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10 oct. 2018 · 16 min

Quel lien entre le mathématicien Hilbert et la voiture autonome ?

Dans cet épisode audio, suivez le dix-septième problème posé par David Hilbert jusqu’aux clôtures virtuelles qui bornent les déplacements d’une voiture autonome.

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Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

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  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente et bienvenue à tous nos auditeurs.

  2. Intervenant 2

    Bonjour à tous.

  3. Intervenant 1

    Que vous soyez de simples curieux ou de vrais passionnés de mathématiques, on est ravis de vous avoir. Alors, on va entrer tout de suite dans le vif du sujet. Imaginez que vous roulez à 20 km par heure.

  4. Intervenant 2

    Ce qui est en gros l'allure d'un vélo un peu rapide.

  5. Intervenant 1

    Voilà, c'est ça, pas très vite. Mais à cette vitesse, une voiture a quand même besoin d'environ 9 mètres pour s'arrêter complètement, surtout sur une route un peu humide.

  6. Intervenant 2

    Oui, tout à fait.

  7. Intervenant 1

    Et face à un imprévu, le cerveau électronique d'une voiture autonome, il dispose de quoi ? D'environ une milliseconde pour décider de freiner ou de tourner.

  8. Intervenant 2

    C'est extrêmement

  9. Intervenant 1

    court. Et donc, dans notre décryptage d'aujourd'hui, on va se baser sur un article vraiment fascinant Qui s'intitule « Voiture autonome et 17ème problème de Hilbert ». Et on va voir ensemble comment ces véhicules évitent les collisions. Parce que, enfin, quand on pense voiture autonome, on imagine tout de suite des lasers, des radars.

  10. Intervenant 2

    Des ordinateurs qui scannent tout en 3D, oui.

  11. Intervenant 1

    Exactement. Mais en réalité, le vrai copilote invisible, celui qui valide la décision finale, c'est un vieux casse-tête mathématique.

  12. Intervenant 2

    Et c'est vraiment là qu'il faut dissiper une illusion très courante. On a un peu tendance à croire que le miracle de la voiture autonome repose juste sur la puissance de calcul brut.

  13. Intervenant 1

    Ouais, le matériel, les capteurs.

  14. Intervenant 2

    Voilà, alors la technologie matérielle est primordiale, évidemment, mais elle serait totalement aveugle sans le socle théorique qui est derrière.

  15. Intervenant 1

    Bien sûr.

  16. Intervenant 2

    Ce qu'on explore aujourd'hui, c'est la façon dont des mathématiques classiques, qui ont été pensées au 19e et 20e siècle, fusionnent avec les mathématiques informatiques modernes.

  17. Intervenant 1

    D'accord.

  18. Intervenant 2

    Des idées qui étaient purement abstraites, théorisées bien avant même l'invention de l'ordinateur, aujourd'hui, elles dictent la trajectoire d'un engin de deux tonnes en pleine rue.

  19. Intervenant 1

    C'est fou quand on y pense. Et pour comprendre ce lien, il faut d'abord qu'on fasse un petit saut dans le temps. Donc, on se retrouve à Paris en l'an 1900.

  20. Intervenant 2

    Oh, une belle époque pour les maths.

  21. Intervenant 1

    Ah oui, c'est le deuxième congrès international des mathématiciens. Et là, le grand David Hilbert, un mathématicien allemand, monte à la tribune. Et il présente une liste de 23 problèmes majeurs.

  22. Intervenant 2

    C'est ça, la fameuse liste de Hilbert.

  23. Intervenant 1

    Voilà. Et ces problèmes, ils vont vraiment servir de feuille de route pour la recherche de tout le XXe siècle. Et dedans, il y en a un qui nous intéresse tout particulièrement aujourd'hui, c'est le 17e problème.

  24. Intervenant 2

    Alors, l'énoncé de ce 17e problème, il peut paraître un peu sec au premier abord.

  25. Intervenant 1

    Un peu,

  26. Intervenant 2

    oui. Hilbert pose la question suivante. Il dit « Toute fonction rationnelle ne prenant que des valeurs positives est-elle une somme de carrés de fonctions rationnelles ? »

  27. Intervenant 1

    Alors, attendez, je vous arrête tout de suite.

  28. Intervenant 2

    Oui, si vous me

  29. Intervenant 1

    doutez. Parce que là, la formulation, il faut qu'on l'éclaircisse un peu. Reprenons la base. Une fonction rationnelle, concrètement, qu'est-ce que c'est ?

  30. Intervenant 2

    Parce que l'article rappelle que c'est une expression qui n'utilise que les opérations élémentaires.

  31. Intervenant 1

    Exactement. L'addition, la soustraction, la multiplication et la division.

  32. Intervenant 2

    D'accord, donc pas de truc compliqué. Non, voilà, pas de racine carrée, pas de sinus ou de logarithme, juste la base appliquée à des variables. D'ailleurs, l'article donne un bon exemple.

  33. Intervenant 1

    Vas-y.

  34. Intervenant 2

    Prenez au numérateur 3x plus 7 moins 1 et vous divisez ça par x au carré moins 3x plus 1. D'accord. Eh bien, c'est une fonction rationnelle très classique. Et le cœur du problème de Hilbert, c'est de savoir si, quand cette fonction ne produit jamais de résultats négatifs, est-ce qu'on peut systématiquement la réécrire comme une somme de carrés ?

  35. Intervenant 1

    Et c'est là que je veux qu'on s'arrête une seconde parce que c'est vraiment le point de bascule de notre décryptage.

  36. Intervenant 2

    Absolument.

  37. Intervenant 1

    Pourquoi est-ce que David Hilbert et tous les autres mathématiciens avec lui faisaient une telle fixation sur cette histoire de somme de carrés ? Je vais essayer de vulgariser le truc.

  38. Intervenant 2

    Allez-y.

  39. Intervenant 1

    Si j'ai une formule mathématique très complexe, avec plein de variables, et que je veux prouver, sans l'ombre d'un doute, qu'elle ne donne jamais un résultat en dessous de zéro.

  40. Intervenant 2

    C'est un cauchemar à vérifier.

  41. Intervenant 1

    C'est ça. Théoriquement, je devrais tester tous les nombres possibles jusqu'à l'infini pour en être sûr, non ? Ce

  42. Intervenant 2

    qui est rigoureusement impossible, même pour le plus gros ordinateur du monde. Vous ne pouvez pas tester une infinité de points.

  43. Intervenant 1

    Voilà. Mais par contre, si j'arrive à manipuler cette grosse équation pour prouver qu'elle est en fait égale à a² plus b² plus c²…

  44. Intervenant 2

    Là, le problème disparaît complètement.

  45. Intervenant 1

    Bah oui, parce que n'importe quel nombre réel multiplié par lui-même, donc mis au carré, ça donne un résultat positif. Toujours. Donc une somme de carrés, elle est forcément positive. On a la garantie absolue sans avoir besoin de tester quoi que ce soit.

  46. Intervenant 2

    Et c'est là toute la puissance de ce problème. On passe d'une vérification empirique, qui est impossible, à une certitude algébrique absolue.

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