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18 févr. 2021 · 18 min

RVB ou CMJN : pourquoi les couleurs changent-elles ?

Dans cet épisode, suivez la lumière de l’œil à l’écran puis à l’imprimante pour découvrir pourquoi le RVB additionne les couleurs tandis que le CMJN les soustrait.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    La pomme posée sur la table de la cuisine, là, en ce moment même, eh bien, elle n'est pas rouge. L'océan, lui non plus, n'est pas bleu. En fait, la couleur n'a absolument aucune existence physique dans l'univers. C'est une pure invention.

  2. Intervenant 2

    Ouais, on peut même dire une sorte d'hallucination générée directement par notre système nerveux.

  3. Intervenant 1

    C'est complètement fou, mais c'est vrai. Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Je suis vraiment super ravie de retrouver notre audience aujourd'hui pour une nouvelle exploration en profondeur.

  4. Intervenant 2

    Moi aussi, je suis très enthousiaste.

  5. Intervenant 1

    Surtout qu'aujourd'hui, on s'attaque à un phénomène que l'humanité entière expérimente à chaque seconde. Quelque chose de tellement banal qu'on n'y réfléchit même plus.

  6. Intervenant 2

    Exactement. Et pourtant, ça repose sur une mécanique mathématique, physique et biologique d'une précision inouïe.

  7. Intervenant 1

    On va parler des couleurs.

  8. Intervenant 2

    C'est un sujet formidable. Ça permet de faire le pont entre tellement de disciplines différentes. Notre but pour cette exploration, c'est vraiment de tracer une ligne continue, une logique implacable.

  9. Intervenant 1

    Oui, on va partir de la philosophie antique pour atterrir directement dans les pixels des smartphones de ceux qui nous écoutent.

  10. Intervenant 2

    Tout à fait. Et on garde l'ADN de Tangente. Beaucoup de clarté, mais surtout une rigueur mathématique absolue. On ne va pas juste balancer des anecdotes, on veut décortiquer le comment et le pourquoi.

  11. Intervenant 1

    Bon bah décortiquons un peu ça justement. Si on cherche le point de départ de notre rapport à la couleur, il faut remonter loin. Il faut se tourner vers Platon en fait.

  12. Intervenant 2

    Platon, oui. Dans le livre VI de La République, il énonce une idée qui structure encore notre vision des choses aujourd'hui.

  13. Intervenant 1

    Ouais, il observe que c'est la lumière du soleil qui nous permet de distinguer les couleurs. Il fait vraiment le lien de manière indissociable entre l'image et la lumière. En gros, sautant lumière, la sensation de couleur s'évapore.

  14. Intervenant 2

    Et le plus beau, c'est que la physique moderne lui donne entièrement raison sur ce point. Pour comprendre comment on perçoit et comment on fabrique des couleurs, il faut d'abord comprendre ce qui les transporte. La

  15. Intervenant 1

    lumière, du coup.

  16. Intervenant 2

    Voilà, la lumière. Et ce qu'on appelle la lumière, physiquement, c'est juste une perturbation des champs électriques et magnétiques qui se propagent dans l'espace. C'est une onde électromagnétique quoi ?

  17. Intervenant 1

    Et comme n'importe quelle onde, que ce soit les vagues sur l'eau ou le son, elle a une mesure bien précise.

  18. Intervenant 2

    Exactement, c'est sa longueur d'onde. C'est tout simplement la distance entre deux crêtes successives de l'onde.

  19. Intervenant 1

    Ce qui existe dans l'univers est ce que notre œil voit réellement.

  20. Intervenant 2

    Ah oui, le spectre dit visible est une fenêtre incroyablement étroite. Il s'étend en gros de 400 nanomètres pour le violet jusqu'à environ 700 nanomètres pour le rouge.

  21. Intervenant 1

    Attends, juste pour ceux qui nous écoutent, un nanomètre, c'est minuscule, non ?

  22. Intervenant 2

    C'est vraiment minuscule. Un nanomètre, c'est 10 puissance moins 9 mètres. Un milliardième de mètre.

  23. Intervenant 1

    D'accord, mais le truc le plus dingue, c'est pas la taille de l'onde, c'est à quel point cet intervalle visible est ridicule par rapport au reste.

  24. Intervenant 2

    Complètement. Si on imagine tout le spectre électromagnétique comme un grand ruban qui ferait, disons, la longueur de toute l'Europe, la petite fraction qu'on peut voir, de 400 à 700 nanomètres, ça représenterait même pas un millimètre sur ce

  25. Intervenant 1

    ruban. C'est juste fou. Parce que juste en dessous de 400 nanomètres, on a les ultraviolets, les rayons X, les rayons gamma.

  26. Intervenant 2

    Et de l'autre côté, au-delà de 700, on trouve l'infrarouge, les micro-ondes, les ondes de nos téléphones, les radars... Et toutes

  27. Intervenant 1

    les ondes radio !

  28. Intervenant 2

    Et pourtant, c'est la même nature physique que la lumière du soleil. Mais notre corps n'y voit absolument rien. En préparant cette exploration, je me faisais une réflexion. Vas-y, je t'écoute. En fait, c'est comme si le corps humain était un récepteur radio. Mais nos antennes biologiques, donc nos yeux, elles sont bloquées sur une seule et unique toute petite station FM.

  29. Intervenant 1

    C'est une excellente métaphore. On capte juste cette minuscule fréquence et on ignore tout le brouhaha électromagnétique géant qui nous traverse en permanence.

  30. Intervenant 2

    Du coup, ça soulève une vraie question. Pourquoi cette station-là précisément ? Pourquoi on a été calibré entre 400 et 700 zanomètres ? Eh bien, la réponse se trouve juste au-dessus de nos têtes, dans l'atmosphère de notre planète. En fait, les gaz et la vapeur d'eau de l'atmosphère agissent comme un filtre ultra-puissant.

  31. Intervenant 1

    Ah, donc l'atmosphère bloque une grande partie de ce ruban invisible ?

  32. Intervenant 2

    Absolument. Elle bloque les rayonnements mortels, comme les rayons X ou les UV extrêmes, et aussi de grosses bandes d'infrarouges. Mais, et c'est là que c'est magique, l'atmosphère est presque parfaitement transparente pour les ondes entre 400 et 700 nanomètres.

  33. Intervenant 1

    Ah ouais, c'est ce qu'on appelle la fenêtre optique, non ?

  34. Intervenant 2

    C'est ça. Donc logiquement, l'évolution a juste doté le vivant de capteurs qui sont optimisés pour capter la seule lumière solaire qui arrivait vraiment jusqu'à la surface de la Terre.

  35. Intervenant 1

    C'est super pragmatique, la nature s'est adaptée aux filtres atmosphériques. Mais si on zoome un peu, au niveau moléculaire, comment cette onde interagit vraiment avec notre œil ? Parce qu'on parle d'onde, mais il y a un côté matériel aussi.

  36. Intervenant 2

    Bien sûr, et là on entre dans le domaine de la mécanique quantique. L'onde électromagnétique, ça explique comment la lumière voyage. Mais pour comprendre comment notre rétine l'attrape, il faut voir la lumière comme des particules.

  37. Intervenant 1

    Les fameux photons.

  38. Intervenant 2

    Exactement les photons, c'est le quantum d'énergie. Quand la lumière tape dans ton œil, ce n'est pas une vague continue, c'est une pluie de petits paquets d'énergie.

  39. Intervenant 1

    Et chaque photon n'a pas la même énergie, c'est bien ça ?

  40. Intervenant 2

    Tout à fait. Leur énergie est inversement proportionnelle à leur longueur d'onde.

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