
10 avr. 2024 · 17 min
Skateboard : du monster flip presque impossible aux rampes
Dans cet épisode, suivez les rotations de la planche, puis les courbes des rampes, pour découvrir comment physique et géométrie traversent le skatepark.
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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente et un très très chaleureux vœu de bienvenue à tous les auditeurs qui nous rejoignent pour cette nouvelle exploration.
Intervenant 2
Bonjour à tous, ravi d'être
Intervenant 1
là. Alors aujourd'hui, on va parler d'un truc qui semble assez éloigné des mathématiques au premier abord. Quand on voit un ado réussir un saut immense au-dessus d'une volée de marche en béton, on se dit juste c'est de la culture urbaine.
Intervenant 2
Ouais, la culture de rue des années 90 quoi.
Intervenant 1
Exactement. Sauf que, et c'est là tout le sel de notre plongée du jour, on assiste en fait en direct à la résolution d'un problème de géométrie spatiale, et ça en temps réel.
Intervenant 2
C'est complètement ça. Et avec une gestion des variables physiques qui est, enfin, qui est juste effarante quand on y pense.
Intervenant 1
Du coup aujourd'hui on soulève un peu le capot de la culture skate pour révéler la mécanique de précision qui se cache sous la planche.
Intervenant 2
C'est un changement de perspective qui donne presque le vertige. Parce que pour quiconque s'y penche avec un œil analytique, le skate, c'est une lecture clinique de l'architecture.
Intervenant 1
Ah ouais, carrément clinique.
Intervenant 2
Ah bah oui. Le skateur, il lit les pentes, il analyse les textures, les angles de la ville avec un œil de, on pourrait dire, d'ingénieur en physique des matériaux.
Intervenant 1
C'est vrai qu'il n'y a pas le droit à l'erreur, quoi.
Intervenant 2
Exactement. C'est une conscience spatiale fascinante. Il faut calculer des trajectoires et des transferts d'énergie en une fraction de seconde. Sinon, la gravité reprend ses droits assez brutalement.
Intervenant 1
Et pour décortiquer ça, notre source aujourd'hui, c'est le document « Coup de projecteur sur le skateboard ». Et au centre de ce texte, on a l'analyse d'un certain Laurent Gollet.
Intervenant 2
Oui, un profil super atypique.
Intervenant 1
C'est ça. Il est à la fois puriste du skate, mais aussi architecte de skateparks.
Intervenant 2
Ce qui est génial, c'est qu'il pense vraiment la discipline depuis la planche, comme un objet biomécanique, mais aussi depuis le béton.
Intervenant 1
Comme un environnement mathématique, donc.
Intervenant 2
Voilà. Et ce qui rend son approche si pertinente, c'est qu'il décompose vraiment la machine avant de parler du mouvement. Pour lui, un skate, ce n'est pas juste un bout de bois avec du grip dessus.
Intervenant 1
Visuellement, ça a l'air bête comme chou pourtant. On dirait un peu une petite planche à repasser sur roulette.
Intervenant 2
C'est trompeur. Son architecture, elle repose sur trois éléments. D'abord, les roues en polyuréthane.
Intervenant 1
D'accord.
Intervenant 2
Ensuite, on a les moyeux, ce qu'on appelle les trucks en anglais. Ce sont des axes métalliques qui ont des petites gommes pour emmagasiner la pression du corps.
Intervenant 1
Ok, pour pouvoir tourner.
Intervenant 2
C'est ça. Et enfin, il y a la planche elle-même. Et c'est là qu'on trouve le premier vrai tour de force.
Intervenant 1
Justement, arrêtons-nous deux secondes sur cette planche. Pourquoi est-ce que ça demande une ingénierie spéciale ? Je veux dire, un bon gros morceau de chêne massif coupé à la bonne taille, ça ne suffirait
Intervenant 2
pas. Un morceau de chêne massif au premier impact sérieux et se brisant de direct.
Intervenant 1
Ah oui, vu les chocs qu'ils prennent.
Intervenant 2
Clairement. La planche, selon Goulet, elle est constituée de sept feuilles d'érable du Canada. Sept fines feuilles d'environ un millimètre d'épaisseur chacune.
Intervenant 1
Et elles sont juste collées les unes sur les autres ?
Intervenant 2
Elles sont croisées, pressées à très haute pression et collées. Et ce processus de stratification, il ne crée pas un objet rigide. Ça crée un objet avec une mémoire de forme et une élasticité redoutable.
Intervenant 1
D'accord, donc c'est plus un ressort qu'une simple planche en fait.
Intervenant 2
Exactement. C'est la différence entre une branche qui va casser sous la contrainte et un ressort hyper puissant qui renvoie l'énergie qui l'encaisse.
Intervenant 1
Je vois le principe. Et au niveau de la géométrie de ce ressort, si on regarde bien, c'est pas tout à fait plat, non ?
Intervenant 2
Ah non, loin de là. La géométrie, elle est pensée pour optimiser les bras de levier. Il y a trois zones distinctes.
Intervenant 1
Lesquelles ?
Intervenant 2
Le nose, à l'avant, et le tail, à l'arrière, qui sont tous les deux relevés. Et la section centrale. Elle est plate dans la longueur, mais elle est concave dans la largeur, donc légèrement creusée.
Intervenant 1
Ah, pour que le pied épouse la forme !
Intervenant 2
C'est ça. Ce creux, il permet aux pieds de se verrouiller de façon super intuitive pour appliquer des forces de torsion.
Intervenant 1
Du coup, ça m'amène à la question qui rend fou. Qui quand regarde un skate pour la première fois ? On a ce plan géométrique sur roulette, mais il n'y a aucune fixation.
Intervenant 2
Aucune. Les pieds sont totalement libres.
Intervenant 1
Alors comment diable on fait décoller cette machine dans les airs ? À l'horizontale, sans utiliser ses mains.
Intervenant 2
Tout repose sur une manœuvre qu'on appelle le holly. C'est vraiment la figure matricielle.
Intervenant 1
Sans le holly, on ne peut rien faire d'autre.
Intervenant 2
Sans le holly, il n'y a tout simplement pas de skate moderne. C'est la base du transfert d'énergie.
Intervenant 1
Mais concrètement, comment le gars fait pour soulever la planche ? Il ne peut pas juste la tirer vers le haut avec ses orteils ?
Intervenant 2
Non, bien sûr. Imaginez un peu une tapette à souris.
Intervenant 1
Euh… d'accord.
Intervenant 2
Il y a un déclencheur et boum, une libération soudaine d'énergie. Pour le holly, le skateur saute vers le haut. Mais une fraction de seconde avant de quitter la planche, il claque violemment l'arrière, le tail, contre le bitume.
Intervenant 1
Ah, donc ça fait un effet de levier ?
Intervenant 2
Exactement. Ce choc, ça crée un pivot fulgurant. L'avant de la planche se soulève à la verticale.
Intervenant 1
Ok, mais du coup la planche se cabre. Elle est presque debout. Qu'est-ce qui la remet à l'horizontale pendant qu'elle est en l'air ?
Intervenant 2
C'est là que le fameux grip, le papier de verre sur le dessus, entre en jeu.
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