tangenteAudio

28 août 2023 · 5 min

La suite de nombres de Fibonacci racontée par les lapins

Dans cet épisode audio, suivez les couples mois après mois et voyez comment leur décompte construit la suite de Fibonacci à partir des deux mois précédents.

Collections de cet épisode (4)

Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

Transcription

Afficher la transcription

Transcription automatique

  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. C'est un vrai plaisir de lancer cette nouvelle exploration mathématique aujourd'hui. D'habitude, on imagine souvent les maths comme quelque chose de très abstrait, une équation bien froide tracée sur un tableau noir. Mais en fait, la mission d'aujourd'hui, c'est de décortiquer l'une des suites les plus célèbres au monde.

  2. Intervenant 2

    Oui, la fameuse suite de Fibonacci.

  3. Intervenant 1

    Exactement. Et pour comprendre d'où elle vient vraiment, il faut complètement quitter ce fameux tableau noir pour plonger directement dans un élevage de lapins.

  4. Intervenant 2

    C'est ça. Alors pour poser un peu le cadre historique, on part en Italie au XIIIe siècle. On a ce mathématicien, Leonardo Fibonacci, qui a vécu entre 1175 et 1250 environ. Et il a laissé derrière lui cette suite de nombres qui commence de façon assez simple.

  5. Intervenant 1

    Ah oui, les fameuses valeurs. Si on regarde seulement celles en dessous de 200 par

  6. Intervenant 2

    exemple. 34, 55, 89 et 144. Et d'ailleurs, même si on ajoute parfois un zéro tout au début pour des raisons purement formelles, ça ne change absolument rien à la logique de base.

  7. Intervenant 1

    Oui, parce qu'en entendant juste ce début, je veux dire, la mécanique saute aux yeux. On prend simplement les deux nombres précédents, on les additionne et paf, on a le suivant.

  8. Intervenant 2

    Tout à fait, c'est la définition même d'une relation de récurrence.

  9. Intervenant 1

    Donc en langage purement mathématique, ça donne Fn égale Fn-1 plus Fn-2. Ça, c'est à partir du moment où n est supérieur ou égal à 3, bien sûr, avec F1 et F2 qui valent 1.

  10. Intervenant 2

    C'est exactement ça. La formule est hyper claire et rigoureuse. Mais bon, c'est vrai que le lien avec des lapins, il ne saute pas vraiment aux yeux de prime abord.

  11. Intervenant 1

    Non, pas du tout même. On se demande ce qu'ils font là.

  12. Intervenant 2

    En fait, l'explication, on la trouve dans le livre majeur de Fibonacci, le Liber Abassi. L'objectif, ce n'était pas juste de formuler des additions à l'infini. Il voulait modéliser une dynamique de population.

  13. Intervenant 1

    Ah d'accord, donc une vraie situation biologique.

  14. Intervenant 2

    Voilà, l'expérience de pensée, elle commence avec un seul couple de lapins. La règle fixée, c'est que chaque mois, chaque couple donne naissance à un nouveau couple.

  15. Intervenant 1

    Sauf que, et c'est là que ça devient intéressant, un nouveau couple a besoin de temps pour arriver à maturité. Il devient productif seulement au troisième mois de son existence.

  16. Intervenant 2

    Exactement. Il y a un délai d'attente.

  17. Intervenant 1

    Mais attends, il y a quand même un détail presque absurde qu'il faut vraiment souligner dans ce modèle. Pour que la population croisse indéfiniment comme ça, selon l'équation, ça implique que ces lapins ne meurent absolument jamais. C'est

  18. Intervenant 2

    le secret de l'élevage mathématique, ouais.

  19. Intervenant 1

    C'est fou, mais c'est une excellente analogie sur la façon dont les maths procèdent en fait. On s'empare d'un phénomène du monde réel et on le purge délibérément de ses variables aléatoires, comme la mortalité.

  20. Intervenant 2

    Ben oui, pour en extraire une structure logique pure, et cette simplification extrême, c'est le fondement même de la modélisation théorique.

  21. Intervenant 1

    Et c'est justement ça qui nous mène tout droit à notre relation de récurrence.

  22. Intervenant 2

    Ah, voyons voir comment l'histoire des animaux se traduit par la formule du coup.

  23. Intervenant 1

    Alors, au mois N, le nombre total de couples, donc notre fameux FN, il est d'abord composé de tous les couples qui étaient déjà en ville au mois précédent.

  24. Intervenant 2

    Donc, FN-1.

  25. Intervenant 1

    Logique, vu qu'ils sont immortels.

  26. Intervenant 2

    C'est ça. Et à cette population de base, il faut bien sûr ajouter les naissances du mois en cours.

  27. Intervenant 1

    D'accord, mais c'est là que le fameux délai de maturation entre en jeu. Les nouveaux-nés du mois N ne peuvent pas provenir de toute la population N-1, puisqu'une partie de ces lapins est encore trop jeune pour se reproduire.

  28. Intervenant 2

    Exactement, bien

  29. Intervenant 1

    vu. Donc si un couple ne devient productif qu'au troisième mois, ça veut dire que pour avoir des naissances aujourd'hui, il faut regarder le nombre de couples qui existaient déjà deux mois plus tôt.

  30. Intervenant 2

    Donc, n-2, le compte est bon en fait ? L'équation s'équilibre d'elle-même. La population d'aujourd'hui, Fn, c'est bien la somme de la population d'hier, Fn-1, et des naissances qui sont égales à la population d'avant-hier, Fn-2.

  31. Intervenant 1

    C'est une traduction mathématique d'une grande élégance. Ce qui se présente au départ comme une simple énigme de croissance animale, ça se métamorphose en une pure relation de récurrence implacable.

  32. Intervenant 2

    Ouais, les mathématiques agissent ici comme un outil redoutable pour isoler le moteur fondamental de la croissance. Ça montre comment une petite règle de retard dans la reproduction engendre une expansion totalement prévisible.

  33. Intervenant 1

    Ce qui ramène vraiment à ce paradoxe du début, entre la froideur de l'équation et le foisonnement du vivant. Si ce modèle mathématique, pourtant simplifié, parvient à capturer l'essence d'une prolifération théorique avec une telle précision, il y a de quoi réfléchir.

  34. Intervenant 2

    Ah oui, le champ des possibles est vaste.

  35. Intervenant 1

    Quelles autres structures ou quels autres schémas de croissance dans la nature pourraient secrètement obéir à cette même règle mathématique ? C'est une réflexion ouverte, tout à fait captivante pour clôturer cette exploration. Merci à tout le monde d'avoir suivi ce numéro et à très bientôt pour une nouvelle plongée mathématique.

À écouter ensuite

Des épisodes qui partagent une playlist, une figure ou un domaine avec celui-ci.