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18 févr. 2021 · 17 min

Imagerie médicale : du signal aux mesures, où sont les maths ?

Dans cet épisode audio, suivez étape par étape le passage du signal à l’image numérique, puis aux mesures quantitatives utiles au médecin.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente, le rendez-vous incontournable pour faire pétiller les neurones.

  2. Intervenant 2

    Salut à tous, ravi d'être là.

  3. Intervenant 1

    Alors aujourd'hui, il faut imaginer la Seine, une situation que beaucoup ont déjà vécu ou vivront un jour.

  4. Intervenant 2

    Ouais, le fameux passage à l'hôpital.

  5. Intervenant 1

    Exactement, on enfile une de ces fameuses blouses inconfortables ouvertes dans le dos, on s'allonge sur une table froide et là, il y a une énorme machine qui commence à tourner autour de nous.

  6. Intervenant 2

    Avec les bourdonnements et les claquements sacs qui font bien peur, en général.

  7. Intervenant 1

    Ah ouais, le bruit est terrifiant. Et qu'il s'agisse d'un scanner, d'une IRM ou d'une échographie, l'intuition première qu'on a tous, c'est que cette machine ultra sophistiquée, elle est en train de prendre une sorte de photographie magique de l'intérieur du corps.

  8. Intervenant 2

    Comme si un flash surpuissant traversait directement la peau pour révéler les os, quoi.

  9. Intervenant 1

    Voilà, c'est ça.

  10. Intervenant 2

    Et cette image mentale, elle est extrêmement forte. Et d'ailleurs, elle est tout à fait logique, parce que l'humanité a grandi avec la photographie.

  11. Intervenant 1

    Bah oui.

  12. Intervenant 2

    Donc on s'attend naturellement à ce que l'imagerie médicale fonctionne sur le même principe fondamental. Un objectif, un signal lumineux, un déclic et hop, on obtient une image nette d'une fracture. Sauf que c'est pas du tout ça. Ah du tout ! En réalité, le processus est infiniment plus complexe. Pour être tout à fait précis, un appareil de radiologie moderne ou une IRM, techniquement parlant, c'est totalement aveugle.

  13. Intervenant 1

    Aveugle,

  14. Intervenant 2

    ouais. Il ne voit absolument rien au sens optique du terme.

  15. Intervenant 1

    Bon, décortiquons tout ça. Parce que pour comprendre cette espèce de magie clinique, on a épluché une belle pile de documents allant du publications scientifiques récentes à des articles de fond de Tangente.

  16. Intervenant 2

    Il y avait de quoi lire, d'ailleurs.

  17. Intervenant 1

    Ah ça oui, des gros essais sur la modélisation mathématique du vivant. Et le but de notre exploration aujourd'hui, c'est de révéler le secret majestueux qui se cache derrière chaque diagnostic médical moderne.

  18. Intervenant 2

    Le grand secret.

  19. Intervenant 1

    Et ce secret, c'est que l'imagerie médicale n'est pas du tout de la photographie. C'est de la mathématique pure. Ce que le chirurgien regarde sur son écran, ce n'est pas une simple capture lumineuse.

  20. Intervenant 2

    Non, c'est l'aboutissement d'une chaîne colossale de calculs. C'est vraiment le changement de paradigme qu'il faut opérer dès le départ.

  21. Intervenant 1

    Ouais, il faut oublier la photo.

  22. Intervenant 2

    Exactement. Les mathématiques, ce sont le langage invisible en fait, le traducteur universel qui permet de convertir des phénomènes physiques bruts en images.

  23. Intervenant 1

    Sans ça, on aurait quoi ?

  24. Intervenant 2

    Sans l'algèbre linéaire, la géométrie ou les statistiques, nos machines à plusieurs millions d'euros, elles ne produiraient qu'une bouillie de signaux illisibles. La mathématique, c'est littéralement ce qui sculpte l'image.

  25. Intervenant 1

    C'est fou. Et la base de tout ça, ce qui démontre complètement cette illusion de la photo médicale, c'est un concept qui revient en boucle dans tous les dossiers qu'on a lus.

  26. Intervenant 2

    La fameuse matrice.

  27. Intervenant 1

    Voilà. Une image médicale, avant d'être une belle image avec des nuances de gris, c'est un tableau de nombres. Et en lisant ça, moi l'analogie qui m'est venue tout de suite, c'est un gigantesque tableau Excel.

  28. Intervenant 2

    Un tableau Excel extrêmement complexe, ouais.

  29. Intervenant 1

    Avec des millions de petites cases. L'ordinateur, au lieu de voir un tissu humain, il voit des cases.

  30. Intervenant 2

    Oui, l'ordinateur qui pilote la machine ne connaît pas la notion d'image. Il ne connaît que cette grille. Et en deux dimensions, sur un écran classique, on appelle ces cases des pixels.

  31. Intervenant 1

    Ça, je pense que tout le monde connaît les pixels.

  32. Intervenant 2

    Sauf que chaque pixel ne contient pas une couleur à l'origine, mais une valeur numérique bien précise, Et en médecine moderne, la complexité va bien au-delà de la 2D évidemment.

  33. Intervenant 1

    C'est là que le fameux tableau Excel prend des proportions hallucinantes. On ajoute la profondeur. Donc on ne parle plus de petits carrés plats, mais de petits cubes.

  34. Intervenant 2

    Les voxels.

  35. Intervenant 1

    Les voxels, pour les images spatiales en 3D. Genre, pendant une IRM du cerveau, la machine empile ses grilles de nombres pour former un volume complet, brique par brique.

  36. Intervenant 2

    C'est ça. Mais la réalité clinique pousse le concept encore plus loin. En fait, les données montrent qu'on travaille très souvent avec ce qu'on appelle des images à N dimensions.

  37. Intervenant 1

    Alors là, franchement, l'idée d'une image médicale à N dimensions, ça donne l'impression de plonger dans de la science fiction.

  38. Intervenant 2

    C'est vrai que ça sonne un peu abstrait.

  39. Intervenant 1

    Bah la 3D, on arrive à la visualiser quoi. Largeur, hauteur, profondeur. Mais concrètement, c'est quoi ces autres dimensions qu'on ajoute à ce cube de nombre géant ?

  40. Intervenant 2

    Bah la dimension supplémentaire la plus évidente, c'est bêtement le temps.

  41. Intervenant 1

    Ah le temps, d'accord.

  42. Intervenant 2

    Prenons un cas pratique. On veut observer la perfusion d'un produit de contraste dans les vaisseaux sanguins du foie. Avoir une image 3D figée, ça sert à rien. Bah non, faut que ça bouge. Le clinicien veut voir comment le liquide se propage, afflux par afflux, seconde par seconde. Donc on a notre volume spatial en 3D, nos milliards de voxels, multipliés par un nombre défini d'instants.

  43. Intervenant 1

    Donc on est déjà à quatre dimensions là.

  44. Intervenant 2

    Ouais, quatre dimensions. Et on peut même ajouter la dimension multispectrale.

  45. Intervenant 1

    C'est-à-dire ?

  46. Intervenant 2

    Pour une même petite boîte spatiale, ce fameux voxel, on a plusieurs informations différentes en même temps.

  47. Intervenant 1

    Tout à fait.

  48. Intervenant 2

    Au lieu d'avoir un seul chiffre dans le voxel qui indique, disons, la densité du tissu, on va y ranger un vecteur entier de nombres.

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