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15 oct. 2024 · 16 min

Polygones entiers : jusqu’où multiplier les sommets ?

L’épisode part de l’échec du carré, construit des polygones aux distances entières et suit leurs étapes jusqu’à la frontière de l’infini.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Nous sommes ravis d'accueillir les auditeurs aujourd'hui pour une nouvelle aventure mathématique.

  2. Intervenant 2

    Salut ! Ouais, et quelle aventure, franchement.

  3. Intervenant 1

    Ah ça, oui. Aujourd'hui, on entreprend une sacrée plongée au cœur de nos sources et on se base plus particulièrement sur un article fascinant qui s'intitule « Des polygones en entier ».

  4. Intervenant 2

    Tout à fait. Et l'objectif de cette exploration, en fait, c'est de s'attaquer à une question géométrique qui a l'air presque innocente, quoi. C'est ça.

  5. Intervenant 1

    On dirait un petit exercice de géométrie qu'on ferait sur une feuille de papier quadrillée au collège.

  6. Intervenant 2

    Ouais, genre on prend une règle, un crayon et c'est parti.

  7. Intervenant 1

    Sauf que, et c'est là que c'est dingue, cette même question a rendu fous les savants depuis l'Antiquité. Elle a traversé les siècles et continue de générer des percées majeures dans la recherche mondiale, même jusqu'en 2024. C'est

  8. Intervenant 2

    complètement fou.

  9. Intervenant 1

    Donc, la mission du jour, le fameux problème, c'est ça. Est-ce qu'on peut dessiner une figure géométrique dont absolument tous les côtés, mais aussi toutes les diagonales, sont des nombres entiers ?

  10. Intervenant 2

    Zéro fraction, zéro décimale, rien. Que des entiers.

  11. Intervenant 1

    Exactement. Et franchement, ce grand écart conceptuel entre la question et la réponse, c'est ce qui rend le sujet si captivant.

  12. Intervenant 2

    Ah bah oui ! Parce que d'un côté, l'énoncé est basique, on veut juste des distances entières. Mais de l'autre, pour résoudre ça complètement, il a fallu construire des ponts théoriques hallucinants.

  13. Intervenant 1

    Des ponts entre plein de domaines, c'est

  14. Intervenant 2

    ça ? Ouais, entre la géométrie classique, l'analyse harmonique, la théorie des nombres et même la géométrie algébrique. Derrière cette simplicité, il y a une complexité arithmétique vraiment vertigineuse.

  15. Intervenant 1

    Ok, décortiquons tout ça, parce que pour bien capter l'ampleur du truc, il faut partir des bases. Si on prend un polygone à trois côtés, donc un triangle, là on a plein de solutions, non ?

  16. Intervenant 2

    Oui, la littérature regorge de solutions pour les triangles.

  17. Intervenant 1

    D'ailleurs, notre public s'en souvient peut-être, on a déjà exploré les fameux triangles pythagoriciens dans le numéro 212 de Tangente. Le classique triangle de côté 3, 4 et 5, il marche à la perfection.

  18. Intervenant 2

    C'est le cas d'école. Mais forcément, on a envie d'ajouter un sommet de plus.

  19. Intervenant 1

    Bah oui, on passe au quadrilatère. Et on pense direct à la figure la plus régulière et symétrique qui soit, le carré. Logique. Sauf que le carré, il ne veut pas coopérer. Il oppose une résistance farouche.

  20. Intervenant 2

    Ah, le carré, c'est l'illustration parfaite de la rigidité des maths. Prenons un carré dont le côté mesure exactement 1.

  21. Intervenant 1

    Ok, donc pour l'instant, on respecte la règle. 1, c'est un entier.

  22. Intervenant 2

    Voilà. Mais la règle exige que la diagonale soit aussi un entier. Or, quand on trace la diagonale, on coupe le carré en deux triangles rectangles.

  23. Intervenant 1

    Et bim ! Théorème de Pythagore !

  24. Intervenant 2

    Exactement ! Et Pythagore est implacable. La longueur de cette diagonale, c'est la racine carrée de 2.

  25. Intervenant 1

    Aïe. Et pour les auditeurs férus de maths, la racine carrée de 2, c'est le couperet.

  26. Intervenant 2

    C'est clair. C'est le nombre irrationnel par excellence. La légende dit même que sa découverte aurait bouleversé les disciples de Pythagore,

  27. Intervenant 1

    tu sais. Ça causait un vrai drame à l'époque. C'est pas un entier et on peut même pas l'écrire sous forme de fraction.

  28. Intervenant 2

    Absolument. Et cette irrationnalité, c'est une propriété tellement ancrée qu'on peut rien y faire.

  29. Intervenant 1

    Mais attends, l'intuition géométrique, elle nous dit parfois, on n'a qu'à agrandir la figure. Genre on zoome assez et on finira par tomber sur un entier.

  30. Intervenant 2

    Bah non, sauf que l'arithmétique, ça marche pas comme ça.

  31. Intervenant 1

    Ah ouais ?

  32. Intervenant 2

    Ouais, parce que le rapport entre la diagonale et le côté est irrationnel. Donc ce rapport restera irrationnel peu importe l'échelle.

  33. Intervenant 1

    Donc si je multiplie mon carré par un milliard,

  34. Intervenant 2

    Ton côté vaudra un milliard, c'est un entier, super, mais ta diagonale restera accrochée à ce facteur de racine de 2.

  35. Intervenant 1

    Ah, ça ne passe

  36. Intervenant 2

    pas. Non. Tu pourrais faire un carré de la taille de la galaxie, ça ne résoudrait rien. Le carré parfait est définitivement éliminé.

  37. Intervenant 1

    Bon, donc on doit abandonner la symétrie parfaite du carré, il faut un truc un peu plus souple.

  38. Intervenant 2

    Et c'est le rectangle qui vient à la rescousse.

  39. Intervenant 1

    Ouf !

  40. Intervenant 2

    Eh oui, là on retrouve nos chairs entiers. Si on prend un rectangle avec une base de 3 et une hauteur de 4 ?

  41. Intervenant 1

    Moins.

  42. Intervenant 2

    La diagonale fait 5 ?

  43. Intervenant 1

    Comme notre triangle pythagoricien du début.

  44. Intervenant 2

    Tout à fait. Là, on a un quadrilatère rationnel. Côté et diagonale sont entiers.

  45. Intervenant 1

    Super. Mais en lisant nos sources, on voit que l'histoire ne s'arrête pas là. Trouver un rectangle, c'est bien. Mais les mathématiciens, eux, ils ont voulu trouver tous les quadrilatères possibles avec cette propriété.

  46. Intervenant 2

    Et c'est là que l'histoire s'emballe. On parle d'une quête sur plusieurs siècles. C'est fou. En 1848, le mathématicien allemand Ernst Kummer a fait un vrai tour de force. Il a réussi à paramétrer tous ces quadrilatères rationnels.

  47. Intervenant 1

    Donc il a trouvé l'équation générale pour les fabriquer.

  48. Intervenant 2

    C'est ça.

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