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14 avr. 2021 · 6 min

NFT et blockchain : derrière l’œuvre à 69 millions

Dans cet épisode audio, partez de la vente de Beeple à 69 millions de dollars, puis découvrez le rôle de la blockchain et des jetons non fongibles.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue à l'écoute du podcast du magazine Tangente. Imaginez dépenser 69 millions de dollars pour une image que n'importe qui peut télécharger gratuitement sur Internet en faisant un simple clic droit. Ça paraît complètement fou, non ?

  2. Intervenant 2

    C'est sûr que vu de l'extérieur, c'est difficile à concevoir.

  3. Intervenant 1

    Et c'est pourtant ce qui s'est passé le 11 mars avec l'œuvre numérique Every Days, the first 5000 days, de l'artiste américain Beeple. Et en fait, tout ça repose sur une architecture mathématique qu'on associe généralement au cliché des traders en crypto-monnaies. Je parle bien sûr de la blockchain ou la chaîne de blocs.

  4. Intervenant 2

    C'est vrai qu'on résume souvent la blockchain au bitcoin ou à la pure spéculation financière. Mais si on gratte un peu ce vernis, on découvre un mécanisme d'une rigueur mathématique qui est vraiment fascinante. Ce n'est pas juste un registre numérique de plus posé sur un serveur quelconque.

  5. Intervenant 1

    Que ce registre précis fonctionne et surtout qu'il est infalsifiable.

  6. Intervenant 2

    Alors, imaginez une immense salle qui contiendrait des milliers de notaires. À chaque fois qu'une transaction a lieu, tous ces notaires doivent l'examiner, vérifier sa validité selon une règle cryptographique stricte.

  7. Intervenant 1

    D'accord. Et ils font ça tous en même temps ?

  8. Intervenant 2

    Exactement. Ils l'inscrivent exactement au même instant dans leur propre registre individuel. Du coup, si quelqu'un essaie de modifier frauduleusement une ligne sur l'un des registres, les milliers d'autres notaires vont immédiatement rejeter l'information parce qu'elle ne correspond plus à la majorité.

  9. Intervenant 1

    Ah je vois, c'est ça, la blockchain. La sécurité n'est pas assurée par un chef suprême, mais par le consensus simultané et décentralisé de tout le réseau.

  10. Intervenant 2

    Voilà, c'est le réseau qui fait foi. Ce réseau de notaires virtuels ne dépend d'aucune institution centrale.

  11. Intervenant 1

    D'accord, la froide devient donc mathématiquement impossible puisqu'il faudrait pirater la majorité de ses notaires à la seconde près. Mais si le système est si robuste, pourquoi on le limite à des pièces virtuelles ? On pourrait théoriquement s'en servir pour prouver qu'on possède des biens physiques, non ?

  12. Intervenant 2

    Absolument. Et c'est même l'une de ses applications les plus puissantes, bien comme est connue. Par exemple, dans certains pays qui sont dépourvus de cadastres fiables, l'État n'arrive pas à garantir qui possède quel terrain. Ah oui, ce qui crée des conflits de propriétés sans fin. Exactement. Et là, blockchain prend alors le relais pour certifier l'identité des propriétaires fonciers. En gros, ce fameux réseau pallie directement l'absence ou la défaillance des institutions.

  13. Intervenant 1

    C'est faux quand on y pense. Donc on utilise une technologie pensée à l'origine pour l'argent d'Internet afin de certifier un lopin de terre bien réel. La logique se tient parfaitement. Mais du coup, comment on explique le saut vers l'art numérique ? Parce qu'une toile physique, un expert peut analyser ses pigments pour prouver son authenticité. Mais une image sur un écran, par nature, ça n'a aucune matérialité.

  14. Intervenant 2

    C'est là qu'il faut bien comprendre une chose. La blockchain n'intervient pas pour empêcher la duplication du fichier. Le fameux copier-coller existera toujours. Ouais,

  15. Intervenant 1

    on pourra toujours faire une capture d'écran.

  16. Intervenant 2

    C'est ça. L'algorithme va plutôt générer un certificat de propriété unique et incorruptible qui est rattaché à l'œuvre. Et d'ailleurs, dans certains cas, les données mêmes de l'œuvre numérique sont carrément inscrites de façon permanente dans la chaîne de blocs.

  17. Intervenant 1

    Attends, ça veut dire que des milliers de personnes peuvent avoir la copie exacte de l'œuvre de Beeple en fond d'écran, mais que la mathématique du réseau prouve publiquement qu'il n'y a qu'un seul et unique propriétaire officiel ?

  18. Intervenant 2

    Tout à fait. C'est exactement ce qui s'est passé pour la transaction historique de Beeple. Elle a été réalisée via ce mécanisme qu'on appelle un NFT.

  19. Intervenant 1

    Le fameux NFT pour Non-Fungible Token ou jetons non-fongibles en français ?

  20. Intervenant 2

    Exactement. Un concept qui a été pensé en 2017 par le développeur Dieter Shirley.

  21. Intervenant 1

    Alors, ce terme de fongibilité, on le jette souvent dans la conversation sans vraies explications. Si on veut comprendre comment on en arrive à un jeton qui vaut 69 millions, il faut décrypter ça. La fongibilité, en économie, c'est l'interchangeabilité parfaite. C'est bien ça, Sam ?

  22. Intervenant 2

    Oui, c'est exactement ça. Prenons l'euro, par exemple. Une pièce d'un euro est totalement interchangeable avec n'importe quelle autre pièce d'un euro. Leur valeur est strictement identique.

  23. Intervenant 1

    D'accord.

  24. Intervenant 2

    Et le protocole du bitcoin est pensé pour être fongible de cette manière, même si techniquement on peut tracer les échanges. En revanche, un jeton non fongible se voit attribuer, par le col lui-même, un identifiant cryptographique unique.

  25. Intervenant 1

    Ah, donc il ne peut être ni divisé, ni échangé contre un autre jetant équivalent.

  26. Intervenant 2

    C'est ça, puisqu'il n'a tout simplement pas d'équivalent.

  27. Intervenant 1

    C'est ce paradoxe technologique que je trouve vraiment fascinant. En fait, on utilise exactement la même architecture informatique que pour les crypto-monnaies, mais on inverse délibérément la règle mathématique d'interchangeabilité. La technologie sert ici à fabriquer une rareté artificielle absolue et ce, dans un environnement numérique où, jusqu'à présent, la duplication gratuite, c'était la règle absolue.

  28. Intervenant 2

    C'est une révolution conceptuelle. On est littéralement passé d'un outil conçu pour fluidifier des échanges financiers anonymes à une machine capable de garantir l'unicité et l'authenticité de n'importe quel fichier.

  29. Intervenant 1

    Le chemin parcourait quand même saisissant. On part d'un système de monnaie qui remplace les cadastres fonciers pour arriver à cette trouvaille de Diotter-Chirley en 2017 qui rend une simple image numérique unique au monde.

  30. Intervenant 2

    Et ce basculement pose d'ailleurs une question majeure sur les limites du système lui-même. Sachant que la blockchain permet de rendre n'importe quelle donnée numérique unique de façon irréfutable, jusqu'où on peut aller ?

  31. Intervenant 1

    Eh bien, on pourrait aller bien plus loin que l'art. Si un code mathématique certifie une image, il pourrait demain encapsuler l'identité numérique d'un humain, sécuriser un dossier médical complet ou même certifier des compétences professionnelles dans un jeton inaltérable. C'est une réflexion assez vertigineuse à garder en tête face à l'émergence de ce grand cadastre invisible. Un immense merci d'avoir partagé ce moment de réflexion mathématique aujourd'hui et à très bientôt pour une nouvelle plongée dans l'univers de Tangentine.

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