
9 sept. 2026 · 23 min
Bâtir plus léger : ce que permettent les surfaces quadriques
Les quadriques, surfaces mathématiques de l’espace, allègent certaines constructions. Suivez ce podcast des formes aux bâtiments pour saisir le rôle de leur géométrie.
Collections de cet épisode (6)
Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
Transcription
Afficher la transcriptionMasquer la transcription
Transcription automatique
Intervenant 1
Bienvenue dans cette nouvelle exploration, le podcast du magazine Tangente. Imaginez juste un instant de voir construire une tour de 150 mètres de haut.
Intervenant 2
Ouais, un beau bébé déjà.
Intervenant 1
C'est ça. Mais attention, une tour capable de résister aux pires bourrasques. Tout ça en utilisant d'apem, allez, une toute petite fraction de l'acier qu'on utiliserait normalement.
Intervenant 2
Sur le papier, c'est le cauchemar de n'importe quel ingénieur.
Intervenant 1
Totalement. Et logiquement, ça semble être une mission d'ingénierie impossible. Et pourtant, en 1919, un concepteur a réussi cet exploit en utilisant une simple illusion d'optique mathématique faite uniquement de lignes strictement droites.
Intervenant 2
C'est fascinant quand on y pense.
Intervenant 1
Ah mais carrément, aujourd'hui notre plongée au cœur des sources va nous emmener très loin des chantiers traditionnels. Parce que quand on observe l'horizon des grandes métropoles modernes, avec ces gratte-ciels aux formes hyper audacieuses qui semblent défier la gravité, on pense tout de suite aux logiciels de modélisation 3D surpuissants.
Intervenant 2
On imagine des ordinateurs qui calculent pendant des jours.
Intervenant 1
Voilà. Or, la réalité est bien plus surprenante. Le secret de ces structures monumentales, il se trouve en fait sur un vieux tableau noir rempli de polynômes complexes. Les documents que nous analysons aujourd'hui, tirés du recueil mathématiques et architecture, révèlent comment de pures abstractions théoriques dictent la silhouette des bâtiments les plus novateurs du monde.
Intervenant 2
Et ce qui est fascinant ici, c'est vraiment le contraste d'échelle. On va voir comment de pures équations du second degré, qui ont été étudiées depuis des siècles sans aucune intention pratique initiale, sont devenues les outils ultimes des architectes contemporains.
Intervenant 1
C'est fou de se dire qu'une formule griffonnée à la plume, il y a des centaines d'années, se transforme en milliers de tonnes d'acier.
Intervenant 2
Exactement. Et la résolution de ces équations, elle ne permet pas juste de faire du beau, de créer des bâtiments élégants. Elle génère littéralement une architecture écologique, économique en matériaux, et d'une résistance à toute épreuve face aux éléments naturels.
Intervenant 1
D'un côté, équation aride, de l'autre, le gratte-ciel en verre. L'objectif de notre analyse, du coup, c'est de démystifier cette famille d'équations que l'on appelle les quadriques. Mais bon, avant de lever les yeux vers ces sommets de l'ingénierie, il faut comprendre le matériau de base. Comment l'esprit humain passe-t-il d'une simple courbe dessinée sur une feuille à une enveloppe monumentale en trois dimensions ?
Intervenant 2
Pour comprendre ça, il suffit de se tourner vers la géométrie classique. Les quadriques, ce sont tout bonnement les équivalentes en trois dimensions des coniques classiques que l'on trace sur un
Intervenant 1
plan. Genre le cercle, la parabole ?
Intervenant 2
C'est ça. Mathématiquement parlant, il s'agit de surfaces définies par des polynômes du second degré, mais en intégrant trois variables spatiales. Et d'ailleurs, le passage de la 2D à la 3D amène un truc assez drôle dans notre langue.
Intervenant 1
Ah oui, c'est la fameuse anecdote linguistique mentionnée dans nos sources. Je trouve ça assez poétique quand on y pense. En géométrie bidimensionnelle, les termes qu'on a hérités du drec sont toujours déclinés au féminin. Donc on dessine une ellipse, une parabole ou une hyperbole.
Intervenant 2
Tout à
Intervenant 1
fait. Mais dès qu'on ajoute l'axe de la profondeur pour créer la surface dans l'espace, bim, le genre bascule mystérieusement au masculin, l'objet devient un ellipsoïde, un paraboloïde ou un hyperboloïde.
Intervenant 2
Avec le petit suffixe « oïde » qui signifie simplement « qui s'apparente à ».
Intervenant 1
Voilà.
Intervenant 2
Sauf que, bon, derrière ce petit glissement de vocabulaire se dissimule une complexité algébrique redoutable en fait. Lorsqu'on tente de formuler l'équation générale d'une quadrique dans l'espace physique, on aboutit à une expression massive. Ça comporte dix termes distincts.
Intervenant 1
Dix termes ? Oui, c'est énorme pour une seule forme !
Intervenant 2
Ouais, ça mélange des termes au carré, des combinaisons de dimensions, des constantes… Bref, c'est un vrai chaos de variables. Et pendant de très longues décennies, les mathématiciens ont vraiment lutté pour deviner la forme géométrique réelle qui se cachait derrière cette muraille de chiffres.
Intervenant 1
Ok, décortiquons tout ça parce que l'histoire retient un véritable défilé d'esprit brillant sur ce problème précis. On a Christian Hayens qui s'est penché en premier sur les hyperboloïdes, puis Léonard Euler qui a proposé une forme de classification en 1748.
Intervenant 2
Ouais, Euler a posé de bonnes
Intervenant 1
bases. Mais le défi majeur, c'était vraiment de simplifier cette équation à dix termes, sans perdre ses proportions. Nos sources mentionnent les travaux de Carl Friedrich Gauss en 1801, puis l'intervention décisive d'Augustin-Louis Cauchy avec ses fameuses matrices. Sauf que, pour être tout à fait franche, la supériorité de la méthode de Cauchy sur celle de Gauss, elle saute pas aux yeux immédiatement quand on lit les équations.
Intervenant 2
Non, c'est sûr. Mais la nuance est pourtant fondamentale sur le plan géométrique. En gros, la méthode de Gauss parvenait effectivement à rassembler les dix termes de départ en une addition de carrés beaucoup plus lisible. Ce qui est déjà pas mal. C'est pas mal, oui. Le problème, c'est que la technique mathématique qu'il utilisait agissait brutalement. Elle tordait la surface.
La suite de la transcription est réservée aux abonnés.
S’abonnerÀ écouter ensuite
Des épisodes qui partagent une playlist, une figure ou un domaine avec celui-ci.

20 août 2021 · 21 min

15 janv. 2020 · 22 min

18 déc. 2021 · 11 min

9 oct. 2025 · 16 min

21 nov. 2023 · 22 min

22 août 2024 · 20 min