
13 oct. 2023 · 20 min
Pourquoi une matrice peut-elle avoir une infinité de racines ?
Dans cet épisode, suivez les étapes qui font surgir une infinité de racines carrées pour la matrice identité, avant leur retour à deux.
Collections de cet épisode (8)
Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
Transcription
Afficher la transcriptionMasquer la transcription
Transcription automatique
Intervenant 1
Bienvenue dans cette nouvelle exploration, le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on va s'attaquer à un concept que tout le monde pense connaître par cœur.
Intervenant 2
Oh, je sens qu'on va parler d'un de ces grands classiques qu'on apprend à l'école,
Intervenant 1
non ? Exactement. Prenons le chiffre 4 par exemple. Si on demande combien il a de racines carrées, la réponse fusse presque par réflexe. C'est 2 et moins 2.
Intervenant 2
Voilà, c'est propre, c'est binaire, ça rassure tout le monde. On a l'impression que l'univers mathématique est parfaitement rangé.
Intervenant 1
Sauf que, et c'est tout l'objet de notre discussion aujourd'hui, on va briser cette illusion. On va découvrir des mondes mathématiques où une racine carrée n'existe tout simplement pas.
Intervenant 2
Ouais, et même pire, ou plutôt beaucoup plus fascinant, des objets qui possèdent une infinité de racines carrées. C'est un vrai vertige conceptuel.
Intervenant 1
Une infinité. Mais avant d'en arriver là, pourquoi notre fameuse règle des deux racines carrées pour un nombre positif serait fausse ?
Intervenant 2
Euh, fausse n'est pas le mot. Disons qu'elle n'a absolument rien d'universel. En fait, c'est une loi strictement locale.
Intervenant 1
Locale, c'est-à-dire ?
Intervenant 2
Ça dépend totalement du terrain de jeu dans lequel on se trouve. En mathématiques, on appelle ça le corps dans lequel on décide de faire nos calculs.
Intervenant 1
D'accord. Est-ce qu'on peut prendre un exemple concret pour bien visualiser cette histoire de terrain de jeu ?
Intervenant 2
Bien sûr. Prenons un univers qu'on connaît bien, l'ensemble des nombres rationnels, c'est-à-dire toutes les fractions. Si on cherche la racine carrée de la fraction 4 sur 9, aucun problème.
Intervenant 1
Oui, là on obtient 2 sur 3 et moins 2 sur 3.
Intervenant 2
Tout à fait. Mais prenons maintenant le nombre 17. Et exigeons de trouver sa racine carrée en restant strictement enfermé dans ce monde des fractions.
Intervenant 1
Attends, mais... La racine carrée de 17, ça existe pourtant. C'est un peu plus de 4. 4,1, 2 et des poussières.
Intervenant 2
Oui, ça existe si on s'autorise à voyager dans l'ensemble des nombres réels. Mais dans notre monde restreint des fractions, la réponse est zéro. Il n'y en a aucune.
Intervenant 1
Ah, je vois. Parce que la racine de 17 est un nombre irrationnel, ses décimales sont infinies et ne se répètent pas.
Intervenant 2
Exactement. C'est impossible de l'écrire sous forme de fraction. Donc, dans le corps des rationnels, cette racine n'existe pas.
Intervenant 1
C'est fou. C'est un peu comme essayer d'exprimer une idée hyper nuancée dans une langue qui n'aurait qu'une centaine de mots.
Intervenant 2
C'est une excellente métaphore. L'idée existe dans l'absolu, mais dans ce dictionnaire bien précis, les mots manquent pour la formuler.
Intervenant 1
Donc le nombre de solutions dépend vraiment des frontières qu'on s'impose au départ.
Intervenant 2
C'est tout à fait le mécanisme. Et c'est là que l'algèbre devient vraiment magique. Les mathématiciens ont construit des terrains de jeu infiniment plus astres et complexes que la simple droite des nombres.
Intervenant 1
Et ça nous amène à la promesse de notre émission. Que se passe-t-il si l'on cherche la racine carrée, non plus d'une simple quantité, mais d'une transformation de l'espace ?
Intervenant 2
Là, on change complètement de paradigme.
Intervenant 1
Ouais, quittons notre vision classique des maths. Imaginons non plus une caisse enregistreuse qui compte des pommes, mais plutôt un laboratoire géométrique.
Intervenant 2
Un espace plein de machines capables d'étirer, de déformer ou de faire tourner notre monde physique.
Intervenant 1
Et pour modéliser ces machines à transformer l'espace, l'outil roi, ce sont les matrices, n'est-ce pas ?
Intervenant 2
Exactement, les matrices carrées. Et pour que tout le monde puisse bien visualiser, on va se concentrer sur l'espace le plus intuitif possible, un plan en deux dimensions. Un plan vectoriel euclidien, pour être précise.
Intervenant 1
Ok, alors, dessinons ça dans notre tête. On a une grande feuille de papier infinie devant nous. Dessus, on trace un repère classique, avec une origine au centre qui reste immobile.
Intervenant 2
Et un quadrillage formé par deux flèches de base, nos vecteurs directeurs. On les appelle généralement les vecteurs I et J. Ça, c'est notre grille de départ.
Intervenant 1
Très bien. Et donc, à quoi ressemble notre machine, notre matrice, dans cet univers ?
Intervenant 2
Visuellement, une matrice carrée en 2D, c'est juste un petit tableau contenant quatre nombres. Disons A, B, C et D.
Intervenant 1
Quatre nombres, ça paraît inoffensif. Toute la feuille de papier va suivre le mouvement, elle va s'étirer ou basculer.
Intervenant 2
C'est ça. La matrice, c'est véritablement le code source de la déformation de notre espace.
Intervenant 1
Mais alors, la question qui tue dans ce monde géométrique, que signifie prendre la racine carrée d'une matrice M ? Si j'ai une matrice M qui représente ma déformation finale, c'est quoi sa racine carrée ?
Intervenant 2
Il faut revenir à la définition première. Avec un nombre normal, la racine carrée, c'est la valeur qui, multipliée par elle-même, redonne le point de départ.
Intervenant 1
D'accord, mais avec des matrices, on ne multiplie pas juste des quantités.
Intervenant 2
Non, en effet, multiplier deux matrices, géométriquement, ça veut dire appliquer une transformation à la suite d'une autre. On compose les mouvements.
Intervenant 1
Oh, je comprends. On les enchaîne.
Intervenant 2
Précisément. Donc, chercher une racine carrée d'une matrice M, c'est chercher une autre matrice, disons N, avec une propriété spéciale.
Intervenant 1
Laquelle ?
Intervenant 2
Si on applique la déformation N une première fois, puis qu'on réapplique cette même déformation N sur le résultat obtenu, on doit obtenir la déformation globale M.
Intervenant 1
Ah ouais, donc mathématiquement, n² égale m.
Intervenant 2
Exact.
Intervenant 1
Si je donne un exemple. Si je veux qu'au final, ma feuille tourne de 90 degrés. Ma racine carrée, ce serait la matrice qui fait tourner la feuille de 45 degrés, c'est ça ?
Intervenant 2
C'est un exemple parfait. Tu lances la machine une fois, ça tourne de 45 degrés. Tu la relances, encore 45 degrés. Résultat net, 90 degrés. L'action répétée deux fois équivaut à l'action totale.
Intervenant 1
L'image est super claire. Alors, poussons la logique un peu plus loin. Essayons ça sur la transformation la plus basique, et honnêtement la plus ennuyeuse, de l'univers matriciel, la matrice identité.
Intervenant 2
Ah, la fameuse matrice identité, votée avec un grand I. Sur son tableau, il y a des 1 sur la diagonale principale et des 0 partout ailleurs.
Intervenant 1
Et géométriquement, elle fait quoi cette matricie ?
Intervenant 2
Absolument rien. Le vecteur i reste sur i, le vecteur j reste sur j, l'espace reste totalement figé.
La suite de la transcription est réservée aux abonnés.
S’abonnerÀ écouter ensuite
Des épisodes qui partagent une playlist, une figure ou un domaine avec celui-ci.

21 déc. 2023 · 17 min

24 août 2021 · 21 min

20 févr. 2024 · 20 min

20 avr. 2022 · 11 min

20 avr. 2022 · 14 min

7 mai 2024 · 20 min