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23 août 2021 · 13 min

Jacques Dominioni : des cercles aux corps

Dans cet épisode, suivez ses périodes, des cercles aux corps, et découvrez comment lignes, trames et couleurs maintiennent la géométrie en mouvement.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Alors aujourd'hui, on va faire une exploration vraiment fascinante.

  2. Intervenant 2

    Absolument. Préparez-vous, ça décoiffe.

  3. Intervenant 1

    Imaginez une toile abstraite, une explosion de couleurs vives, des formes complètement éclatées dans tous les sens.

  4. Intervenant 2

    Oui, ce qu'on appelle très classiquement de l'abstraction lyrique en fait.

  5. Intervenant 1

    Exactement. L'œil s'y perd complètement, la composition a l'air de jaillir dans un désordre totalement instinctif. Mais, et c'est là que ça devient dingue, imaginez qu'on prenne cette même toile et qu'on la fasse pivoter de 90 degrés. Puis de 180,

  6. Intervenant 2

    puis de 270 degrés.

  7. Intervenant 1

    Voilà. À chaque quart de tour, le chaos apparent révèle en fait un équilibre mathématique absolument parfait.

  8. Intervenant 2

    C'est ahurissant quand on y pense.

  9. Intervenant 1

    Ouais, c'est une invariance géométrique totale où chaque masse de couleurs compense exactement une autre. Et c'est cette énigme vertigineuse qu'on va décortiquer aujourd'hui.

  10. Intervenant 2

    Et cette énigme, elle porte un nom, Jacques Dominion, un peintre français dont la carrière s'étend en gros de 1934 à 2014. Ce qui est fascinant quand on plonge dans les archives, notamment sur le site jacquesdominio.com, c'est vraiment la contradiction fondamentale de son œuvre.

  11. Intervenant 1

    Laquelle exactement ?

  12. Intervenant 2

    D'un côté, les critiques d'art l'ont longtemps classé dans ce mouvement de l'abstraction lyrique, tu vois. Un mouvement qui revendique la spontanéité pure, le geste libéré de toute contrainte.

  13. Intervenant 1

    Le cliché de l'artiste qui jette la peinture sur la toile avec passion, quoi.

  14. Intervenant 2

    C'est ça, ouais. Mais de l'autre côté, quand on regarde vraiment de plus près, on découvre que l'intégralité de sa production repose sur un réseau invisible de lignes, de séquences, de tangentes et de cercles millimétrés.

  15. Intervenant 1

    C'est une fusion hyper spectaculaire. Et je pense que pour ceux qui nous écoutent et qui lisent Tangente, bon, la géométrie, c'est déjà une source d'émerveillement en soi. Évidemment. Mais le but de notre émission d'aujourd'hui, c'est de comprendre la mécanique interne. Comment une trame géométrique hyper stricte peut générer une émotion aussi pure sur une toile ? On

  16. Intervenant 2

    va démonter le moteur, en gros.

  17. Intervenant 1

    C'est exactement ça. On va regarder sous le capot pour voir comment cette beauté est construite. Et je crois que pour trouver les origines de ce moteur, il faut carrément s'éloigner des ateliers de peinture classiques, non ?

  18. Intervenant 2

    Ah bah oui, totalement. Parce que l'obsession de Dominioni pour les lignes de force, elle ne vient pas du tout de l'épide des pigments ou des pinceaux. Ça vient de la manipulation du bois.

  19. Intervenant 1

    Attends Dubois, eh ?

  20. Intervenant 2

    Ouais. Avant d'être peintre, il était ébéniste, en fait. Il a été formé à la prestigieuse École des Bénisteries d'Art de Paris. Et surtout, il est passé par les Compagnons de l'Art du Trait.

  21. Intervenant 1

    L'Art du Trait ? Mais oui, ça explique tout. Enfin, on parle de géométrie descriptive, là.

  22. Intervenant 2

    Exactement. Celle qui a été formalisée par Gaspard Monge.

  23. Intervenant 1

    Ouais, pour rappel, pour ceux qui nous écoutent, c'est cette capacité à représenter des volumes complexes en trois dimensions sur une surface plane en 2D, souvent par des projections orthogonales.

  24. Intervenant 2

    C'est tout à fait ça. Quand un charpentier ou un ébéniste d'art réalise ce qu'on appelle une épure, il trace à même le sol, grandeur nature, l'intersection exacte des pièces de bois qui vont s'emboîter dans l'espace.

  25. Intervenant 1

    Bon, décortiquons un peu tout ça parce que c'est central. Si je comprends bien, c'est comme s'il construisait ses tableaux comme un meuble de haute volée en fait. L'ébénistérie lui a donné le squelette.

  26. Intervenant 2

    C'est une super analogie. Cette traduction de la 3D vers la 2D, c'est vraiment la clé de toute son œuvre. Dominioni n'utilisait pas la géométrie juste comme un petit outil de repérage en arrière-plan.

  27. Intervenant 1

    Il en faisait le sujet principal.

  28. Intervenant 2

    Voilà. L'épure, donc ce processus de projection mathématique, devenait sa finalité esthétique. L'intersection des lignes n'était plus là pour préparer une coupe de bois, tu vois. Elle devenait l'œuvre d'art elle-même. Absolument.

  29. Intervenant 1

    Un quadrillage géant qui agit comme un système de coordonnées. D'ailleurs, j'ai lu qu'il maîtrisait tellement bien les lignes qu'il finissait par conseiller des architectes professionnels sur leur propre plan.

  30. Intervenant 2

    C'est fou, non ?

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