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24 oct. 2022 · 14 min

35 ans de Tangente : les maths passent par la scène et le jeu

Dans cet épisode audio, explorez la fête annoncée pour les 35 ans de Tangente, entre théâtre, art, énigmes, ateliers, conférences et Trophées.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Salut à tout le monde et bienvenue dans le podcast du magazine Tangente !

  2. Intervenant 2

    Salut !

  3. Intervenant 1

    Je suis super ravi d'être là pour cette plongée.

  4. Intervenant 2

    Ouais, moi aussi.

  5. Intervenant 1

    Alors, pour commencer, imaginons un peu la scène. On est un dimanche, il fait probablement un peu gris dehors.

  6. Intervenant 2

    Un dimanche classique de décembre,

  7. Intervenant 1

    quoi. Voilà, c'est ça. Et au lieu de rester au chaud, sous un plaid, devant une série ou de faire une grasse matinée. Ce

  8. Intervenant 2

    qui est très tentant, on va pas se mentir.

  9. Intervenant 1

    Très tentant. Eh bien, au lieu de ça, des milliers de personnes décident, genre volontairement, d'aller faire des mathématiques dans un musée.

  10. Intervenant 2

    C'est complètement fou quand on y pense.

  11. Intervenant 1

    Mais oui, sans aucune obligation, sans aucune note à la clé à la fin de la journée. C'est juste pour le plaisir. Donc pour tous ceux qui nous écoutent aujourd'hui, on va décortiquer un événement incroyable qui célèbre les 35 ans de Tangente. Et 35 ans pour une revue de maths en kiosque, c'est pas rien.

  12. Intervenant 2

    C'est un véritable exploit éditorial, très clairement.

  13. Intervenant 1

    Carrément. Je veux dire, c'est comme trouver une magnifique fractale cachée dans un rayon de supermarché. C'est inattendu, c'est fascinant et précieux.

  14. Intervenant 2

    Oui, parce que trouver un magazine qui parle de géométrie et d'algèbre sur le même présentoir que la presse People ou les mots fléchés, c'est une anomalie fascinante.

  15. Intervenant 1

    Une belle anomalie, ouais.

  16. Intervenant 2

    Exactement. C'est le seul magazine de culture mathématique au monde diffusé de cette manière. Et pour fêter ça, le dimanche 4 décembre, le club Tangente investit le musée des arts et métiers.

  17. Intervenant 1

    Dans le troisième arrondissement de Paris, pour ceux qui connaissent.

  18. Intervenant 2

    C'est ça. Et l'idée de cette journée, c'est vraiment de prendre une matière qui est souvent perçue comme figée dans des manuels scolaires.

  19. Intervenant 1

    Très abstraite, quoi.

  20. Intervenant 2

    Très abstraite, oui. Et de la rendre totalement vivante, physique, presque palpable en fait. On casse complètement l'image solitaire des mathématiques.

  21. Intervenant 1

    Ok, décortiquons tout ça, parce que le défi est quand même immense. On a tous en tête cette image persistante des maths, tu sais, la discipline un peu froide où on transpire tout seul sur une feuille de papier millimétré.

  22. Intervenant 2

    Ah oui, le fameux traumatisme du tableau noir.

  23. Intervenant 1

    Grave. Et comment est-ce qu'on transforme ça en un festival grand public, totalement gratuit et capable d'attirer des milliers de visiteurs ?

  24. Intervenant 2

    Comme ils l'avaient fait pour les 30 ans en 2017, ils

  25. Intervenant 1

    innovent. Justement, en regardant les sources de plus près, j'ai vu des trucs qui m'ont vraiment fait froncer les sourcils.

  26. Intervenant 2

    Genre quoi ?

  27. Intervenant 1

    Par exemple, faire monter les mathématiques sur une scène de théâtre. On mentionne le conte « La Feuseuse de Neige » de Marie Luissier.

  28. Intervenant 2

    Oui, qui est joué deux fois dans la journée, avec un atelier d'ailleurs.

  29. Intervenant 1

    Voilà. Ça, à la limite, je peux m'imaginer que c'est de la vulgarisation poétique, c'est super. Mais en fin de journée, il y a la compagnie Terraquet qui propose une pièce intitulée « Les indécis ». Le

  30. Intervenant 2

    fameux théâtre de

  31. Intervenant 1

    la connaissance. Ouais, mais attends, c'est vendu comme un, je cite, « cabaret statistique ».

  32. Intervenant 2

    Oui, ça surprend toujours.

  33. Intervenant 1

    Mais je veux bien être ouvert d'esprit, mais les stats pour moi, c'est des tableaux Excel, c'est des écarts-types, des sondages. Comment tu peux faire de l'art et encore moins un cabaret avec des statistiques sans endormir la salle en trois minutes ? C'est comme essayer de transformer Excel en comédie musicale à Broadway. Ça paraît impossible.

  34. Intervenant 2

    Ce qui est fascinant ici, c'est que le théâtre et les statistiques partagent en réalité un moteur fondamental et très puissant.

  35. Intervenant 1

    Ah bon ? Lequel ?

  36. Intervenant 2

    La gestion de l'incertitude.

  37. Intervenant 1

    L'incertitude, c'est-à-dire ?

  38. Intervenant 2

    Quand on va au théâtre, qu'est-ce qui nous tient en haleine pour le coup ? C'est la tension dramatique.

  39. Intervenant 1

    Le fait de ne pas savoir comment ça va finir ?

  40. Intervenant 2

    Exactement. Est-ce que les personnages vont se rencontrer ? Est-ce que le conflit va éclater ? C'est le fait d'évaluer inconsciemment les probabilités des différents dénouements.

  41. Intervenant 1

    Ah, je vois où tu veux en venir.

  42. Intervenant 2

    Les statistiques, la théorie des probabilités, c'est exactement la même chose, mais formalisée. C'est l'art mathématique de modéliser l'inconnu, d'évaluer les risques dans une situation chaotique.

  43. Intervenant 1

    D'accord.

  44. Intervenant 2

    Donc la compagnie Thérâtier utilise cette mécanique. En faire un cabaret, ce n'est pas lire des tableaux Excel sur scène.

  45. Intervenant 1

    Heureusement.

  46. Intervenant 2

    Non. C'est prendre l'incertitude qui régit nos vies, nos choix, nos rencontres, et lui donner un corps, une voix, une dimension comique.

  47. Intervenant 1

    Oh wow. Au lieu de regarder une formule sur la probabilité, on regarde les conséquences humaines de cette probabilité se jouer sous nos yeux.

  48. Intervenant 2

    Tout à fait.

  49. Intervenant 1

    Mais c'est brillant en fait. Ça donne carrément une matérialité à l'abstraction. Et d'ailleurs, cette idée de donner un corps aux maths, on la retrouve aussi dans les arts visuels le même jour.

  50. Intervenant 2

    Oui, il y a plusieurs créateurs d'art mathématiques présents. On a Denise de Marais-Pranville, le collectif Skozia, Sandrine Vivier-Soudé, Célique Z.

  51. Intervenant 1

    Ouais, j'ai vu ça. Et il y a un titre qui m'a arrêté net. C'est Patrice Chénère. Il est décrit comme le « graveur d'équations ».

  52. Intervenant 2

    Ah, Patrice Génière, oui.

  53. Intervenant 1

    On dit une profession sortie d'un roman de fantaisie, genre le mec est un mage.

  54. Intervenant 2

    Bah c'est un travail d'orfèvre très singulier. Parce que graver une équation, c'est pas juste écrire A carré plus B carré en lettres stylisées sur une plaque.

  55. Intervenant 1

    Bah c'est ce que je m'imaginais en fait. Une jolie calligraphie quoi.

  56. Intervenant 2

    Pas du tout, c'est beaucoup plus profond. Il prend des équations algébriques extrêmement complexes.

  57. Intervenant 1

    Quel genre de complexité ?

  58. Intervenant 2

    Des trucs qui décrivent des surfaces minimales dans l'espace, ou des objets topologiques paradoxaux, genre la bouteille de Klein.

  59. Intervenant 1

    La fameuse bouteille qui n'a ni intérieur ni extérieur.

  60. Intervenant 2

    C'est ça. Ces équations, à la base, elles n'existent que dans l'esprit du mathématicien. Et lui, il calcule la projection de ces surfaces abstraites et il les grave sur le cuivre, ligne par ligne.

  61. Intervenant 1

    Ligne par ligne au burin ?

  62. Intervenant 2

    Oui, au burin, il donne une esthétique visuelle à une pure idée mathématique.

  63. Intervenant 1

    C'est fou. Et ce qui est génial, c'est que ces œuvres ne sont pas juste là pour faire joli dans le musée.

  64. Intervenant 2

    Non, elles ont une fonction très précise.

  65. Intervenant 1

    Elles vont servir de récompense pour les trophées Tangente en fin de journée. J'adore cette symbolique. Plutôt qu'une coupe en plastique dorée achetée sur Internet, on remet à un chercheur un objet d'art qui incarne une formule.

  66. Intervenant 2

    Oui, on lie vraiment l'esthétique à la reconnaissance intellectuelle.

  67. Intervenant 1

    C'est magnifique. Mais bon, c'est là que ça devient vraiment intéressant. Parce que le public ne peut pas juste rester spectateur toute la journée.

  68. Intervenant 2

    Ah non, ce serait rater l'objectif de l'événement. Le musée se transforme en un vrai terrain de jeu.

  69. Intervenant 1

    Ouais, parce que là, on passe à l'action. Il y a un rallye mathématique organisé par Audrey Candeloro et Brigitte Borgasser-Weiner de l'association Mathématiques Sans Frontières. Et là, on casse les codes.

  70. Intervenant 2

    Totalement. Pas de QCM assis à un pupitre de classe.

  71. Intervenant 1

    C'est clair. Les participants reçoivent un livret, ok, mais aussi une lampe à huîtres à violet.

  72. Intervenant 2

    Oui, pour chercher des indices à l'encre invisible.

  73. Intervenant 1

    Mais c'est génial, se balader dans les allées du musée avec une lampe UV, c'est un mélange parfait entre James Bond et Pythagore.

  74. Intervenant 2

    C'est une excellente façon de dépoussiérer l'image de la résolution de problème.

  75. Intervenant 1

    Carrément. Mais au-delà de l'aspect un peu gadget, amusant pour les ados, est-ce que ça change vraiment la façon d'appréhender les maths ?

  76. Intervenant 2

    Oh que oui ! C'est ce qu'on appelle faire appel à la cognition

  77. Intervenant 1

    incarnée. La cognition incarnée ?

  78. Intervenant 2

    En gros, le cerveau ne fonctionne pas de la même manière quand le corps est inactif et quand il est en mouvement.

  79. Intervenant 1

    Ah d'accord, le fait de bouger aide à réfléchir.

  80. Intervenant 2

    Voilà. En cherchant physiquement un indice, en utilisant une langue pour révéler une contrainte cachée, on mime la démarche fondamentale de la recherche scientifique.

  81. Intervenant 1

    Je vois. On cherche dans l'obscurité littéralement.

  82. Intervenant 2

    C'est exactement ça. Se heurter à la réalité, assembler des fragments pour résoudre l'énigme de la nature. On sort la mathématique de la feuille de papier pour la ré-ancrer dans l'espace tridimensionnel.

  83. Intervenant 1

    Et en parlant d'espace tridimensionnel, il y a un projet collaboratif qui m'a fait halluciner dans le programme.

  84. Intervenant 2

    La construction géante ? L'association Science Ouverte, menée par François Gaudel, va piloter la construction collective d'une tour géante tout au long de la journée.

  85. Intervenant 1

    Ok. Parce que visuellement, la tensegrité, c'est de la sorcellerie.

  86. Intervenant 2

    C'est vrai que ça paraît magique.

  87. Intervenant 1

    On dirait des bouts de bois qui flottent en l'air. Si les barres de la structure ne se touchent pas, comment le truc peut tenir debout sans s'effondrer ?

  88. Intervenant 2

    Si on relie ça à une vision plus globale de la physique, c'est un principe architectural prodigieux. Dans une maison en briques, chaque élément s'appuie sur celui du dessous via la compression.

  89. Intervenant 1

    La gravité fait son boulot.

  90. Intervenant 2

    Mais la tensegrité, c'est l'inverse. Les éléments rigides ne se touchent jamais. Ils sont maintenus en équilibre par un réseau de câbles qui, eux, sont en tension constante.

  91. Intervenant 1

    Attends, donc la tour tient juste parce que chaque câble tire sur les barres dans des directions opposées ?

  92. Intervenant 2

    C'est ça. Ça annule le mouvement et ça crée un équilibre parfait. La stabilité naît de la tension répartie sur tout le système.

  93. Intervenant 1

    C'est brillant. Mais pourquoi faire construire ça spécifiquement par le public ?

  94. Intervenant 2

    Eh bien, c'est une métaphore éclatante de l'histoire des mathématiques.

  95. Intervenant 1

    Ah ! Je t'avoue que je ne suis pas sûr de faire le lien direct là.

  96. Intervenant 2

    Pense au théorème. Chaque nouvelle découverte, c'est une barre de notre tour. Elle ne flotte pas par magie, elle repose sur la tension et l'équilibre des travaux précédents fournis par la communauté.

  97. Intervenant 1

    Ah, je vois. Un théorème n'existe pas dans le vide.

  98. Intervenant 2

    Non, il n'est solide que parce qu'il est lié par la logique au reste de l'édifice. Et en faisant bâtir cette tour par des centaines de mains différentes ce jour-là, on rappelle qu'aucune découverte scientifique n'est solitaire.

  99. Intervenant 1

    C'est magnifique cette vision. Ça donne une vraie noblesse au fait d'ajouter sa petite pièce à l'édifice collectif. Mais du coup alors, qu'est-ce que tout ça veut dire pour l'avenir ? Comment ça ? Bah, si on veut construire ce grand édifice, il faut se demander qui sont les bâtisseurs d'aujourd'hui. On a tout le stéréotype du savant fou, masculin, ébouriffé, un peu à la Einstein, tu vois.

  100. Intervenant 2

    Oui, le cliché qui a la vie dure.

  101. Intervenant 1

    Et c'est pour ça que l'exposition « Mathématiques, informatiques, avec elles », commentée par Anne Boyer de l'association Femmes et maths, m'interpelle.

  102. Intervenant 2

    Elle dresse le portrait de 20 jeunes femmes dans ces métiers.

  103. Intervenant 1

    Voilà. Mais bon, je me fais un peu l'avocat du diable ici.

  104. Intervenant 2

    Vas-y.

  105. Intervenant 1

    Est-ce qu'une simple exposition de portrait suffit vraiment à changer la donne pour attirer de nouveaux talents ? C'est pas juste un peu de l'affichage ?

  106. Intervenant 2

    Un indice. Le texte mentionne que cette journée se passe juste à côté de l'exposition temporaire du musée.

  107. Intervenant 1

    Ah oui, l'expo qui s'intitule « Permis de conduire ».

  108. Intervenant 2

    C'est un clin d'œil parfait. Parce que les algorithmes et les maths, c'est le moteur de notre société. Celui qui écrit le code possède littéralement le permis de conduire vers le futur. Tu

  109. Intervenant 1

    n'avais pas eu ça comme ça, mais c'est tellement vrai.

  110. Intervenant 2

    Si ce permis reste historiquement réservé à une seule démographie, les technologies reproduisent les biais de cette démographie. Montrer 20 jeunes femmes avec des parcours concrets, c'est casser la barrière mentale.

  111. Intervenant 1

    C'est montrer aux jeunes filles qu'elles ont le droit de prendre le volant.

  112. Intervenant 2

    Exactement. Redéfinir qui détient le permis.

  113. Intervenant 1

    D'accord, la représentation est vitale. Mais pour transmettre ce permis aux générations futures, il y a un autre rôle-clé mis à l'honneur. Les enseignants.

  114. Intervenant 2

    Oui, il y a une rencontre de 11h30 à 13h avec Claire Piolty-Lamorte.

  115. Intervenant 1

    La présidente de l'APMEP, c'est ça ?

  116. Intervenant 2

    L'Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public, oui.

  117. Intervenant 1

    Et là, il parle du prix Tangente des lycéens, de l'ITERAMAT et, surprise, de jeux de société. Il cite le bridge, le go et le jeu de Hex. Ah, le Hex. Bon, qu'on développe une stratégie en jouant, ok, mais est-ce qu'on fait vraiment des mathématiques en jouant au Hex ?

  118. Intervenant 2

    On fait des mathématiques de très haut niveau, presque sans s'en rendre compte.

  119. Intervenant 1

    Attends, comment ça marche ? Dans le hex, il n'y a ni chiffres ni équations. C'est juste un plateau avec des hexagones et on pose des pions, non ?

  120. Intervenant 2

    C'est ça. Le but est de relier deux côtés opposés par une chaîne ininterrompue. Mais derrière cette règle simpliste, il y a de la topologie pure. Le mathématicien John Nash a étudié ça.

  121. Intervenant 1

    Le fameux John Nash ?

  122. Intervenant 2

    Oui. Et il a démontré mathématiquement qu'une partie de Hex ne peut jamais se solder par un match nul. C'est un théorème topologique.

  123. Intervenant 1

    Donc un jeu sans aucun chiffre repose sur un théorème d'impossibilité géométrique.

  124. Intervenant 2

    Précisément. L'élève qui joue ne calcule pas, il anticipe, il gère des contraintes spatiales. Pour un enseignant, utiliser ça, c'est une technique redoutable.

  125. Intervenant 1

    Pour contourner la peur des maths, le traumatisme de la page blanche.

  126. Intervenant 2

    Voilà, on enlève la pression de l'évaluation et l'élève déploie un raisonnement algorithmique juste pour le plaisir de gagner.

  127. Intervenant 1

    C'est incroyable. On voit vraiment comment toutes les pièces du programme s'imbriquent. Les jeux rassurent, l'expo inspire, le rallye engage le corps.

  128. Intervenant 2

    C'est un écosystème complet. Et le point d'orgue de tout ça, c'est la remise des trophées Tangente.

  129. Intervenant 1

    Avec le prix du livre, celui des lycéens, le meilleur article et affaire de logique. Organisé avec la Société Mathématique de France et CultureMath.

  130. Intervenant 2

    Toute la communauté de la vulgarisation réunie au même endroit.

  131. Intervenant 1

    Et quel endroit ! Les mini exposés et la librairie Tangente sont installés directement dans l'ancienne église du musée.

  132. Intervenant 2

    Oui, à deux pas du pendule de Foucault.

  133. Intervenant 1

    Difficile de faire plus majestueux. Ça prouve qu'un magazine peut fédérer une communauté incroyable autour du partage des connaissances. Mais avant de se quitter, le texte source nous a glissé un petit secret.

  134. Intervenant 2

    Sur le prochain hors-série ?

  135. Intervenant 1

    Oui. Le thème du prochain hors-série sera la tangence. Et je trouve ce mot tellement poétique, pas toi ?

  136. Intervenant 2

    C'est un choix conceptuel d'une grande finesse, au-delà du clin d'œil au nom du magazine.

  137. Intervenant 1

    Grave. En géométrie, la tangence, c'est ce point unique, infiniment précis, où deux courbes se touchent, sans se croiser, sans se

  138. Intervenant 2

    couper.

  139. Intervenant 1

    Et si cette journée au musée n'était rien d'autre que ça ?

  140. Intervenant 2

    C'est-à-dire ?

  141. Intervenant 1

    Bah, le point de tangence parfait entre le monde réputé abstrait des maths et la curiosité bouillonnante du grand public. Elle se touche enfin.

  142. Intervenant 2

    C'est une très belle image.

  143. Intervenant 1

    Et la pensée provocatrice avec laquelle j'aimerais laisser ceux qui nous écoutent, c'est que se passe-t-il dans notre société quand ce simple point de contact se transforme en un mouvement collectif massif ?

  144. Intervenant 2

    C'est un mystère à méditer en attendant l'événement, en effet.

  145. Intervenant 1

    Carrément. Un immense merci de nous avoir accompagnés dans cette exploration et à très vite pour une nouvelle plongée dans les rouages du savoir.

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