
20 août 2021 · 15 min
Trophées Tangente : voter, écrire ou choisir en classe ?
Dans cet épisode, suivez trois chemins vers les Trophées Tangente : voter pour un livre, proposer un article ou choisir collectivement en classe.
Collections de cet épisode (5)
Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente.
Intervenant 2
Bonjour à toutes et à tous.
Intervenant 1
Alors aujourd'hui, on vous prépare, enfin on prépare pour notre audience une exploration en profondeur qui est vraiment passionnante.
Intervenant 2
Ah ça oui, c'est le moins qu'on puisse dire.
Intervenant 1
Il suffit d'imaginer un instant le tableau. Des théorèmes qui sont débattus avec la même ferveur que le dernier prix Goncourt.
Intervenant 2
C'est une belle
Intervenant 1
image. Des auteurs de vulgarisation scientifique qui sont attendus au tournant par les plus grands éditeurs. Et puis une vraie fièvre populaire pour désigner le meilleur ouvrage de l'année.
Intervenant 2
Ça paraît presque irréel. Ben
Intervenant 1
voilà, on pourrait croire de la science-fiction. Mais c'est très exactement ce qui se passe en ce moment. La saison estivale, bon, elle ramène la chaleur, mais elle marque surtout le grand retour des Trophées Tangente.
Intervenant 2
Exactement. Et c'est un moment crucial pour la communauté.
Intervenant 1
Complètement. Le but de notre plongée aujourd'hui, c'est vraiment de décortiquer cet engouement, cette espèce de bascule culturelle où les mathématiques ont enfin, disons, droit à leur tapis rouge.
Intervenant 2
Et cette bascule, elle est fascinante parce qu'elle vient pulvériser un très vieux cliché.
Intervenant 1
Lequel ?
Intervenant 2
Pendant des décennies, on a imaginé les mathématiques enfermées dans une tour d'ivoire, tu vois ?
Intervenant 1
Ah oui, le fameux mythe du génie isolé.
Intervenant 2
C'est ça, le cliché des esprits abstraits qui noircissent des tableaux avec de la craie, tout seuls dans des sous-sols obscurs. Les trophées Tangente, ils démontrent tout l'inverse.
Intervenant 1
C'est clair, c'est un milieu super vivant en fait.
Intervenant 2
Absolument. C'est un écosystème entier et qui grouille de vie. On y croise des lecteurs voraces, des auteurs amateurs qui ont une plume incroyable et même une jeunesse lycéenne très impliquée. Ce
Intervenant 1
qui prouve bien que la discipline, ce n'est pas juste un outil de calcul froid.
Intervenant 2
Non, c'est une matière vivante, littéraire et un véritable objet de culture populaire.
Intervenant 1
Ouais, c'est super bien dit. Et on voit bien que pour que la mayonnaise prenne auprès du grand public, il faut d'abord des histoires à raconter. Tout part de là. Du coup, la base de cet écosystème, avant même d'en débattre, c'est de lire. Plongeons dans notre premier grand sujet, le prix Tangente du livre.
Intervenant 2
Le fameux prix.
Intervenant 1
C'est vraiment le moment précis où le public devient jury, en fait. Le vote est ouvert depuis le 25 mai.
Intervenant 2
Et il faut rappeler que ça dure jusqu'au 30 septembre.
Intervenant 1
Exact. C'est la fenêtre tire pour élire le meilleur ouvrage de culture mathématique. Alors, petite précision technique, ça concerne les livres publiés entre le 1er janvier 2020 et le 30 juin 2021.
Intervenant 2
C'est une période assez large,
Intervenant 1
oui. Mais alors, pour les personnes qui nous écoutent et qui s'imagineraient devoir dévaliser une bibliothèque, genre lire des milliers de pages avant de pouvoir voter ?
Intervenant 2
Oh là là, non, rassurez-vous.
Intervenant 1
Ben oui, la mécanique est bien huilée. Il y a des notes de lecture qui sont en libre accès sur le site de Tangente.
Intervenant 2
Et ces notes, elles sont super utiles. Elles résument vraiment le propos et la portée de chaque œuvre.
Intervenant 1
Elles agissent comme des boussoles, un peu.
Intervenant 2
Ouais, des boussoles ou des filtres de sélection. Mais ce qui est passionnant, c'est l'architecture même de ce vote. C'est un processus en deux actes.
Intervenant 1
Comment ça se passe exactement ?
Intervenant 2
D'abord, on a une grande phase populaire. C'est un vote en ligne ouvert à tous ceux qui s'intéressent au sujet.
Intervenant 1
N'importe qui peut voter, quoi.
Intervenant 2
Voilà. Et le but, c'est de faire émerger cinq finalistes. C'est vraiment l'épreuve du feu de la popularité.
Intervenant 1
D'accord.
Intervenant 2
Et ensuite, dans un deuxième temps, c'est un jury composé d'experts du domaine qui prend le relais. Eux, ils vont couronner le vainqueur absolu parmi ces cinq-là.
Intervenant 1
Bon, décortiquons tout ça, parce que cette méthode, c'est une sorte de concours de talents inversés, non ?
Intervenant 2
Comment ça ?
Intervenant 1
Bah, c'est à double tranchant. D'un côté, on a une démocratie directe, presque viscérale, où les gens votent au coup de cœur. Ouais. Et de l'autre, on a un élitisme académique pour verrouiller le résultat final. C'est un peu comme la torréfaction du café. Le public sélectionne les fèves qui sentent le meilleur et le jury arrive pour vérifier qu'il n'y a pas de défense chimique dans le grain.
Intervenant 2
C'est une excellente métaphore.
Intervenant 1
Mais du coup, je me demande, est-ce qu'on risque pas, avec ce système hybride, de créer une vraie fracture ?
Intervenant 2
C'est-à-dire ?
Intervenant 1
Le public pourrait plébisciter un ouvrage magnifique, très émouvant, mais que le jury rejetterait en bloc parce qu'il manquerait, je sais pas, de rigueur axiomatique.
Intervenant 2
Alors oui, c'est un risque. Mais c'est précisément ce qui fait la force de ce prix. Ce risque agit comme un aiguillon pour les auteurs.
Intervenant 1
Ah ouais ?
Intervenant 2
Ça les pousse à faire quoi ?
Intervenant 1
Pour triompher, une œuvre est forcée de réussir un vrai numéro d'équilibriste. Il faut d'abord que le texte soit assez narratif et vulgarisé pour séduire le public et atteindre le top 5.
Intervenant 2
Donc, il ne faut pas que ce soit ennuyeux ?
Intervenant 1
Exactement. Mais en même temps, l'auteur sait très bien qu'il ne peut pas sacrifier la rigueur mathématique sur l'autel de la simplification.
Intervenant 2
Parce que les experts attendent au tournant ?
Intervenant 1
Voilà, le jury de spécialistes ne laissera passer aucune approximation. Ça empêche vraiment la littérature de sombrer dans le manuel scolaire indigeste d'un côté ou dans la métaphore complètement creuse de l'autre.
Intervenant 2
Exactement.
Intervenant 1
Et cette exigence d'équilibre, franchement, la font de plein fouet quand on regarde la sélection. Il y a 10 nommés cette année, c'est ça ?
Intervenant 2
Oui, dix ouvrages remarquables. Et ça balaye des spectres très larges.
Intervenant 1
Totalement. Ça ne se contente pas d'aligner des formules. Tenez, prenons par exemple « La petite histoire des flocons de neige » d'Étienne Zguis.
Intervenant 2
Publié chez Odile Jacob, oui.
Intervenant 1
C'est ça. À première vue, on se dit « Oh, c'est un joli conte d'hiver ». Mais en fait, c'est une plongée vertigineuse dans la géométrie.
Intervenant 2
Et Tianguis utilise vraiment le prétexte du flocon pour remonter à Johannes Kepler.
Intervenant 1
L'astronome.
Intervenant 2
Tout à fait. Au XVIIe siècle, il se demandait déjà pourquoi les flocons ont toujours six branches. Et derrière ça, il y a des concepts massifs.
Intervenant 1
Genre quoi ?
Intervenant 2
La symétrie hexagonale, l'empilement optimal d'Esflaire et même les bases de la géométrie fractale. Le livre montre comment la nature fait des maths sans le savoir.
Intervenant 1
C'est fou de rendre visible ce genre de choses. Et dans un tout autre registre, on a « Pythagore en Inde » de Pierre Brémaux aux éditions Cassini.
Intervenant 2
Ah, ce titre est une provocation géniale.
Intervenant 1
Grave. On a tous grandi en pensant que les maths sérieuses venaient de Grèce, avec des messieurs en toge qui dessinent des triangles.
Intervenant 2
Et ce livre vient dynamiter ce mythe européocentré. Il montre que des siècles avant Pythagore, les mathématiciens indiens manipulaient déjà les triplés pythagoriciens.
Intervenant 1
Pas pour faire des équations abstraites en plus.
Intervenant 2
Non, pour des raisons religieuses. Pour construire des hôtels de feu avec des proportions parfaites pour les dieux. C'est la nécessité pratique qui fait naître les théorèmes.
Intervenant 1
C'est fascinant. Et niveau histoire, on a aussi « Histoire de nombre » de Grégory Chambon au PUF.
Intervenant 2
Qui remonte carrément à la façon dont l'humanité a appris à compter.
Intervenant 1
Mais la liste sait aussi parler pop culture. On a Jérôme Cottenceau avec « Les maths font leur cinéma » chez Duneau.
Intervenant 2
Et là, on ne cherche pas juste le nombre pi caché dans un décor.
Intervenant 1
Ah non, ça va super loin. Ils décortiquent comment le cinéma repose sur des algorithmes.
Intervenant 2
L'animation 3D, la géométrie projective pour manipuler des millions de polygones.
Intervenant 1
Sans parler de la modélisation des foules dans Le Seigneur des Anneaux. Sans les maths, pas de blockbuster.
Intervenant 2
Et chez Duneau, toujours, on a un immense nom de la vulgarisation, Ian Stewart.
Intervenant 1
Avec les déjoutiles odieux. Le clin d'œil à Einstein est parfait.
Intervenant 2
Oui, Dieu ne joue pas au dé. Mais Stuart, lui, s'attaque à l'incertitude. Comment on a essayé de dompter le hasard ?
Intervenant 1
Des probabilités des tripots du XVIIe siècle jusqu'à la théorie du chaos.
Intervenant 2
C'est le paradoxe ultime. Utiliser les maths pour prouver qu'on ne peut pas tout prévoir.
Intervenant 1
Et le hasard, c'est aussi le thème de « Comme par hasard » de Cyril Bonin chez Vend'Ouest. Et la surprise, c'est une bande dessinée.
Intervenant 2
Oui, le format graphique entre en scène.
Intervenant 1
On a aussi de la pure fiction, comme Touché en plein Caire, de Mokadon Shomiti au Lys Bleu, un thriller géopolitique.
Intervenant 2
Ou CQFD de Yann Prado chez Flammarion.
Intervenant 1
C'est le signe d'une grande maturité de cet écosystème. Les maths deviennent des ressorts dramatiques dans la fiction.
Intervenant 2
Et pour finir cette liste de 10, on a l'humain. Le scribe de Célia Houdard chez P.O.L. et dans la tête d'un mathématicien de Pierre Louis Lion chez Humensys.
Intervenant 1
Entrer dans l'esprit d'un médaillé Fields, c'est quelque chose. On découvre que c'est souvent un épais brouillard mental avant l'éclair de génie. Bref, faut un vrai talent de conteur. Mais raconter les maths, c'est pas réservé aux grands écrivains.
Intervenant 2
Absolument pas. La communauté bouillonne, ce qui nous amène à notre deuxième sujet.
Intervenant 1
Le prix du meilleur article dit.
Intervenant 2
Et là, on passe de l'autre côté du miroir. On devient acteur.
Intervenant 1
C'est un prix qui a une assise institutionnelle hyper solide, pour le coup.
Intervenant 2
Ouais. Il est organisé avec l'APMEP, CultureMath et la SMF.
Intervenant 1
L'APMEP, pour préciser, c'est l'Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public.
Intervenant 2
Et la SMF, c'est la Société mathématique de France. Rien que ça.
Intervenant 1
Quand ces institutions soutiennent la vulgarisation, ça montre que c'est un besoin vital reconnu par la communauté savante. L'objectif, c'est d'écrire un article dans le style du magazine Tangente. Le thème est totalement libre. Mais par contre, les contraintes, waouh, c'est un vrai corset de fer. Drastique, oui. Faut rendre ça avant le 30 septembre 2021. Et surtout, ça ne doit pas dépasser 4 pages.
Intervenant 2
Soit très exactement 13 500 signes, espace compris, maximum.
Intervenant 1
Et le plus intriguant, c'est l'obligation de lecture fluide.
Intervenant 2
C'est-à-dire que toute la partie technique doit être séparée.
Intervenant 1
Voilà. La moindre équation qui pourrait faire fuir un néophyte doit être enfermée dans un encabré visuel. Le texte principal doit couler tout seul.
Intervenant 2
Et la récompense, c'est une publication officielle dans le magazine. C'est pas juste
Intervenant 1
symbolique.
Intervenant 2
Non, c'est un vrai incubateur de talents. Des anciens lauréats comme Fabien Oustin, Christian Laforeste,
Intervenant 1
Ou Léo Gerville-Réa chez Antoine Rolland.
Intervenant 2
Voilà, ils sont devenus des contributeurs réguliers, des piliers de la rédaction.
Intervenant 1
Ça lance des carrières. On pense au palmarès 2020. Frédéric André a gagné avec Homo academicus dans son labyrinthe.
Intervenant 2
Il a même remporté une œuvre d'art plastique de Denise de Marais-Pranville.
Intervenant 1
Et mention pour Aurélie Alexandre avec Algorithme d'Euclide, etc. Rendre passionnant le calcul d'un diviseur commun, chapeau.
Intervenant 2
C'est clair.
Intervenant 1
Mais là, je dois faire mon avocat du diable.
Intervenant 2
Je t'écoute.
Intervenant 1
Forcer une pensée dans 13 500 signes et parquer les maths dans des encadrés. Est-ce qu'on dénature pas le propos ? C'est pas un peu condescendant de cacher les formules ?
Intervenant 2
Je comprends l'objection, mais faut le voir comme une contrainte houlipienne.
Intervenant 1
Ah, la créativité par la contrainte ?
Intervenant 2
Exactement. Les 13 500 signes forcent à distiller l'idée, à enlever le gras. Et pour les encadrés, c'est pas du tout condescendant. C'est une architecture à plusieurs niveaux.
Intervenant 1
Comment ça ?
Intervenant 2
L'encadré protège le lecteur, c'est ça ? Prenons la métaphore d'une voiture de sport.
Intervenant 1
Vas-y.
Intervenant 2
Le texte principal, c'est la carrosserie, l'expérience de conduite, l'aérodynamisme. N'importe qui peut l'apprécier sans rien connaître au piston.
Intervenant 1
D'accord.
Intervenant 2
L'encadré, c'est le capot ouvert. Le passionné peut plonger le nez dedans, regarder les équations différentielles et comprendre comment le moteur tourne.
Intervenant 1
Ah ouais, c'est brillant.
Intervenant 2
Ça permet de ne pas casser le rythme du voyageur tout en offrant la rigueur à l'expert. C'est un immense respect du lecteur en fait.
Intervenant 1
C'est très vrai. Et ce souci de tendre la main pour faire monter tout le monde à bord, ça résonne à fond avec notre dernier grand sujet, le prix Tangente des lycéens.
Intervenant 2
Ah, l'avenir en équation.
Intervenant 1
C'est le petit dernier de la famille des trophées, mais alors quelle croissance phénoménale !
Intervenant 2
Les chiffres sont dingues ! En 2016, on parlait de 150 élèves dans 10 lycées.
Intervenant 1
Et pour la campagne 2020-2021 ?
Intervenant 2
On a dépassé les 400 élèves inscrits dans près de 30 établissements et même des lycées à l'étranger.
Intervenant 1
Ce qui est bluffant, c'est le contexte. On sort de deux années scolaires d'une brutalité inouïe.
Intervenant 2
Le Covid, les confinements,
Intervenant 1
l'enseignement à distance, la fatigue. Et malgré ça, des profs et des élèves ont trouvé l'énergie de monter des clubs de lecture, de débattre et de voter en juin.
Intervenant 2
C'est presque du miracle militant à ce stade.
Intervenant 1
Totalement. Et quand on regarde le palmarès, on comprend ce qui fait vibrer cette génération. Le grand vainqueur de 2021. C'est
Intervenant 2
le livre « Combien de pas jusqu'à la lune » de Carole Trébord chez Albain Michel.
Intervenant 1
Une biographie romancée de Katherine Johnson.
Intervenant 2
La mathématicienne afro-américaine de la NASA, oui. Les jeunes ont adoré découvrir que c'est une humaine, armée de géométrie, qui a calculé la trajectoire de John Glenn.
Intervenant 1
C'est une question de vie ou de mort, là. Les maths deviennent héroïques.
Intervenant 2
C'est exactement ça. Et les autres mentions confirment la tendance. On a Ada d'Antoine Bello chez Gallimard.
Intervenant 1
Un roman sur Ada Lovelace, la première programmeuse de l'histoire.
Intervenant 2
Grâce à ses travaux sur les
Intervenant 1
nombres de Bernoulli, oui. Et puis la BD Intelligence Artificielle d'Éloïse Chauchoy, Arnold Zephyr et Fibre Tigre. Aborder les réseaux de neurones en BD, c'est fort.
Intervenant 2
C'est très visuel.
Intervenant 1
Mais là encore, je vais chercher la petite bête. C'est super beau tout ça, mais est-ce qu'on ne masque pas la difficulté ? Un lycéen qui lit cette BD sur l'IA, il ne sera toujours pas codé à réseaux de neurones à la fin.
Intervenant 2
Mais bien sûr qu'il ne saura pas le coder.
Intervenant 1
Du coup, c'est quoi le but ?
Intervenant 2
Le but de cette vulgarisation, c'est pas de remplacer le tableau noir ou le prof, c'est d'allumer une étincelle.
Intervenant 1
De créer une intuition.
Intervenant 2
Voilà. Les maths souffrent d'un problème d'image dramatique. On les voit comme un filtre de sélection froid, méchant.
Intervenant 1
C'est sûr, l'angoisse de la page blanche en contrôle.
Intervenant 2
Mais en lisant l'histoire de Katherine Johnson ou d'Adda Lovelace, l'élève, il comprend le pourquoi avant de souffrir sur le comment.
Intervenant 1
On incarne la discipline.
Intervenant 2
Exactement. Derrière chaque concept scolaire, il y a des humains qui ont lutté, bravé des interdits. Une fois que l'ado capte cette poésie, cet enjeu vital, l'apprentissage technique en classe devient beaucoup plus supportable.
Intervenant 1
Ouais, redonner du sens à la variable en remettant l'humain au centre. C'est une super stratégie pour l'enseignement.
Intervenant 2
C'est tout l'enjeu de ces trophées en fait.
Intervenant 1
Et d'ailleurs, toute cette effervescence, ça va converger vers la grande cérémonie de remise de tous ces prix en décembre prochain.
Intervenant 2
Ça va être un beau moment de rassemblement. Romanciers, bédéistes, vulgarisateurs, profs, lycéens, tout le monde réuni.
Intervenant 1
Et justement, cette convergence, ça nous amène à une réflexion de fin assez vertigineuse que tu voulais partager, je crois.
Intervenant 2
Oui, c'est une pensée pour notre audience. Pour continuer à méditer, on a souvent tendance à définir les mathématiques comme le langage abstrait de l'univers, la rationalité pure.
Intervenant 1
L'outil ultime du calcul, ouais.
Intervenant 2
Mais quand on voit le succès populaire éclatant des biographies, des thrillers, des BD pour expliquer ces concepts, on peut se poser la question.
Intervenant 1
Laquelle ?
Intervenant 2
Et si la véritable nature des mathématiques, au-delà du calcul, ce n'était finalement rien d'autre que l'art de raconter le fonctionnement du monde ?
Intervenant 1
Oula.
Intervenant 2
Et si les équations n'étaient, au fond, que l'alphabet du plus grand récit jamais écrit ?
Intervenant 1
Ah ouais, les mathématiques comme la forme suprême de la littérature et du récit. C'est sublime et très provocateur pour le coup. De
Intervenant 2
quoi faire chauffer les neurones,
Intervenant 1
non ? Grave. Un immense merci d'avoir suivi cette exploration en profondeur avec nous. La richesse de cet univers prouve qu'il y a toujours une porte d'entrée inattendue pour comprendre la science, que ce soit via une bulle de BD ou un article de 4 pages.
Intervenant 2
Continuez de lire et d'être curieux.
Intervenant 1
Exactement. À très bientôt pour une nouvelle plongée au cœur du savoir. Gardez l'esprit grand ouvert.
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