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7 oct. 2025 · 23 min

Fausses preuves graphiques : l’aire 64 qui semble faire 65

Dans cet épisode, suivez trois fausses preuves : l’aire 64–65, le triangle prétendu équilatéral, puis le point extérieur Q mal placé dans le cercle vicieux.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente pour cette nouvelle plongée fascinante au cœur des mathématiques.

  2. Intervenant 2

    Bonjour et merci pour cette introduction toujours aussi enthousiaste. Je suis ravie d'être là.

  3. Intervenant 1

    Ah mais il y a de quoi être enthousiaste aujourd'hui parce qu'on va aborder un sujet qui donne un peu le vertige.

  4. Intervenant 2

    Oh que oui, on va carrément malmener notre cerveau aujourd'hui.

  5. Intervenant 1

    Exactement. Et pour mettre notre audience dans le bain, on va imaginer une situation totalement absurde.

  6. Intervenant 2

    Allez-y, je visualise.

  7. Intervenant 1

    Disons qu'on prend un billet de 10 euros. On le pose bien à plat sur une table.

  8. Intervenant 2

    D'accord.

  9. Intervenant 1

    Ensuite, on prend une paire de ciseaux et on le découpe en quatre morceaux bien nets. Jusque là, pas de magie.

  10. Intervenant 2

    Non, juste un billet détruit, ce qui est un peu dommage en

  11. Intervenant 1

    fait. C'est vrai, c'est dommage. Mais attendez la suite. On recolle ces mêmes morceaux avec un peu de ruban adhésif, exactement comme un puzzle.

  12. Intervenant 2

    Et là, il se passe quelque chose de bizarre, n'est-ce pas ?

  13. Intervenant 1

    Et bim, oui.

  14. Intervenant 2

    On se retrouve miraculeusement avec un billet de 11 euros.

  15. Intervenant 1

    Ah bah c'est le rêve de n'importe quel banquier ça !

  16. Intervenant 2

    C'est clair. Aucune matière n'a été ajoutée, on n'a absolument pas triché, et pourtant, la surface totale a grandi.

  17. Intervenant 1

    Eh bien, c'est exactement ce que la géométrie va essayer de nous faire croire aujourd'hui.

  18. Intervenant 2

    C'est une excellente métaphore pour démarrer. L'intuition visuelle, c'est formidable. Ça nous aide à appréhender le monde au quotidien.

  19. Intervenant 1

    Ouais, on se fie tout le temps à ce qu'on voit. On dit bien qu'une image vaut mille mots.

  20. Intervenant 2

    C'est ça. Mais le problème, c'est que notre cerveau est câblé pour lisser les imperfections. Il cherche la symétrie, même là où il n'y en a pas du tout.

  21. Intervenant 1

    Il nous ment en gros.

  22. Intervenant 2

    Absolument. Des dessins qui prouvent des choses absolument impossibles. Et on va voir comment une logique mathématique très rigoureuse, lorsqu'elle s'appuie sur un croquis corrompu, peut nous emmener vers des conclusions hallucinantes.

  23. Intervenant 1

    Eh bien, je suis prêt. Et pour commencer cette escalade dans l'illusion, on va s'attaquer à un paradoxe qui se joue vraiment à une fraction de millimètre près.

  24. Intervenant 2

    Le fameux casse-tête du carré manquant.

  25. Intervenant 1

    C'est ça. Alors, on prend un carré parfait, disons de 8 unités sur 8.

  26. Intervenant 2

    Ce qui nous donne une aire totale de 64 unités. 8 x 8, 64.

  27. Intervenant 1

    Voilà, on découpe ce carré en quatre pièces spécifiques. Deux triangles rectangles et deux trapèzes.

  28. Intervenant 2

    Des pièces qu'on va ensuite réorganiser.

  29. Intervenant 1

    On mélange ces 4 pièces, on les réassemble et on forme un long rectangle.

  30. Intervenant 2

    Un rectangle qui a des dimensions bien précises.

  31. Intervenant 1

    Oui, on mesure ce nouveau rectangle et là, surprise, il fait 5 unités de large sur 13 unités de long.

  32. Intervenant 2

    Et si on fait la multiplication ?

  33. Intervenant 1

    5 x 13, ça donne 65. Le 64 de départ est devenu 65.

  34. Intervenant 2

    C'est complètement fou quand on y pense.

  35. Intervenant 1

    Mais d'où vient cette unité fantôme, sérieusement ?

  36. Intervenant 2

    Eh bien, cette arnaque brillante a été popularisée par le mathématicien Charles Ludwig Dodgson.

  37. Intervenant 1

    Ce nom me dit vaguement quelque chose.

  38. Intervenant 2

    C'est normal, le monde entier le connaît sous son nom de plume Lewis Carroll.

  39. Intervenant 1

    Ah, le père d'Alice au Pays des Merveilles.

  40. Intervenant 2

    Lui-même. Et en étant plein de dents là, le secret repose sur une illusion d'optique vraiment redoutable.

  41. Intervenant 1

    D'accord. Comment ça marche ?

  42. Intervenant 2

    Quand on assemble les triangles et les trapèzes pour former ce fameux rectangle de 5 par 13, l'œil perçoit une magnifique diagonale.

  43. Intervenant 1

    Oui, une ligne qui traverse le rectangle d'un bout à l'autre.

  44. Intervenant 2

    Exactement, une ligne droite parfaite sur laquelle on pourrait poser une règle sans problème.

  45. Intervenant 1

    Sauf que je sens venir le piège.

  46. Intervenant 2

    Sauf que cette ligne droite n'existe pas.

  47. Intervenant 1

    Attendez, si on regarde la figure dans les livres de maths, la coupure a l'air parfaitement rectiligne.

  48. Intervenant 2

    Elle en a l'air, oui. Mais l'œil humain est tout simplement incapable de voir la brisure.

  49. Intervenant 1

    Donc il faut faire appel aux équations pour révéler la supercherie.

  50. Intervenant 2

    Absolument. Et plus précisément en calculant les pentes. C'est de la géométrie pure.

  51. Intervenant 1

    Je vous suis. Allons-y pour les pentes.

  52. Intervenant 2

    Prenons le grand rectangle global, celui de 5 par 13. Pour aller d'un bout à l'autre de sa prétendue diagonale, on doit monter de 5 unités et avancer de 13 unités.

  53. Intervenant 1

    Ok, la pente théorique est donc de 5 divisé par 13.

  54. Intervenant 2

    C'est ça. Mais maintenant, regardons les pièces géométriques qu'on a utilisées pour construire cette ligne.

  55. Intervenant 1

    Le triangle, par exemple.

  56. Intervenant 2

    Oui, le triangle, placé le long de cette diagonale, a lui une hauteur de 3 et une base de 8.

  57. Intervenant 1

    Donc sa propre pente est de 3 divisé par 8.

  58. Intervenant 2

    Exactement. Et c'est là que la magie s'effondre.

  59. Intervenant 1

    Attendez, je pose de calcul dans ma tête. 5 divisé par 13. Mentalement, ça donne environ 0,384. Oui. Et 3 divisé par 8, ça fait très exactement 0,375.

  60. Intervenant 2

    Voilà.

  61. Intervenant 1

    Mais ce n'est pas le même chiffre du tout. Il y a une différence.

  62. Intervenant 2

    Une différence d'1 sur 104. Pour être très précis, c'est infime.

  63. Intervenant 1

    Donc ça veut dire que les bords des différentes pièces ne s'alignent pas parfaitement.

  64. Intervenant 2

    Pas du tout. Ils ne forment pas une ligne continue, mais une ligne très légèrement brisée.

  65. Intervenant 1

    Au lieu d'avoir un joint parfait entre les pièces, on a en fait un espace vide.

  66. Intervenant 2

    Oui, une sorte d'interstice extrêmement fin.

  67. Intervenant 1

    Un parallélogramme très étiré tout le long de la diagonale.

  68. Intervenant 2

    Exactement. Et notre cerveau remplit automatiquement ce vide parce que la brisure est trop subtile pour notre rétine.

  69. Intervenant 1

    C'est bluffant. Et j'imagine que si l'on calcule l'aire de cette interstice

  70. Intervenant 2

    invisible... Devinez quoi ? On trouve très exactement une unité de surface.

  71. Intervenant 1

    Ah, la voilà notre fameuse unité manquante.

  72. Intervenant 2

    C'est elle. Le vide généré par ce mauvais alignement ajoute exactement la superficie qui manque.

  73. Intervenant 1

    Nos pièces font toujours 64 en réalité ?

  74. Intervenant 2

    Oui, mais la figure englobe une unité de vide, ce qui donne la parfaite illusion d'une ère de 65.

  75. Intervenant 1

    C'est diabolique de simplicité.

  76. Intervenant 2

    Et l'histoire ne s'arrête pas là. Parce que les dimensions de nos pièces…

  77. Intervenant 1

    3, 5, 8, 13…

  78. Intervenant 2

    Voilà, ces chiffres n'ont absolument pas été choisis au hasard.

  79. Intervenant 1

    Et ce sont les nombres de la suite de Fibonacci, n'est-ce pas ?

  80. Intervenant 2

    Absolument. Cette fameuse suite où chaque nombre est la somme des deux précédents.

  81. Intervenant 1

    Et quel est le rapport direct avec notre arnaque géométrique ?

  82. Intervenant 2

    Le cœur du moteur de cette illusion, c'est une règle mathématique fascinante qu'on appelle l'identité de Cassini.

  83. Intervenant 1

    L'identité de Cassini ? D'accord, qu'est-ce qu'elle dit cette loi ?

  84. Intervenant 2

    Elle stipule que si on prend n'importe quel nombre de la suite de Fibonacci et qu'on le met au carré.

  85. Intervenant 1

    Ok.

  86. Intervenant 2

    Puis qu'on multiplie le nombre qui le précède par celui qui le suit.

  87. Intervenant 1

    Oui. On a donc deux résultats.

  88. Intervenant 2

    Eh bien, la différence entre ces deux résultats sera toujours de 1. Exactement 1.

  89. Intervenant 1

    C'est super élégant. Essayons pour voir, pour que ce soit concret.

  90. Intervenant 2

    Allez-y.

  91. Intervenant 1

    Je prends le nombre 5 dans la suite. Au carré, ça fait 25. C'est

  92. Intervenant 2

    ça.

  93. Intervenant 1

    Ses voisins directs dans la suite sont 3 et 8.

  94. Intervenant 2

    Oui.

  95. Intervenant 1

    Et 3 x 8, ça fait 24. La différence entre 25 et 24, c'est bien 1.

  96. Intervenant 2

    Ça marche à tous les coups.

  97. Intervenant 1

    Si je prends 8. 8 au carré, 64.

  98. Intervenant 2

    Et ses voisins ?

  99. Intervenant 1

    Ses voisins sont 5 et 13. 5 x 13, 65. 65 – 64, encore une différence de 1.

  100. Intervenant 2

    Eh bien, c'est la beauté de l'identité de Cassini. Elle garantit qu'il existera toujours un écart d'exactement une unité.

  101. Intervenant 1

    Entre l'air du carré initial et l'air du rectangle final.

  102. Intervenant 2

    C'est ça.

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