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29 mars 2017 · 15 min

Préférences cohérentes, choix collectif incohérent ?

Dans cet épisode audio, suivez le passage des préférences individuelles au paradoxe de Condorcet, puis à l’aide pratique apportée par Electre.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue à toutes les personnes à l'écoute dans le podcast du magazine Tangente.

  2. Intervenant 2

    Bonjour tout le monde !

  3. Intervenant 1

    Et on est vraiment ravis de vous retrouver pour cette nouvelle plongée dans nos sources. Aujourd'hui, on va décortiquer un truc qu'on fait tous les jours.

  4. Intervenant 2

    Prendre des décisions.

  5. Intervenant 1

    Ouais, voilà. Mais attention, pas n'importe comment, on va parler de la modélisation des préférences.

  6. Intervenant 2

    C'est un sujet tellement central, enfin je veux dire, ça touche autant aux mathématiques pures qu'à la sociologie.

  7. Intervenant 1

    Totalement. En gros, notre mission aujourd'hui, c'est d'essayer de comprendre comment les maths tentent de traduire la fameuse volonté générale, sans pour autant écraser les envies individuelles.

  8. Intervenant 2

    Et spoiler, on va vite voir que la démocratie parfaite, d'un point de vue purement logique, c'est un véritable casse-tête.

  9. Intervenant 1

    C'est clairement une équation presque impossible à résoudre. Mais bon, décortiquons ça.

  10. Intervenant 2

    Je suis prête. Par où on commence ?

  11. Intervenant 1

    Faut d'abord regarder l'individu, non ? Avant de comprendre un groupe, faut comprendre comment un seul cerveau fait un choix.

  12. Intervenant 2

    Exactement. Et c'est loin d'être simple. Quand on fait un choix, consciemment ou pas, on se base toujours sur un ensemble d'actions potentielles.

  13. Intervenant 1

    Genre une liste de trucs.

  14. Intervenant 2

    C'est ça. Ça peut être les candidats à une élection, les modèles de voitures chez un concessionnaire, ou juste les variétés de pommes sur le marché.

  15. Intervenant 1

    Prenons le marché. C'est une super analogie. Je suis devant l'étalage, je vais pas choisir au pif.

  16. Intervenant 2

    Non, tu vas utiliser un critère.

  17. Intervenant 1

    Voilà. Disons que mon critère absolu, c'est le prix. J'ai un budget serré, je veux la pomme la moins chère.

  18. Intervenant 2

    D'accord. Donc tu prends deux pommes, disons une rouge et une verte.

  19. Intervenant 1

    Ouais.

  20. Intervenant 2

    Ton cerveau, face à ce critère de prix, il va produire seulement trois réactions possibles.

  21. Intervenant 1

    Pas une de plus.

  22. Intervenant 2

    Non, c'est la fondation même de la théorie du choix. La première réaction, c'est la préférence stricte.

  23. Intervenant 1

    En gros, la pomme rouge est clairement moins chère que la verte.

  24. Intervenant 2

    Voilà, le choix s'impose de lui-même. C'est la relation M en mathématiques.

  25. Intervenant 1

    Ok, ça c'est facile. Et la deuxième ?

  26. Intervenant 2

    C'est l'indifférence, la relation I.

  27. Intervenant 1

    Donc là, les deux pommes coûtent le même prix.

  28. Intervenant 2

    Tout à fait. Ton critère est satisfait de la même manière dans les deux cas.

  29. Intervenant 1

    Je m'en fiche de laquelle je prends, quoi.

  30. Intervenant 2

    Exactement. Mais c'est la troisième situation qui est beaucoup plus subtile et souvent ignorée.

  31. Intervenant 1

    Ah bon ? C'est quoi ?

  32. Intervenant 2

    L'incomparabilité, la relation N.

  33. Intervenant 1

    Attends, l'incomparabilité. Mais si mon critère c'est le prix, je peux toujours comparer deux étiquettes.

  34. Intervenant 2

    Si on se limite à deux étiquettes claires, ouais. Mais imaginons que la pomme verte n'est pas d'étiquette. Ou pire, le vendeur te propose d'échanger la pomme rouge contre un service, genre réparer ton vélo.

  35. Intervenant 1

    Ah ouais, là mon critère du prix au kilo il sert plus à rien du tout.

  36. Intervenant 2

    C'est ça, t'es pas indifférent parce que c'est pas équivalent. Tu te retrouves juste dans l'impossibilité de les évaluer sur la même échelle.

  37. Intervenant 1

    Ok, je comprends. Donc, je préfère, je suis indifférent ou je ne peux pas comparer.

  38. Intervenant 2

    C'est l'idée. Et nos sources insistaient bien sur le fait que ces jugements obéissent à des règles mathématiques très strictes.

  39. Intervenant 1

    Genre la transitivité ?

  40. Intervenant 2

    Oui, c'est vraiment la signature d'un esprit rationnel.

  41. Intervenant 1

    Donc, pour faire simple, si je préfère la rouge à la verte et que je préfère la verte à la jaune, logiquement, je dois préférer la rouge à la jaune.

  42. Intervenant 2

    Exactement. Si tu dis l'inverse, ton raisonnement n'a plus aucun sens logique.

  43. Intervenant 1

    Et

  44. Intervenant 2

    pour l'indifférence, c'est pareil mais c'est symétrique. Si la rouge vaut la verte, la verte vaut la rouge. Et tous ces états, la préférence, l'indifférence, l'incomparabilité, ce sont des cases étanches.

  45. Intervenant 1

    Donc une décision va dans une seule case.

  46. Intervenant 2

    Voilà. Et tout ça mis ensemble, c'est ce que les mathématiciens appellent une structure de préférence.

  47. Intervenant 1

    Ok, donc l'individu est logique, c'est propre, c'est

  48. Intervenant 2

    carré.

  49. Intervenant 1

    Mais bon, on vit rarement seul, qu'est-ce qui se passe quand on passe d'un décideur unique à un groupe ?

  50. Intervenant 2

    Ah, c'est là que les ennuis commencent.

  51. Intervenant 1

    Mais naïvement, on se dit qu'il suffit de demander à chacun de classer ses choix, on additionne les points et paf, on a la volonté générale. Non.

  52. Intervenant 2

    Ben on pense ça parce que c'est ce qu'on fait tout le temps pour nos élections.

  53. Intervenant 1

    Ben oui.

  54. Intervenant 2

    Mais en réalité, cette logique d'addition fonctionne à une seule condition.

  55. Intervenant 1

    À laquelle ?

  56. Intervenant 2

    Qu'il n'y ait que deux options sur la table.

  57. Intervenant 1

    Seulement

  58. Intervenant 2

    deux. Oui, si on vote pour ou contre une loi, ou au second tour d'une présidentielle entre deux candidats, ça tient la route.

  59. Intervenant 1

    L'option qui a le plus de voix gagne, tout le monde est content. Enfin, mathématiquement parlant.

  60. Intervenant 2

    C'est ça, le groupe reste cohérent. Mais dès qu'on dépasse un certain seuil, le système s'effondre.

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