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24 oct. 2022 · 24 min

Peut-on encore découvrir en maths après 50 ans ?

Dans cet épisode, suivez Euler, Erdös et d’autres mathématiciens qui ont poursuivi leurs recherches à un âge avancé, parfois jusqu’à la fin.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Imaginez un peu la scène. On a un homme qui est allongé sur son lit de mort. Ses forces l'abandonnent. Bon, la fin est vraiment imminente. Ses proches s'approchent, ils retiennent leur souffle pour recueillir ses toutes dernières paroles. Et là, dans son ultime soupir, au lieu d'un adieu déchirant ou d'une prière, Il murmure une équation mathématique. C'est

  2. Intervenant 2

    incroyable quand

  3. Intervenant 1

    on y pense. Mais oui. Aujourd'hui, on plonge dans le mystère complètement fascinant de ces cerveaux qui refusent de s'éteindre. On va parler d'une passion très particulière, celle de la recherche mathématique et de cette flamme qui consomme certains esprits jusqu'à la toute dernière seconde de leur existence.

  4. Intervenant 2

    Oui, et c'est un phénomène d'une richesse incroyable à analyser. Parce que la recherche mathématique, c'est souvent perçu de l'extérieur comme une activité un peu froide, austère.

  5. Intervenant 1

    Très austère même.

  6. Intervenant 2

    Voilà, très abstraite. Mais quand on se penche sur les archives, on découvre une intensité vitale, une force mot de fils qui semble littéralement défier les lois du vieillissement cognitif et même de la biologie humaine en fait.

  7. Intervenant 1

    Bon, décortiquons tout ça, parce qu'avant de parler de ces exceptions incroyables, il faut aborder le grand mythe qui pleine sur la science. Il y a cette croyance très tenace, presque un dogme dans le milieu de la recherche, qui affirme que la créativité mathématique aurait une date de péremption.

  8. Intervenant 2

    Exactement, la fameuse barre fatidique.

  9. Intervenant 1

    C'est ça. Une sorte de compte à rebours invisible incrusté dans nos neurones qui s'arrêterait brutalement autour de 45 ou 50 ans. L'idée, c'est que passé un demi-siècle, le cerveau humain perdrait sa plasticité, sa capacité à jongler avec de nouvelles abstractions.

  10. Intervenant 2

    Et ce monde, il faut bien le dire, il s'appuie sur des exemples historiques très lourds. Si on prend le cas le plus emblématique, on tombe inévitablement sur Isaac Newton.

  11. Intervenant 1

    Ah, le grand Newton !

  12. Intervenant 2

    Oui, on parle quand même de l'un des architectes de la pensée scientifique moderne. Newton publie son œuvre monumentale, les fameux Principia. Et après cet accomplissement hors du commun, c'est la rupture totale. Il délaisse presque complètement la création mathématique pure.

  13. Intervenant 1

    Mais attendez, il n'a pas simplement arrêté parce qu'il avait trouvé un poste super confortable à la monnaie royale britannique. Enfin, je veux dire, c'est peut-être juste un changement de carrière, pas une panne de cerveau.

  14. Intervenant 2

    Alors, c'est un peu plus complexe que ça. Son changement de carrière vers des postes administratifs, comme devenir membre du Parlement ou directeur de la monnaie, ça s'est accompagné d'une véritable crise personnelle.

  15. Intervenant 1

    Ah

  16. Intervenant 2

    bon ? Oui, Newton a traversé une grave dépression, une période de paranoïa vraiment intense et un épuisement nerveux total.

  17. Intervenant 1

    Oula !

  18. Intervenant 2

    Son esprit s'est détourné de la rigueur implacable de la géométrie pour se perdre dans l'alchimie et des études théologiques super obscures.

  19. Intervenant 1

    D'accord.

  20. Intervenant 2

    Et du coup, quand la communauté scientifique observe le plus grand génie de son temps s'épuiser de la sorte après 50 ans, on en tient une conclusion hâtive. Le feu mathématique serait un feu de paille qui brûle vite, mais qui finit irrémédiablement par s'éteindre sous le poids de l'âge.

  21. Intervenant 1

    Pourtant, quand on creuse les sources et qu'on rassemble les témoignages historiques, on découvre que cette fameuse règle des 50 ans, elle s'effondre totalement. Et c'est justement l'objectif de notre exploration d'aujourd'hui.

  22. Intervenant 2

    Tout à fait.

  23. Intervenant 1

    On va démontrer que cette fatalité n'est qu'une illusion. On va suivre la trace de savants exceptionnels qui ont gardé une productivité scientifique absolument vertigineuse jusqu'à leur dernier souffle. Parce que si Newton a abandonné si vite, est-ce que c'est vraiment une loi biologique ? Est-ce que les tout premiers mathématiciens, ceux de l'Antiquité, subissaient ce même plafond de verre cognitif ?

  24. Intervenant 2

    C'est la première question logique à se poser, en effet. Mais le souci avec l'Antiquité vraie, c'est qu'on se lutte d'abord à un immense brouillard historique.

  25. Intervenant 1

    C'est-à-dire ?

  26. Intervenant 2

    Dater la naissance, la mort ou même la rédaction précise des textes de figures fondatrices comme Euclide, c'est un véritable casse-tête pour les historiens.

  27. Intervenant 1

    Oui, on a très peu de sources fiables.

  28. Intervenant 2

    C'est ça. Et de plus, il faut intégrer la réalité démographique de l'époque. Dans le monde antique, l'espérance de vie était très basse à cause de la mortalité infantile et des maladies. Donc, dépasser les 50 ans, c'est simple, c'était déjà entrer dans la catégorie des vieillards très respectables.

  29. Intervenant 1

    Donc, un mathématicien de 65 ans à Athènes ou Alexandrie, c'était l'équivalent d'un centenaire aujourd'hui, Andrew. C'était une anomalie statistique.

  30. Intervenant 2

    Totalement. Et malgré cette rareté, les quelques traces qui nous restent pointent vers une activité mentale très prolongée. Par exemple, la légende veut qu'Archimède, lors de la prise de Syracuse par les Romains, ait été tué par un soldat alors qu'il était profondément concentré

  31. Intervenant 1

    sur des équations.

  32. Intervenant 2

    Sur des figures géométriques, il avait 75 ans passé, il était en train de tracer de nouvelles figures dans le sable.

  33. Intervenant 1

    C'est fou ça.

  34. Intervenant 2

    Et il y a aussi Eratosthène, le génie qui a mesuré la circonférence de la Terre. Il est resté directeur de la bibliothèque d'Alexandrie très longtemps et il s'est laissé mourir de faim à 82 ans. Attends, il s'est laissé

  35. Intervenant 1

    mourir de faim ? Pourquoi ?

  36. Intervenant 2

    Parce qu'il devenait aveugle, il ne supportait plus de ne pas pouvoir lire, ça le rendait fou. Et on peut aussi citer Diophant, le père de l'algèbre.

  37. Intervenant 1

    Ah oui, Diophant, c'est celui qui a laissé une énigme mathématique sur sa propre tombe pour qu'on devine à quel âge il est mort, c'est ça ?

  38. Intervenant 2

    Exactement, son épitaphe prend carrément la forme d'une équation linéaire.

  39. Intervenant 1

    Excellent !

  40. Intervenant 2

    Et quand on résout ce petit problème laissé à la postérité, on déduit qu'il a vécu jusqu'à 84 ans. Mais bon, on touche ici à la limite de ces exemples antiques.

  41. Intervenant 1

    Comment

  42. Intervenant 2

    ça ? Ces récits et ces devinettes, ça nous prouve qu'ils ont bénéficié d'une très longue espérance de vie. En revanche, ça ne nous dit pas grand-chose sur la nature exacte de leur activité cérébrale sur la fin.

  43. Intervenant 1

    Oui, je vois tout à fait le problème. C'est un peu comme si on découvrait une magnifique voiture de collection de l'Antiquité dans un vieux garage. Le châssis est intact, on voit bien qu'elle a roulé pendant des décennies. L'analogie est bonne.

  44. Intervenant 2

    Mais sans carnet d'entretien ni moyen d'allumer le moteur, on ignore totalement si, dans ces dernières années, le véhicule développait encore de la puissance pour innover ou s'il se contentait de glisser lentement dans la pente en roue libre sur ses acquis de jeunesse.

  45. Intervenant 1

    C'est tout à fait ça.

  46. Intervenant 2

    Et pour briser ce mythe de la vieillesse inactive, il nous faut mieux que des légendes dessinées dans le sable. Il nous faut des preuves irréfutables. Alors, pour trouver cette preuve de l'innovation continue, je vous propose de faire un bond jusqu'à la Renaissance et au début de l'ère moderne.

  47. Intervenant 1

    D'accord, on avance dans le temps.

  48. Intervenant 2

    Oui, parce que c'est une période où l'on commence à archiver rigoureusement les publications. Et c'est là qu'intervient notre premier véritable irréductible, un certain William Outred, un britannique né en 1574. Ah oui. Il était à la fois mathématicien et théologien.

  49. Intervenant 1

    Et un bourreau de travail absolu, si je ne me trompe pas. D'après ce que j'ai lu dans les textes, sa vie quotidienne relevait de l'acharnement pur. Le gars passait des nuits blanches d'affilée à calculer.

  50. Intervenant 2

    C'est ça, il dormait très peu.

  51. Intervenant 1

    Et il avait même un dispositif super particulier. Il gardait systématiquement un briquet à silex et un encrier juste à côté de son lit. S'il se réveillait au milieu de la nuit avec ne serait-ce que l'ombre d'une idée mathématique, bam, il allumait la bougie et l'écrivait immédiatement pour ne pas la perdre.

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