que là on touche un peu aux limites de l'expérience de l'époque. Sienne et Alexandrie ne sont pas tout à fait alignés, il y a un léger décalage vers l'ouest. Et pour la distance, ils comptaient sur le temps de trajet des caravanes de chameaux ou sur des bématistes.
Intervenant 1
Des arpenteurs professionnels, c'est ça ?
Intervenant 2
Oui, des gars entraînés à faire des pas d'une longueur parfaitement régulière. Ces approximations auraient pu tout fausser, mais par une chance inouïe, les petites erreurs se sont compensées mutuellement.
Intervenant 1
C'est fou ! Bon, on a notre premier barreau. La Terre est mesurée. Maintenant, on peut grimper sur cette échelle et viser la Lune. Et c'est Harry Stark de Samos, vers 270 avant notre ère, qui s'y colle.
Intervenant 2
Ouais, Harry Stark reprend le rayon terrestre d'Eratosthène. Et lui aussi, il se penche sur les éclipses lunaires.
Intervenant 1
Alors, la source explique qu'il utilise le temps. Il observe qu'une éclipse lunaire dure au maximum trois heures. Mais chronométrer un phénomène cosmique à cette époque, c'est un cauchemar technique, non ?
Intervenant 2
C'était un défi colossal, oui. Ils utilisaient des clepsydres, des horloges à eau, mais le problème de la dynamique des fluides, c'est que plus le récipient se vide, moins il y a de pression au fond.
Intervenant 1
Donc le débit ralentit.
Intervenant 2
Exactement. Le temps n'est pas mesuré de façon linéaire, mais malgré ça, il arrive à évaluer la traversée de l'ombre à environ trois heures. Ce qui est absolument fascinant ici, c'est la façon dont il déduit la taille de cette ombre.
Intervenant 1
Oui, parce qu'il pose encore une hypothèse qui simplifie tout.
Intervenant 2
Voilà. En reprenant l'idée des rayons parallèles, il présume que l'ombre de la Terre forme un cylindre parfait dans l'espace. Un cylindre qui a exactement le diamètre de notre planète.
Intervenant 1
Ah, d'accord. Donc, si on suit sa logique, la Lune parcourt une distance stricte d'un diamètre terrestre en 3 heures, c'est ça ?
Intervenant 2
C'est tout à fait ça. On est dans une pure logique de proportionnalité. S'il lui faut 3 heures pour un diamètre terrestre et qu'elle met 27 jours pour faire le tour complet de la Terre,
Intervenant 1
On convertit les jours en heures, on divise par 3 et on trouve 216 diamètres terrestres pour son orbite totale.
Intervenant 2
Exactement. Et avec la géométrie du cercle, on divise par Pi, ce qui donne un diamètre d'orbite de 70 diamètres terrestres, ce qui place la Lune à environ 450 000 kilomètres.
Intervenant 1
Pour une vraie valeur de 380 000 km. Franchement, c'est un excellent ordre de grandeur.
Intervenant 2
Ouais, même s'il y a une erreur notable.
Intervenant 1
Et ça vient de son histoire d'ombre en forme de cylindre, on est d'accord. Parce que le Soleil n'est pas un petit point lumineux.
Intervenant 2
Exactement. C'est une source de lumière sphérique et géante. L'optique nous dit qu'une source plus grande que l'objet occultant, ça génère pas un cylindre, mais un cône d'ombre qui se rétrécit.
Intervenant 1
Ah, donc l'ombre que traverse la Lune est en fait plus étroite qu'un diamètre terrestre.
Intervenant 2
Voilà, Harry Stark a surestimé la largeur de la piste, ce qui a faussé son estimation.
Intervenant 1
Mais le génie mathématique reste là. La Lune est conquise. Et galvanisé par ce succès, Harry Stark s'attaque au patron du système solaire, l'héli, le Soleil.
Intervenant 2
Et c'est là que ça devient vraiment intéressant.
Intervenant 1
Et très cruel pour lui, d'un point de vue mathématique.
Intervenant 2
La fameuse cruauté de la trigonométrie.
Intervenant 1
Ouais, c'est exactement ça. En fait, Harry Stark cherche un moment où la Terre, la Lune et le Soleil forment une configuration précise. Le demi-quartier de Lune.
Intervenant 2
Quand la Lune est exactement coupée en deux dans le ciel.
Intervenant 1
Voilà. À ce moment précis, la ligne de visée depuis la Terre forme un angle droit parfait avec la ligne Lune-Soleil. On a un immense triangle rectangle dans l'espace. Et grâce à la trigonométrie, si on a un triangle rectangle et qu'on connaît la distance Terre-Lune, il suffit de trouver un seul autre angle pour tout déduire.
Intervenant 2
Exactement ! Donc Harry Stark essaie de mesurer l'angle entre la Lune et le Soleil et il trouve 87 degrés.
Intervenant 1
87 degrés. Et le cosinus de 87 degrés, c'est environ 120. Donc le Soleil serait 20 fois plus loin que la Lune. Ce qui donnait environ 9 millions de kilomètres.
Intervenant 2
Sauf que, il s'est complètement trompé. Mais
Intervenant 1
genre, vraiment trompé. Le véritable angle, c'est 89,85 degrés.
Intervenant 2
Oui. Une petite erreur de moins de 3 degrés, ça a des conséquences cataclysmiques. Bon, l'erreur humaine est super compréhensible. La Lune est couverte de cratères. La ligne d'ombre est hyper floue. Et puis, le Soleil est sous l'horizon quand on regarde la demi-Lune la nuit.
Intervenant 1
C'est clair. Mais le vrai drame, c'est le comportement du cosinus quand il s'approche de 90 degrés. C'est pas du tout une courbe douce. Plus on approche de l'angle droit, plus ça plonge vers zéro, comme une falaise.
Intervenant 2
C'est un gouffre multiplicatif. Passer de 87 à 89,85°, ça fait passer le multiplicateur de 20 à près de 400 ! C'est
Intervenant 1
fou. L'échelle des distances se brise complètement. Le Soleil est en réalité à plus de 150 millions de kilomètres, pas 9 millions.
Intervenant 2
Mais, et c'est une conclusion majeure, cette erreur cache une vraie révolution. Parce que, même avec son erreur, Harry Stark réalise un truc. Si le Soleil est à la même taille apparente que la Lune dans notre ciel, mais qu'il est 20 fois plus loin...
Intervenant 1
Il est 20 fois plus grand physiquement.
Intervenant 2
Exactement. Et si on avait eu les bonnes valeurs, il aurait trouvé qu'il est 400 fois plus grand. Dans les deux cas, le Soleil est un monstre absolu.
Intervenant 1
Et c'est ça qui pousse Harry Stark à douter du géocentrisme, non ? Ça devient illogique de faire tourner une boule de feu ginantesque autour d'un petit caillot comme la Terre.
Intervenant 2
Tout à fait, c'est la première hypothèse héliocentrique. Mais l'erreur sur le Soleil bloque notre échelle. Il faudra attendre Copernic et Kepler pour débloquer la situation, des siècles plus tard.
Intervenant 1
Ah, avec l'unité astronomique.
Intervenant 2
Oui. Copernic comprend qu'il peut calculer les distances relatives des planètes en utilisant leurs angles. Pour Vénus, quand elle est visuellement le plus éloignée du Soleil dans notre ciel, ça crée un triangle rectangle.
Intervenant 1
Et on utilise le sinus pour obtenir le rapport exact entre la distance Soleil-Vénus et Soleil-Terre. C'est magnifique. On a toutes les proportions du système solaire.
Intervenant 2
Ouais, mais il manque toujours l'échelle. On a le plan, mais on ne sait pas si c'est en centimètres ou en kilomètres.
Intervenant 1
D'où l'invention de l'unité astronomique. La distance Terre-Soleil devient 1. Et tout le reste est calculé par rapport à ça. C'est une super pirouette algébrique. Mais comment on a fini par trouver la vraie valeur en kilomètres ?
Intervenant 2
Ça, c'est l'idée géniale d'Edmund Halley, au début du XVIIIe siècle. Il propose d'utiliser le transit de Vénus. Quand Vénus passe exactement devant le Soleil, comme un petit point noir.
Intervenant 1
Ah, la méthode de la parallaxe !
Intervenant 2
Voilà, c'est l'effet d'optique, où un objet semble se déplacer par rapport au fond si on le regarde depuis deux endroits différents. Si on relie cela à la vue d'ensemble, ça va déclencher la première World Cup de la science.
Intervenant 1
Mais carrément !
Intervenant 2
L'événement de 1761, une collaboration mondiale sans précédent.
Intervenant 1
Plus de 120 expéditions, des centaines d'astronomes voyagent partout sur des navires bravant les tempêtes, les guerres. Tout ça pour chronométrer un point noir sur le Soleil depuis différents endroits sur Terre. Parce que selon qu'on est au nord ou au sud, Vénus traverse une portion différente du disque solaire. Ce qui change la durée du transit, c'est bien ça.
Intervenant 2
C'est exactement ça. Mais bon, ils ont été confrontés à un enfer optique, l'effet de la goutte noire. Un halo sombre qui déformait le point de contact, rendant le chronométrage super compliqué.
Intervenant 1
Mais ils ont persisté. En 1769, ils ont affiné les méthodes et cette belle convergence scientifique a payé. C'est Johan Franz Ancke qui finit par compiler tout ça, non ?
Intervenant 2
Oui, il publie un résultat de 153 millions de kilomètres. Ce
Intervenant 1
qui est incroyablement proche des 140 à 150 millions réels. La clé de voûte est enfin posée.
Intervenant 2
Et tous les barreaux de l'échelle trouvent leur vraie valeur en kilomètres instantanément.
Intervenant 1
C'est génial ! Bon, bien sûr, aujourd'hui, on est passé à une autre dimension. On utilise des radars pointés sur le Soleil ou les planètes.
Intervenant 2
Et pour la Lune, c'est encore plus fou. Avec les réflecteurs posés par l'émission Apollo, on tire des lasers depuis la Terre. On connaît la distance au millimètre près. Ce
Intervenant 1
qui a d'ailleurs permis de prouver que la Lune s'éloigne de nous d'environ 4 cm par an. Alors, au bout du compte, qu'est-ce que tout seul signifie ?
Intervenant 2
Ça montre que la rigueur de la géométrie est vraiment le langage fondamental de l'univers. Ça valide l'ingéniosité incroyable des anciens, tout en montrant la précision féroce des maths. Une erreur de 3 degrés et ta vision du cosmos bascule.
Intervenant 1
C'est clair. Au passage, ce texte fascinant qui a inspiré notre discussion d'aujourd'hui a remporté le prix Tangente du meilleur article en 2021. Ouais,
Intervenant 2
un prix très mérité. Et ça me donne d'ailleurs une réflexion vertigineuse pour clore tout ça.
Intervenant 1
Vas-y, dis-nous.
Intervenant 2
On sourit aujourd'hui en imaginant les bâtons plantés par Eratosthène ou l'erreur de Cosinus d'Aristarque. Mais imaginez un instant. Quels sont les outils que nous utilisons avec fierté aujourd'hui pour sonder le cosmos et qui feront gentiment sourire les astronomes dans 2000 ans ? Tout en forçant leur respect pour notre ingéniosité, bien sûr.
Intervenant 1
Oh waouh ! C'est une excellente question, ça. Ça permet de garder l'humilité nécessaire à toute démarche scientifique. Merci beaucoup de nous avoir accompagnés sur cette échelle des distances vertigineuses et à très bientôt pour une nouvelle plongée analytique dans l'inconnu de la science et des mathématiques.
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