tangenteAudio

15 avr. 2020 · 18 min

Des particules aux planètes : les trajectoires en équations

Dans cet épisode audio, suivez les courbes d’échelle en échelle et découvrez comment elles modélisent particules, projectiles, planètes et comètes.

Premium
Collections de cet épisode (4)

Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

D’après l’articleLire l’article dans la revue

Transcription

Afficher la transcription

Transcription automatique

  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente et un immense merci d'être avec nous aujourd'hui.

  2. Intervenant 2

    Merci, je suis ravi d'être là.

  3. Intervenant 1

    Alors, qu'est-ce qu'une comète filant à toute vitesse dans l'espace a en commun avec, disons, la paille qui repose en ce moment, même dans votre verre d'eau ?

  4. Intervenant 2

    Hum, à première vue, vraiment rien du tout.

  5. Intervenant 1

    Voilà, rien. Pourtant, aujourd'hui, on va plonger dans une réalité assez troublante. L'univers entier, de l'infiniment grand des galaxies jusqu'au monde microscopique, il semble strictement contraint par une poignée de courbes géométriques invisibles.

  6. Intervenant 2

    Oui, c'est exactement ça.

  7. Intervenant 1

    ... réaliser les trajectoires. Et notre mission, c'est de comprendre cette adéquation saisissante entre les mathématiques pures et la physique. D'un côté, on a une discipline abstraite, née dans l'esprit humain, et de l'autre, on a le monde réel, tangible, la matière, la lumière. Comment ces deux mondes peuvent-ils s'emboîter de manière aussi parfaite ?

  8. Intervenant 2

    C'est le grand mystère de la science en fait. Que l'on observe la nature simplement pour s'en émerveiller, ou qu'on cherche à l'expliquer et à prédire ses comportements, on finit inévitablement par croiser le chemin de la géométrie.

  9. Intervenant 1

    D'accord.

  10. Intervenant 2

    La rencontre entre les mathématiques et la physique, elle se lit de manière vraiment privilégiée à travers un prisme très précis, celui des courbes et des trajectoires. La trajectoire, c'est l'empreinte qu'un objet laisse dans l'espace. Et il s'avère que cette empreinte n'est jamais, au grand jamais, aléatoire.

  11. Intervenant 1

    Pour vraiment comprendre comment ces mathématiques décrivent notre monde, on va commencer par le commencement. Ce qui régit notre univers, que ce soit pour des astres gigantesques ou des particules minuscules, ça repose souvent sur ce que l'article appelle les forces centrales.

  12. Intervenant 2

    Tout à fait.

  13. Intervenant 1

    Est-ce qu'on peut poser le décor ? C'est quoi physiquement une force centrale ?

  14. Intervenant 2

    Alors, imaginez deux objets dans le vide de l'espace, disons le Soleil et une planète. Une force centrale, c'est une interaction mécanique dont la direction agit toujours comme un fil invisible tendu entre ces deux objets. Ok, je vois. La force tire ou repousse, mais elle le fait systématiquement le long de la ligne droite qui relie le centre du premier objet au centre du second. La gravitation en est le meilleur exemple, mais la force électrostatique entre deux charges électriques fonctionne exactement sur le même principe. Le point d'origine de la force, c'est le centre géométrique de l'interaction.

  15. Intervenant 1

    Bon, décortiquons ça un peu, parce que c'est là que les mathématiques entrent en scène pour dicter le mouvement physique. L'article explique que si on prend en compte la conservation de l'énergie et une règle appelée la loi des airs, on obtient une équation polaire très spécifique.

  16. Intervenant 2

    Oui, c'est la formule mathématique du mouvement.

  17. Intervenant 1

    Bon, je ne veux pas qu'on récite la formule entière, mais il y a un élément clé à l'intérieur, un parlamètre appelé E, l'excentricité. Comment enfin, comment un simple chiffre peut-il déterminer le destin de quelque chose d'aussi massif qu'une planète ?

  18. Intervenant 2

    Eh bien, le paramètre E, c'est un véritable chef d'orchestre. Mathématiquement, c'est juste un nombre qui indique à quel point une courbe s'éloigne de la forme d'un cercle parfait. Et physiquement, ce nombre est directement dicté par l'énergie de l'objet qui se déplace. L'équation de la trajectoire nous dit que la forme de mouvement, ce qu'on appelle une conique en géométrie, va se métamorphoser en fonction de ce seul nombre. Prenons la situation où l'excentricité est inférieure à 1. Dans ce cas, les mathématiques nous disent que la courbe se referme sur elle-même, c'est une ellipse.

  19. Intervenant 1

    Ce qui veut dire qu'on est piégé. C'est notre système solaire en fait.

  20. Intervenant 2

    Exactement ! Johannes Kepler a passé des années à compiler des observations instrumentales pour arriver à cette conclusion en 1609. Il a constaté que les planètes ne tournaient pas en cercle parfait, mais en ellipse autour du Soleil. C'était purement observationnel à l'époque. Mais la véritable révolution est arrivée plus tard avec Isaac Newton.

  21. Intervenant 1

    Ah oui, avec la gravité ?

  22. Intervenant 2

    Voilà. En formulant sa loi de la gravitation universelle, Newton a prouvé que la mathématique pure exigeait cette forme elliptique. Si une force centrale décroît avec le carré de la distance, alors la trajectoire doit obligatoirement être une ellipse.

  23. Intervenant 1

    Donc si l'énergie de l'objet fait que le paramètre E est inférieur à 1, l'objet reste prisonnier de son étoile, tournant en boucle sur son ellipse. Mais que se passe-t-il si l'objet va beaucoup plus vite, s'il a plus d'énergie, au point que ce fameux paramètre dépasse 1 ?

  24. Intervenant 2

    Ah, là, la géométrie change radicalement. Si l'excentricité atteint exactement 1, la courbe s'ouvre d'un côté. C'est une parabole. D'accord. C'est la trajectoire d'un objet qui a juste assez d'énergie pour s'échapper à l'infini sans jamais s'arrêter.

  25. Intervenant 1

    Et si E est supérieur à 1, la courbe s'ouvre encore plus largement et ça devient une hyperbole.

  26. Intervenant 2

    Concrètement, pour un astronome qui regarde le ciel, ça signifie quoi de voir une hyperbole ?

  27. Intervenant 1

    Ça signifie qu'il observe un événement unique dans l'histoire du système solaire.

  28. Intervenant 2

    Vraiment ?

  29. Intervenant 1

    Oui. Lorsqu'on repère une comète et qu'en mesurant quelques points de son passage, les mathématiques nous indiquent que son excentricité est supérieure à 1, on sait immédiatement, avec une certitude absolue, que ce corps céleste vient de l'espace interstellaire.

  30. Intervenant 2

    C'est fou !

La suite de la transcription est réservée aux abonnés.

S’abonner

À écouter ensuite

Des épisodes qui partagent une playlist, une figure ou un domaine avec celui-ci.