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12 sept. 2017 · 24 min

Théorème des pavages : quatre types de symétries suffisent-ils ?

Dans cet épisode audio, suivez les étapes qui relient miroirs, rotations et signatures au classement des groupes de pavage du plan.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente, chers auditeurs, nos formidables apprenants.

  2. Intervenant 2

    Bonjour à tous.

  3. Intervenant 1

    Alors aujourd'hui, on va parler de quelque chose que vous avez sûrement tous expérimenté quand vous visitez des palais historiques comme l'Alhambra, par exemple.

  4. Intervenant 2

    Ah oui, magnifique.

  5. Intervenant 1

    Ou même simplement quand vous observez les mosaïques, les carrelages qui ornent certains monuments, votre cerveau vous souffle tout de suite une idée.

  6. Intervenant 2

    Laquelle ?

  7. Intervenant 1

    Que l'artiste disposait d'une imagination sans limite.

  8. Intervenant 2

    Ah oui, c'est l'impression que ça donne.

  9. Intervenant 1

    Face à cette profusion d'entrelacs, les répétitions, notre intuition nous dit qu'il doit exister des milliards de motifs possibles pour remplir cet espace.

  10. Intervenant 2

    C'est

  11. Intervenant 1

    vrai. Figurez-vous que votre cerveau vous ment. Absolument. Notre exploration d'aujourd'hui, qui se base sur un article vraiment fascinant intitulé « Signature et théorème des pavages », eh bien ça prouve mathématiquement que l'artiste était en fait prisonnier.

  12. Intervenant 2

    Prisonnier, le mot est fort.

  13. Intervenant 1

    Prisonnier d'une liste strictement limitée d'options.

  14. Intervenant 2

    Et c'est là que c'est fascinant. Les mathématiques ont en effet cette fâcheuse tendance, ou merveilleuse tendance, à dissiper l'illusion de l'infini pour y révéler une structure finie, presque rigide en fait.

  15. Intervenant 1

    Oui, l'œil humain repère la complexité, c'est ça.

  16. Intervenant 2

    Exactement. L'œil voit le chaos artistique, mais le mathématicien, lui, il cherche le groupe de symétries sous-jacents. Et pour aborder cette classification, de ce qu'on appelle souvent les groupes de papier peint ou les groupes de pavage du plan, il faut manipuler le concept de symétrie.

  17. Intervenant 1

    Et avec beaucoup de rigueur.

  18. Intervenant 2

    Avec énormément de rigueur. On s'éloigne vraiment de l'idée vague d'un visage ou d'un papillon symétrique, vous voyez ? Le terme central de l'article, ce n'est pas juste la symétrie, c'est l'isométrie.

  19. Intervenant 1

    L'isométrie. Le mot donne déjà un petit indice, je trouve, sur sa nature assez stricte. Du grec sine, pour le même, et métrie, la mesure. C'est tout à

  20. Intervenant 2

    fait ça.

  21. Intervenant 1

    Si on se ramène à la géométrie plane fondamentale, une isométrie c'est une transformation bijective qui conserve les distances.

  22. Intervenant 2

    Oui.

  23. Intervenant 1

    C'est à dire que je peux déplacer une figure dans l'espace de n'importe quelle manière, la tourner, la retourner, mais je n'ai aucunement le droit d'en modifier les proportions.

  24. Intervenant 2

    Voilà.

  25. Intervenant 1

    C'est un peu comme utiliser l'outil copier-coller dans un logiciel de dessin.

  26. Intervenant 2

    C'est une excellente analogie.

  27. Intervenant 1

    Pas d'étirements, pas de réductions, juste on déplace.

  28. Intervenant 2

    C'est le contrat de base. La métrique du plan reste totalement invariante. À partir de là, le grand défi historique pour les mathématiciens, ça a été de trouver un formalisme, une syntaxe capable de décrire toutes ces manipulations possibles.

  29. Intervenant 1

    Pour n'importe quel motif.

  30. Intervenant 2

    Pour n'importe lequel, oui. Les bases, elles ont été jetées par Alexander Murray Macbeth, puis la théorie a été affinée par un autre grand nom, William Thurston. Mais c'est le mathématicien britannique John Horton Conway qui a véritablement rendu ce langage visuel.

  31. Intervenant 1

    Et manipulable.

  32. Intervenant 2

    Et manipulables, oui, en créant ce qu'il a appelé la signature d'une figure. C'est vraiment une sorte de code génétique géométrique.

  33. Intervenant 1

    D'accord, alors déchiffrons ce code génétique, si vous le voulez bien.

  34. Intervenant 2

    Allons-y.

  35. Intervenant 1

    La première brique de ce langage, celle qui me parlait la plus intuitive quand on lit l'article, c'est la réflexion, le fameux effet miroir.

  36. Intervenant 2

    Oui, le classique.

  37. Intervenant 1

    Dans la notation de Conway, ça se traduit par une simple petite étoile rouge.

  38. Intervenant 2

    Un astérisque ?

  39. Intervenant 1

    Voilà, une étoile. L'étoile, elle signale qu'une ligne droite permet de superposer exactement une moitié du plan sur l'autre, comme si vous pliez votre feuille en deux.

  40. Intervenant 2

    D'accord.

  41. Intervenant 1

    Mais la notation, elle va un peu plus loin. Elle décrit comment ces miroirs interagissent entre eux. Prenons un pavage où plusieurs axes de symétrie se croisent.

  42. Intervenant 2

    Comme un damier.

  43. Intervenant 1

    Par exemple, si deux lignes de miroir se coupent en un seul point, Conway note cela étoile, deux points.

  44. Intervenant 2

    Étoile, le chiffre 2 et un point.

  45. Intervenant 1

    Exactement. L'étoile indique qu'on est dans le domaine de la réflexion. Ça, c'est la base. Le chiffre 2 précise le nombre de miroirs qui se croisent à cet endroit précis. Et le point ?

  46. Intervenant 2

    Le point, il indique la présence physique de ce croisement, non ?

  47. Intervenant 1

    Le point fixe autour duquel la symétrie s'organise.

  48. Intervenant 2

    C'est exactement ça.

  49. Intervenant 1

    C'est assez élégant comme syntaxe, je dois dire. Mais ça pose tout de suite un problème logique dans mon esprit.

  50. Intervenant 2

    Ah ?

  51. Intervenant 1

    Lequel ?

  52. Intervenant 2

    Eh bien, imaginons que je veuille paver mon plan avec un motif, comme le symbole du recyclage.

  53. Intervenant 1

    Ah oui, les trois flèches. Oui,

  54. Intervenant 2

    les trois flèches qui se suivent en formant un triangle. Si j'essaie d'utiliser l'outil miroir sur ce motif, je vais inverser le sens des flèches. La figure va tourner dans le mauvais sens, l'orientation n'est plus du tout respectée.

  55. Intervenant 1

    C'est vrai.

  56. Intervenant 2

    Je suis donc complètement bloqué si je n'utilise que des réflexions des étoiles.

  57. Intervenant 1

    Et là, vous touchez du doigt la nécessité absolue d'introduire la rotation pure, que le formalisme de Conway colorie traditionnellement en bleu d'ailleurs.

  58. Intervenant 2

    D'accord. Pour un motif comme ce fameux logo du recyclage, qui préserve son orientation mais ne possède aucun axe de réflexion, on abandonne l'étoile.

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