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11 avr. 2019 · 20 min

Architecture paramétrique : des équations aux bâtiments

Dans cet épisode audio, suivez les étapes qui mènent des surfaces réglées aux bulles de Pékin, et voyez comment paramètres et algorithmes font varier les formes.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on va faire une petite expérience mentale pour commencer.

  2. Intervenant 2

    Oh, j'aime bien ça !

  3. Intervenant 1

    Imaginez un instant que l'on se tienne tout en bas d'un gratte-ciel immense. Un truc de… disons 80 étages.

  4. Intervenant 2

    D'accord, je visualise.

  5. Intervenant 1

    Mais au lieu d'avoir ces habituelles lignes droites, super rigides, faites de verre et d'acier comme on en voit partout...

  6. Intervenant 2

    Oui, les fameuses boîtes rectangulaires.

  7. Intervenant 1

    Exactement. Et bien là, la façade entière ondule. Elle ressemble presque à un gigantesque drapé, un peu comme de la soie métallique qui aurait été figée en plein coup de vent.

  8. Intervenant 2

    C'est une très belle image.

  9. Intervenant 1

    N'est-ce pas ? Sauf que, face à un bâtiment pareil, la toute première question qui me vient à l'esprit, c'est mais comment est-ce que ça tient debout ce truc ?

  10. Intervenant 2

    C'est la question que tout le monde se

  11. Intervenant 1

    pose. Bah oui, bah oui. Comment on construit l'impossible sans que tout s'effondre lamentablement ? C'est précisément l'objet de notre exploration d'aujourd'hui. On va vraiment plonger dans la façon dont les mathématiques, la géométrie pure et les algorithmes ont pris le contrôle des cabinets d'architecture modernes.

  12. Intervenant 2

    Et ils ont littéralement repoussé les limites de la physique qu'on croyait infranchissable.

  13. Intervenant 1

    Voilà, c'est ça. On part d'un article fascinant sur les surfaces d'exception en architecture. Et ce qui me fascine le plus là-dedans, c'est vraiment ce grand écart en fait, le contraste entre l'immatériel et le colossal. C'est-à-dire ? D'un côté, on a des équations toutes froides, très abstraites, de simples petits symboles sur un écran d'ordinateur. Et de l'autre côté, on se retrouve avec des monstres de béton et de métal qui pèsent des milliers de tonnes.

  14. Intervenant 2

    C'est vrai que le contraste est saisissant. Mais je pense qu'il faut dissiper tout de suite une illusion très tenace.

  15. Intervenant 1

    Laquelle ?

  16. Intervenant 2

    Eh bien, quand on regarde ces bâtiments aux formes super fluides, presque liquides, on a très souvent tendance à y voir le triomphe de l'esthétique pure.

  17. Intervenant 1

    Oui, le côté artiste tourmenté qui donne un coup de crayon libre et sans contrainte.

  18. Intervenant 2

    C'est exactement ça. Sauf que la réalité, en fait, elle est totalement inverse.

  19. Intervenant 1

    Ah ouais ?

  20. Intervenant 2

    Oui. Ces courbes qui ont l'air complètement folles, elles reposent toutes sur un socle de règles topologiques et algébriques d'une sévérité absolue.

  21. Intervenant 1

    D'une sévérité absolue ? Rien que ça ?

  22. Intervenant 2

    Ah mais vraiment, il n'y a pas de magie architecturale. Il n'y a qu'une maîtrise géométrique poussée à l'extrême. L'utile, la gravité, la résistance des matériaux, tout ça, ça fusionne avec le spectaculaire uniquement grâce au langage mathématique.

  23. Intervenant 1

    D'accord, je vois. Bon, pour bien comprendre comment on en est arrivé à carrément coder des gratte-ciel sur des ordis, je pense qu'il faut revenir un tout petit peu en arrière.

  24. Intervenant 2

    À quelle époque ?

  25. Intervenant 1

    À l'époque où le principal défi, ce n'était pas l'algorithme sur un écran, mais la matière elle-même, sur le chantier.

  26. Intervenant 2

    Ah oui, la dure réalité du terrain.

  27. Intervenant 1

    Voilà. Parce que pendant des siècles, l'architecture, c'était des formes géométriques simples. Non. Le cube, le cylindre, la sphère.

  28. Intervenant 2

    C'est ça, la géométrie classique.

  29. Intervenant 1

    Et puis bam, l'industrie moderne arrive et impose le béton armé. C'est un matériau génial pour la solidité, mais parce qu'il y a un mais, ça pose un énorme problème géométrique.

  30. Intervenant 2

    Lequel, pour ceux qui ne sont pas maçons ?

  31. Intervenant 1

    Bah, le béton, avant d'être solide et résistant, à la base c'est liquide.

  32. Intervenant 2

    Effectivement, il faut le couler.

  33. Intervenant 1

    Exactement, il faut le couler dans des moules, ce qu'on appelle des coffrages. Et ces coffrages, traditionnellement, ils sont fabriqués avec des grandes planches de bois.

  34. Intervenant 2

    Et c'est précisément là que la physique heurte la créativité de plein fouet.

  35. Intervenant 1

    Pourquoi le bois, ça ne se tord pas facilement ?

  36. Intervenant 2

    Eh bien, plier de grandes planches de bois épaisses pour obtenir des courbes complexes qui partent dans plusieurs directions, franchement, c'est un cauchemar.

  37. Intervenant 1

    J'imagine que ça casse, non ?

  38. Intervenant 2

    Oui, ça résiste, ça casse, ou alors ça demande un travail de menuiserie tellement minutieux que le coup devient complètement astronomique. Les architectes du milieu du XXe siècle, ils voulaient des formes dynamiques, audacieuses, mais ils bloquaient sur cette rigidité du bois de coffrage.

  39. Intervenant 1

    C'est le fameux mur de la réalité financière. Elle

  40. Intervenant 2

    est venue de l'ingénierie des matériaux, elle est venue de la géométrie pure, avec ce qu'on appelle les surfaces réglées.

  41. Intervenant 1

    Ah, les surfaces réglées, bon, décortiquons un peu ça, parce que l'idée de base semble super contre-intuitive.

  42. Intervenant 2

    Allez-y, je vous écoute.

  43. Intervenant 1

    Si je devais faire une analogie pour qu'on visualise bien, est-ce qu'on peut imaginer un gros paquet de spaghettis crus ?

  44. Intervenant 2

    Des spaghettis, ouais, d'accord, pourquoi pas.

  45. Intervenant 1

    On tient fermement la base du paquet, debout sur une table. Et avec l'autre main, on attrape le sommet du paquet et on le fait pivoter un peu sur lui-même.

  46. Intervenant 2

    Je vois très

  47. Intervenant 1

    bien. Du coup, chaque spaghettis individuel reste parfaitement droit. Il est toujours rigide. Mais l'ensemble du paquet, lui, il prend une forme courbée en trois dimensions, une sorte de sablier un peu évasé. C'est bien ça le principe ?

  48. Intervenant 2

    Mais c'est une super image. Ça permet vraiment de comprendre la mécanique du mouvement.

  49. Intervenant 1

    Ouf, je suis rassuré.

  50. Intervenant 2

    Maintenant, transposons vos spaghettis à l'échelle d'un vrai chantier. Les spaghettis, ce sont d'immenses et lourdes planches de coffrage en bois. Elles sont totalement rectilignes.

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