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14 juin 2021 · 13 min

Dix tétraèdres mobiles : pourquoi ces sommes constantes ?

Cet épisode suit deux pistes : le mouvement d’un anneau de dix tétraèdres, puis l’organisation de ses 40 faces en sommes constantes.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente, le grand rendez-vous de tous les curieux des mathématiques. Alors aujourd'hui, on part sur une exploration qui est franchement hallucinante.

  2. Intervenant 2

    Ah bah hallucinante, c'est exactement le mot. On va plonger dans un truc qui défie un peu le bon sens en fait.

  3. Intervenant 1

    Grave. Donc pour ceux qui nous écoutent, on va décortiquer ce qu'on appelle l'anneau magique de tétraèdres, qui était présenté dans le numéro 200 de Tangente. Imaginez juste un objet en papier qui peut tourner sur l'unème à l'infini. Un peu comme un Rubik's Cube qui aurait fusionné avec un origami perpétuel.

  4. Intervenant 2

    Ouais, c'est une super image. Et ce qui est fascinant ici, c'est qu'on dépasse complètement la simple construction ludique du dimanche après. On touche à des propriétés mécaniques et surtout à des alignements arithmétiques qui sont extraordinaires. C'est vraiment la généralisation du fameux carré magique, mais poussé en trois dimensions.

  5. Intervenant 1

    Et en mouvement, c'est ça le truc fou. C'est la mission de notre plongée aujourd'hui. On va essayer de comprendre comment un simple bout de papier découpé peut abriter une mécanique spatiale parfaite et une théorie des nombres hyper rigide.

  6. Intervenant 2

    Exactement. Et la première étape, avant même de parler de la magie des nombres, il faut déjà s'arrêter sur l'ingénierie du papier, le miracle mécanique en soi.

  7. Intervenant 1

    Ah oui, parce que la construction, purée, c'est pas rien. Déjà, il faut prendre le patron du magazine, il y a deux modèles à découper, c'est super méticuleux. Mais la phase la plus longue, et tu vas pas me contredire, c'est le pliage.

  8. Intervenant 2

    C'est clair, c'est là que tout se joue. Il faut être d'une précision diabolique. Il faut bien différencier les pointillés larges, ce qu'on appelle les plis-valets. C'est là où

  9. Intervenant 1

    le papier se creuse, on est

  10. Intervenant 2

    d'accord. C'est ça, le pli forme un creux, une valet. Et de l'autre côté, t'as les pointillés fins pour les plis-montagnes où la raide va pointer vers l'extérieur. C'est ce langage fondamental de l'origami qui va forcer le papier à prendre du volume, à passer de la 2D à la 3D.

  11. Intervenant 1

    Et après, il y a l'assemblage. Il faut coller la languette F sous la face 32, ensuite la languette G sous la face 12, tout ça pour obtenir une longue bande. Et on referme l'anneau avec les languettes M et N sous les faces 1 et 26. Enfin, c'est un vrai travail d'orfèvre.

  12. Intervenant 2

    C'est un assemblage hyper précis pour obtenir cette fameuse chaîne fermée de dix tétraèdres. Et un tétraèdre, pour rappel, c'est ce volume géométrique à quatre faces triangulaires.

  13. Intervenant 1

    Voilà. Et là, c'est là que ça devient vraiment intéressant. Et que mon cerveau commence un peu à buguer, je t'avoue. On a une chaîne fermée de dix tétraèdres en papier. Logiquement, un anneau fermé, ça devrait être rigide, ça devrait se bloquer.

  14. Intervenant 2

    Bah oui, la géométrie classique te dirait que ça ne bouge pas.

  15. Intervenant 1

    Exactement. Et pourtant, cet anneau, on peut le faire rouler sur lui-même, de l'intérieur vers l'extérieur, sans fin. Qu'est-ce qui permet à ce truc de tourner indéfiniment sans que le papier ne se déchire au bout de deux secondes ?

  16. Intervenant 2

    Alors la réponse, elle se trouve dans un secret mécanique qui est lié à la forme même du tétraèdre régulier. C'est hyper élégant. Sur un tétraèdre régulier, l'arête qui joint deux points est toujours strictement orthogonale, donc perpendiculaire dans l'espace à celle qui joint les deux autres points opposés.

  17. Intervenant 1

    Attends, perpendiculaire dans l'espace, ça veut dire que si elles se croisaient, elles feraient un angle de 90 degrés.

  18. Intervenant 2

    C'est exactement ça. Elles ne se touchent pas, mais leurs axes sont à 90 degrés. Et cette orthogonalité, ça crée des articulations parfaites. Ça agit comme un joint de transmission, un joint mécanique.

  19. Intervenant 1

    Ah, genre un joint de cardan comme dans les moteurs de voiture.

  20. Intervenant 2

    Absolument, c'est le principe du cardan. Ça permet de transférer une rotation entre des axes qui ne sont pas alignés. Du coup, cette propriété permet à une chaîne de tétraèdres de se retourner sur elle-même. C'est ce que les mathématiciens appellent un solide non rigide.

  21. Intervenant 1

    Un solide non rigide.

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