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11 avr. 2019 · 17 min

Carrés manquants : où se cache le carré de trop ?

Dans cet épisode audio, suivez le découpage d’un échiquier de 64 cases et repérez l’interstice qui donne l’illusion d’un carré supplémentaire.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    C'est le podcast du magazine Tangente. Bienvenue à toutes et à tous pour cette nouvelle exploration Anctine.

  2. Intervenant 2

    Salut Herve !

  3. Intervenant 1

    Et préparez-vous parce qu'aujourd'hui on va un peu retourner nos cerveaux.

  4. Intervenant 2

    Ouais, c'est clair. En fait, imaginons une seconde la situation suivante. On prend une simple feuille de papier quadrillé, tout ce qu'il y a de plus banal. On la découpe en quatre morceaux bien précis. On mélange ces morceaux, on les réassemble pour former une toute nouvelle figure. Sauf que, surprise, sans avoir ajouté la moindre miette de papier, la nouvelle figure est plus grande que la première.

  5. Intervenant 1

    C'est dingue. On vient en apparence de créer de la matière à partir de rien du tout.

  6. Intervenant 2

    Exactement. Et c'est tout l'objet de l'article de Tangente sur lequel on se base aujourd'hui.

  7. Intervenant 1

    Oui, l'objectif de notre exploration, c'est vraiment de comprendre comment la géométrie la plus basique, celle qui demande juste une règle et des ciseaux, peut littéralement pirater notre cerveau.

  8. Intervenant 2

    Sans utiliser des concepts hyper abstraits comme l'infini, en plus.

  9. Intervenant 1

    Voilà, bon, décortiquons un peu tout ça car il doit bien y avoir un truc.

  10. Intervenant 2

    Et le truc, comme très souvent en géométrie, il se cache dans la faille microscopique entre ce que l'œil humain croit voir et ce qui existe vraiment sur le plan physique.

  11. Intervenant 1

    Donc c'est une illusion d'optique en fait.

  12. Intervenant 2

    C'est plus profond que ça. Ce voyage est fascinant parce qu'il nous ramène vraiment aux limites de notre perception spatiale.

  13. Intervenant 1

    Pour bien comprendre, il faut qu'on pose les bases. On va commencer par visualiser le problème classique du carré fantôme.

  14. Intervenant 2

    Ouais, le grand classique.

  15. Intervenant 1

    Donc imaginons un échiquier, juste un quadrillage de 8 petits carrés sur 8.

  16. Intervenant 2

    Ce qui nous donne un total de 64 petits carrés unitaires.

  17. Intervenant 1

    Indiscutable. Ensuite, on passe au découpage. On trace des lignes obliques très précises sur cet échiquier pour le diviser en quatre pièces.

  18. Intervenant 2

    Pour être exact, on a deux grands triangles rectangles et deux trapèzes.

  19. Intervenant 1

    C'est ça. On prend nos ciseaux, on coupe et on se retrouve avec nos quatre morceaux. Et c'est là que la réalité bug un peu.

  20. Intervenant 2

    Ouais.

  21. Intervenant 1

    On réassemble ces quatre mêmes pièces comme un puzzle, mais pour former un grand rectangle cette fois.

  22. Intervenant 2

    Visuellement, les bords s'alignent parfaitement, les angles ont l'air bien droits.

  23. Intervenant 1

    Ouais, on a vraiment un rectangle parfait sous les yeux. Sauf que, si on compte les carrés sur ce nouveau rectangle, on en trouve 5 sur la largeur et 13 sur la longueur.

  24. Intervenant 2

    Et là, la magie opère.

  25. Intervenant 1

    Bah oui, 5 x 13, ça fait 65. 65 carrés. C'est comme le tour du lapin dans le chapeau, mais avec de la géométrie plane.

  26. Intervenant 2

    C'est une super analogie.

  27. Intervenant 1

    Mais la matière, elle ne peut pas se créer instantanément, on est m'accord. Alors, d'où sort ce 65ème carré ? Ce

  28. Intervenant 2

    qui est fascinant ici, c'est que la réponse ne réside pas dans la magie. Elle est dans une imperfection matérielle que notre cerveau refuse tout simplement de traiter. En fait, pour comprendre d'où sort ce carré, il faut regarder la grande diagonale qui traverse ce fameux rectangle de 5 par

  29. Intervenant 1

    13.

  30. Intervenant 2

    Si on fait glisser les deux triangles contre les deux trapèzes le long de cette diagonale, on a l'impression qu'ils s'emboîtent parfaitement.

  31. Intervenant 1

    Bah ouais, l'œil voit une ligne droite, continue quoi.

  32. Intervenant 2

    Sauf que mathématiquement, ce n'est pas une ligne droite. Attends, comment ça ? C'est là qu'est le secret. Si on calcule la pente des triangles et celle des trapèzes, elles sont très légèrement différentes. L'une est de 3 sur 8, l'autre de 2 sur 5.

  33. Intervenant 1

    Donc elles ne sont pas exactement parallèles.

  34. Intervenant 2

    Exactement. Les bords de ces figures ne s'alignent pas avec une perfection absolue. En réalité, ils s'écartent un tout petit peu et ça forme un vide. Un

  35. Intervenant 1

    vide ?

  36. Intervenant 2

    Oui. Il reste un minuscule interstice, un trou en forme de parallélogramme qui est étiré tout le long de la diagonale.

  37. Intervenant 1

    Attends, attends. Un espace vide étiré sur toute la longueur ? Mais quand on regarde le dessin dans l'article de Tangente, on ne voit aucun vide.

  38. Intervenant 2

    C'est normal.

  39. Intervenant 1

    Le rectangle a l'air plein à 100%.

  40. Intervenant 2

    Parce que ce vide est d'une finesse extrême. Et surtout, l'épaisseur du trait de crayon sur le papier suffit à le masquer complètement.

  41. Intervenant 1

    Ah ouais, le trait de crayon.

  42. Intervenant 2

    Le trait de graphite a une largeur physique, matérielle, qui vient combler visuellement ce vide. Notre œil est dupé par l'épaisseur d'un simple trait face à une vérité géométrique implacable.

  43. Intervenant 1

    C'est incroyable.

  44. Intervenant 2

    Et le plus beau, c'est que la surface totale de cet interstice invisible équivaut très exactement à la surface de ce 65e carré mystère. Je suis bluffée.

  45. Intervenant 1

    On n'a pas créé de matière, on a juste pris un espace vide de la taille d'un carré, on l'a étiré comme un vieux chewing-gum le long de la diagonale et on l'a caché sous un coup de crayon.

  46. Intervenant 2

    C'est exactement ça. Le cerveau recompose l'image et paf, illusion parfaite.

  47. Intervenant 1

    Mais du coup, ça m'amène à une vraie question historique. On a affaire à un casse-tête qui repose sur les limites physiques d'un trait de crayon. Qui a bien pu être assez tordu pour inventer un truc pareil ?

  48. Intervenant 2

    Ah, la question de la paternité, c'est une vraie querelle d'égo. Ça se passe à la fin du 19e siècle, vraiment l'âge d'or des casse-têtes.

  49. Intervenant 1

    Dans les salons victoriens et tout ça.

  50. Intervenant 2

    Ouais, on adorait se réunir pour résoudre des énigmes.

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