
15 nov. 2022 · 8 min
Tangence en géométrie : du contact au cercle inscrit
Dans cet épisode audio, suivez les étapes qui relient l’unique point de contact d’une droite et d’un cercle aux bissectrices, puis au cercle inscrit.
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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?
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Intervenant 1
Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Alors aujourd'hui, on va parler d'une expression qu'on utilise tous. Vous savez, on dit souvent de quelqu'un qu'il part en tangente pour dire qu'il fuit une conversation ou qu'il s'éloigne du sujet.
Intervenant 2
Oui, c'est vrai. On l'entend tout le temps.
Intervenant 1
Voilà. Et en fait, si on se penche sur nos sources du jour, on réalise que géométriquement parlant, c'est un contresens
Intervenant 2
total. Complètement. La tangente, ce n'est pas du tout la fuite. C'est le contact parfait. C'est l'unique point de rencontre.
Intervenant 1
C'est ça. Du coup, aujourd'hui, on plonge dans ces textes pour comprendre exactement comment ce simple concept construit tout un pan de la géométrie.
Intervenant 2
Oui, parce que si on revient à la définition fondamentale, dans un plan classique, imaginez une droite et un cercle. La droite, elle peut traverser le cercle, le rater complètement, ou bien...
Intervenant 1
Ne toucher juste un tout petit peu.
Intervenant 2
Exactement. Le toucher en un seul et unique point. Et c'est ce point précis, d'une précision vraiment absolue, qu'on appelle la tangence.
Intervenant 1
D'accord, donc un seul point de contact. Si je visualise le truc, c'est un peu comme une roue de vélo qui serait posée sur une route parfaitement plane.
Intervenant 2
C'est une très bonne image. Et si on ajoute le rayon de cette roue, donc la ligne qui part du centre pour descendre jusqu'au point de contact sur le sol, on trouve la règle d'or de la tangence.
Intervenant 1
Qui est ?
Intervenant 2
Ce rayon plonge à la verticale. Il est strictement perpendiculaire à la droite de votre route.
Intervenant 1
Ah oui, je vois. Mais attendez, parce que c'est très propre sur le papier, ça. Mais concrètement, un point, c'est infiniment
Intervenant 2
petit.
Intervenant 1
Sur ma vraie roue de vélo, avec mon poids dessus, le pneu, il s'écrase un peu sur l'asphalte, non ?
Intervenant 2
Oui, bien sûr.
Intervenant 1
On a des milliers de points de contact en réalité, donc la tangence parfaite, elle n'existe pas dans la nature.
Intervenant 2
Ah ben voilà, ça c'est la grande différence entre la physique appliquée et la géométrie pure. Vous avez tout à fait raison pour le pneu, mais en mathématiques, on travaille sur des idéaux. On imagine un cercle infiniment rigide sur une ligne sans épaisseur.
Intervenant 1
D'accord, d'accord.
Intervenant 2
Et c'est dans cet espace théorique que le contact est unique. Cette perfection, elle permet de construire des règles supersolides. Par exemple, si on remplace la route par un deuxième cercle, la règle s'applique toujours.
Intervenant 1
C'est-à-dire un cercle sur un autre cercle ?
Intervenant 2
Oui, voilà. Pour que deux cercles soient tangents entre eux, il faut qu'ils s'appuient sur cette même droite invisible au même point.
Intervenant 1
D'accord.
Intervenant 2
Et que l'axe qui relie leur centre soit perpendiculaire à ce point de contact.
Intervenant 1
Ok, donc une seule droite, c'est l'équilibre parfait. Mais dans la réalité, ou disons dans des problèmes géométriques un peu plus complexes, on est souvent contraint par l'espace. Si je veux coincer ce cercle dans un coin, par exemple entre deux murs qui se croisent, comment la géométrie garantit que le cercle trouve sa place sans rebondir ou déborder plus d'un côté que de l'autre ?
Intervenant 2
Alors c'est là qu'intervient la bisectrice. C'est cette ligne imaginaire qui coupe l'angle formé par vos deux murs en deux parts exactement égales. Ah
Intervenant 1
oui, la fameuse bisectrice.
Intervenant 2
Voilà. Et le centre de votre cercle, il va obligatoirement devoir glisser le long de cette bisectrice.
Intervenant 1
Pour garder la même distance avec chaque mur, en fait.
Intervenant 2
C'est ça.
Intervenant 1
Donc, c'est le chemin de symétrie parfaite. Imaginez que les deux murs sont brûlants. Le centre du cercle sur cette bissectrice, c'est le seul endroit de la pièce où on a exactement la même quantité de chaleur des deux côtés.
Intervenant 2
Ah, c'est une excellente image, ça. Et géométriquement, ça s'explique très bien. Parce que les rayons du cercle, ils agissent un peu comme des piliers rigides. D'accord. Si le cercle s'appuie contre les deux murs, la seule façon géométrique de le faire sans le déformer, c'est que la distance entre son centre et chaque mur soit identique, puisque c'est le même rayon. Oui, logique. Par conséquent, les deux points de contact sur les murs se trouvent obligatoirement à la même distance du coin.
Intervenant 1
Ok, je vous suis.
Intervenant 2
Et si on forme les triangles rectangles, disons OPI et OQI, avec le centre du cercle ?
Intervenant 1
Oui, avec l'origine de l'angle.
Intervenant 2
Exactement. On constate qu'ils partagent deux côtés de même longueur, ce qui rend leurs angles et leur troisième côté parfaitement égaux.
Intervenant 1
Ok, c'est super clair. Alors si on suit cette logique de contrainte, poussons le vis un peu plus loin. On a deux murs. Eh bien fermons la pièce avec un troisième mur. On obtient un triangle. Un
Intervenant 2
triangle classique, oui.
Intervenant 1
Comment notre cercle réagit face à trois murs brûlants cette fois ?
Intervenant 2
Eh bien, c'est là qu'on arrive au chef d'œuvre de cette configuration géométrique. Dans un triangle, vous avez trois coins, donc trois angles. Oui. Et par conséquent, trois bisectrices. Eh bien, si vous tracez ces trois chemins d'équilibre, ils se croisent toujours en un point unique.
Intervenant 1
Un seul et même point.
Intervenant 2
Exactement. Ce point magique, c'est le centre d'un cercle qui va venir toucher les trois murs intérieurs sans jamais les traverser. C'est ce qu'on appelle le cercle inscrit.
Intervenant 1
Ah, le fameux cercle inscrit. Et d'après nos sources, l'existence de ce cercle inscrit, elle permet de déduire des choses assez étonnantes sur les dimensions même du triangle.
Intervenant 2
Oh oui, complètement.
Intervenant 1
Mais sans se noyer dans l'algèbre non plus, comment ça marche concrètement ?
Intervenant 2
Alors, prenons un triangle rectangle pour commencer. Il y a une relation directe qui est vraiment très élégante. Si vous additionnez la longueur des deux petits côtés qui forment l'angle droit et que vous soustrayez la longueur de la grande diagonale en face,
Intervenant 1
l'hypoténuse,
Intervenant 2
eh bien vous obtenez très exactement le diamètre de votre cercle inscrit, donc deux fois le rayon. La géométrie relie en fait le contour extérieur au cœur intérieur.
Intervenant 1
Ah ouais, c'est fou de se dire que la coquille extérieure dicte avec autant de précision la taille de la bulle à l'intérieur.
Intervenant 2
C'est ça.
Intervenant 1
Et si le triangle n'est pas rectangle, parce que ça arrive, nos documents mentionnent une autre astuce pour calculer sa surface, je crois.
Intervenant 2
Oui, et elle est tout aussi fascinante. Imaginez que vous reliez le centre de ce cercle inscrit aux trois coins du grand triangle. Ça, ça le découpe en trois sous-triangles.
Intervenant 1
Ah oui, je vois, les fameux OAB, OAC et OBC si on nomme les coins.
Intervenant 2
C'est exactement ça. Et la hauteur de chacun de ces petits triangles, c'est exactement le rayon de notre cercle.
Intervenant 1
Ah bah oui puisqu'ils touchent les bords à la perpendiculaire.
Intervenant 2
Voilà, vous avez tout compris. Donc en additionnant leur surface, on découvre que l'aire totale du grand triangle, on l'appelle grand S en général, eh bien elle est obtenue simplement en multipliant le rayon du cercle par la moitié du périmètre du triangle.
Intervenant 1
C'est dingue. Donc, en connaissant juste le contour d'un espace triangulaire, on peut en déduire toute sa surface intérieure. Et tout ça grâce à ce fameux point de tangence.
Intervenant 2
C'est ça. C'est vraiment l'essence même de ce domaine des mathématiques. On utilise une propriété très locale, un simple contact à 90 degrés et on s'en sert pour en déduire une vérité globale sur toute la figure.
Intervenant 1
C'est super beau, je trouve. On est parti d'une roue sur l'asphalte pour finalement trouver le cœur caché d'un triangle.
Intervenant 2
C'est un beau voyage.
Intervenant 1
Ouais, mais ça m'amène à une dernière réflexion, un peu vertigineuse pour clore cette exploration de nos sources.
Intervenant 2
Allez-y.
Intervenant 1
Si ces bisectrices intérieures convergent pour nous révéler le cercle parfait, protégé à l'intérieur de ces trois murs, que se passerait-il si on décidait de prolonger ces murs à l'infini ?
Intervenant 2
Oula, vaste sujet.
Intervenant 1
Si on explorait le vide à l'extérieur du triangle, quels autres cercles étranges et parfaitement tangents se cacheraient là dehors ?
Intervenant 2
Ça, c'est une excellente question.
Intervenant 1
Et c'est une question qu'on vous laisse creuser chez vous. Merci de nous avoir suivis et à la prochaine.
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