
15 déc. 2021 · 15 min
Nombre d’or : l’équation banale aux surprises infinies
Dans cet épisode, suivez les égalités en cascade de φ et découvrez comment une simple équation mène aux nombres de Fibonacci, puis à la géométrie.
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Je suis absolument ravie d'ouvrir cette nouvelle plongée au cœur de nos sources mathématiques. Aujourd'hui, on s'attaque à un article fascinant qui s'intitule sobrement « Des propriétés mathématiques remarquables ». Et notre mission, c'est de démystifier un concept absolu.
Intervenant 2
Salut Ève. Oui, un concept qui a fait couler beaucoup d'encre, c'est le moins qu'on puisse dire.
Intervenant 1
On parle du célébrissime nombre d’or. Il a dicté les proportions du Parthénon à Athènes. Il fascine les artistes, les architectes, les biologistes depuis des millénaires. Enfin bref, on l'appelle la divine proportion.
Intervenant 2
Tout à fait. Et c'est là que l'article devient génial, parce qu'il souligne un paradoxe énorme.
Intervenant 1
Oui, parce que quand on entend « divine proportion », on s'attend à un truc cosmique, indéchiffrable. Alors qu'à la base, ce mythe repose sur une petite équation polynomiale tellement banale qu'on l'étudie au lycée. C'est presque décevant au début, non ? Beaucoup de bruit pour rien ?
Intervenant 2
On pourrait croire, mais en fait cette simple équation, elle cache une série de poupées russes mathématiques qui vont littéralement retourner le cerveau de tous ceux qui s'y penchent. La véritable magie, elle ne réside pas dans la complexité de départ, mais dans les conséquences infinies d'une règle super simple.
Intervenant 1
Ok, alors avant de plonger dans cette infimie, il faut qu'on pose les bases. De quoi on parle et d'où vient ce fameux symbole qu'on voit partout ?
Intervenant 2
Alors le nombre d'or, il est noté avec la lettre grecque phi.
Intervenant 1
Le rond barré verticalement, c'est ça ?
Intervenant 2
Exactement. C'est un hommage très probable au sculpteur grec Phidias, qui vivait au 5e siècle avant notre ère.
Intervenant 1
Celui qui a fait le Parthénon ?
Intervenant 2
C'est ça. Parfois, on le note avec un Phi majuscule, ou même la lettre Tau, mais Phi, c'est vraiment la norme. Et sa définition élégante, en algèbre, c'est simplement la solution positive de l'équation x²-x-1 est égale à 0.
Intervenant 1
Juste ça ! x²-x-1 égale 0. C'est fou !
Intervenant 2
Et si on calcule cette solution ? On trouve la valeur exacte de Φ, qui est 1 plus la racine carrée de 5, le tout divisé par 2, ce qui donne environ 1,618 034.
Intervenant 1
Et le mot-clé ici, c'est « environ », parce que ce nombre, c'est un esprit libre. C'est ce qu'on appelle un nombre irrationnel.
Intervenant 2
Ouais, son écriture décimale est infinie et surtout, elle n'est pas périodique.
Intervenant 1
Du coup, j'aime bien l'analogie que fait le texte avec une fraction classique pour bien comprendre cette différence. Par exemple, si on prend la fraction 25 divisé par 28. Si on pose la division, on trouve d'abord 0,89 et puis boum, on tombe sur une boucle.
Intervenant 2
La fameuse série qui se répète.
Intervenant 1
Voilà, 2, 8, 5, 7, 1, 4, et ça tourne en rond à l'infini. 2, 8, 5, 7, 1, 4, encore et encore. Mais avec le nombre d’or, il n'y a jamais de boucle. C'est une aventure perpétuelle, après la virgule. Il refuse de se ranger dans un motif répétitif.
Intervenant 2
C'est le chaos total. Mais c'est justement ce chaos décimal qu'a poussé les mathématiciens à se demander si on ne pouvait pas l'écrire
Intervenant 1
autrement.
Intervenant 2
S'il existe une autre façon de l'écrire qui révélerait un motif caché. Et c'est là que l'équation de base se transforme en un vrai tour de magie.
Intervenant 1
Ok, je sens qu'on arrive au poupée russe. Comment on fait ?
Intervenant 2
On repart de notre équation de départ où x est remplacé par phi. Donc on a phi au carré moins phi moins 1 est égal à 0.
Intervenant 1
Jusque là, je suis.
Intervenant 2
L'astuce, c'est d'isoler le carré. On passe les autres termes de l'autre côté et on obtient phi au carré est égal à phi plus 1.
Intervenant 1
D'accord.
Intervenant 2
Et là, si on divise toute l'équation par phi, à gauche, on se retrouve avec juste phi. Et à droite, on a phi divisé par phi, ce qui fait 1, plus 1 sur phi.
Intervenant 1
Donc on arrive à la formule absurde. Phi est égal à 1 plus 1 sur phi.
Intervenant 2
C'est ça.
Intervenant 1
Waouh, mais attends. Ça veut dire que le nombre d'or est défini par le nombre d'or lui-même.
Intervenant 2
Exactement. Et comme on a un phi à droite, sous la barre de fraction, on peut le remplacer par sa propre définition.
Intervenant 1
Oh la vache. Donc ça fait comme deux miroirs placés face à face. Une mise en abîme.
Intervenant 2
C'est totalement ça. On remplace le phi du bas, ce qui donne un plus 1, divisé par, ouvrez les parenthèses, 1 plus 1 sur phi. Et on recommence.
Intervenant 1
Et ça crée une boucle infinie de fractions ?
Intervenant 2
Une cascade infinie de chiffres 1. Et ça s'écrit de manière très élégante avec ce qu'on appelle une fraction continue. On la note entre crochets.
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