
22 janv. 2020 · 6 min
Autoréférence : des images aux phrases, où est la limite ?
Dans cet épisode audio, passez des autoportraits aux images emboîtées, puis aux phrases qui se décrivent, pour cerner les limites de l’autoréférence.
Collections de cet épisode (3)
Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
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Intervenant 1
Voici le podcast du magazine Tangente. Bienvenue à toutes et à tous. Imaginez un appareil photo programmé pour capturer la fraction de seconde exacte où une balle de fusil vient pulvériser son propre objectif. L'appareil enregistre littéralement sa propre destruction. Ce vertige, c'est l'autoréférence. Notre enquête d'aujourd'hui s'attaque à cette idée fascinante qui obsède mathématiciens et philosophes. À travers la photographie et la linguistique, nous allons voir pourquoi l'autoréférence absolue, le mythe de la boucle logique parfaite, c'est en réalité physiquement et mathématiquement impossible.
Intervenant 2
C'est une image assez brutale, oui. Mais l'autoréférence visuelle, c'est vraiment le meilleur point de départ pour voir où la mécanique se grippe. L'outil de base pour tenter de fermer cette boucle, c'est le miroir.
Intervenant 1
Comme la photographe Vivienne Meyer en 1955 avec son fameux autoportrait.
Intervenant 2
Exactement. Elle capture son reflet avec son boîtier bien visible au centre du cadre.
Intervenant 1
L'ancêtre de notre selfie de salle de bain, en fait. L'appareil qui fabrique l'image devient un des éléments de l'image finale.
Intervenant 2
C'est le premier niveau, ouais. Mais en 2016, l'artiste Camille Fallet a cherché à complexifier cette mise en abîme en partant d'une célèbre photo de Walker Evans de 1934. Ah
Intervenant 1
oui, celle qui montrait la modeste devanture d'une boutique de photographes. Quelle a été son approche là-dessus ?
Intervenant 2
Eh bien, il a reconstruit cette devanture physiquement en trois dimensions à l'échelle 1,5 pour ensuite la photographier à nouveau et l'exposer.
Intervenant 1
Je vois le paradoxe. On se retrouve avec un objet en 3D qui a été fabriqué dans l'unique but d'imiter une surface plane en 2D pour finalement redevenir une image 2D.
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