tangenteAudio

14 juil. 2020 · 6 min

Quel festival de maths a reçu le prix d’Alembert ?

Dans cet épisode audio, découvrez le festival lauréat, ses stands et animations, puis l’association Les maths en scène qui le porte.

Un contenu original Tangente, adapté en podcast avec l’aide de l’IA et validé par notre rédaction. Comment ça marche ?

Transcription

Afficher la transcription

Transcription automatique

  1. Intervenant 1

    Bienvenue dans le podcast du magazine Tangente. Aujourd'hui, on va explorer un défi de taille. Imaginez transformer la géométrie spatiale en une installation artistique interactive ou utiliser des algorithmes en temps réel pour qu'un public puisse sculpter visuellement des fractales. C'est exactement le genre de transmission qui nous intéresse aujourd'hui.

  2. Intervenant 2

    Et c'est vraiment un défi immense parce que pour nous qui baignons dans cette discipline, la beauté des mathématiques, c'est une évidence. Mais réussir à partager cette élégance avec le grand public sans en diluer la rigueur, ça demande une ingénierie pédagogique assez exceptionnelle.

  3. Intervenant 1

    Ouais, c'est clair. Bon, décortiquons tout ça. Le prétexte de notre plongée aujourd'hui, c'est le fameux prix d'Alembert. C'est une distinction majeure qui est décernée tous les deux ans par la Société Mathématique de France, la SMF. Et pour faire simple, c'est un peu l'équivalent de la palme d'or pour la vulgarisation mathématique.

  4. Intervenant 2

    Ouais, c'est une belle comparaison.

  5. Intervenant 1

    On y récompense en fait les actions qui créent un vrai pont entre la recherche formelle et les citoyens.

  6. Intervenant 2

    Et ce qui est intéressant, c'est que traditionnellement, on pourrait s'attendre à ce que ce type de reconnaissance institutionnelle, ça aille à un ouvrage hyper érudit ou à un cycle de conférences très pointu.

  7. Intervenant 1

    Ouais, le truc très classique, quoi.

  8. Intervenant 2

    Voilà. Or, cette année, la SMF a fait un choix vraiment audacieux. Ils ont couronné un événement vivant, super collaboratif et vraiment ancré sur le territoire. C'est le festival Les Maths dans tous leurs états.

  9. Intervenant 1

    Ah oui.

  10. Intervenant 2

    Ça se déroule à Castanet, Toulousan, en Haute-Garonne. Et c'est une initiative qui est portée par l'association Les Maths sans scène à l'occasion de la Semaine des mathématiques.

  11. Intervenant 1

    D'ailleurs, le thème de leur édition a tout de suite accroché mon regard. C'était « Mettons en scène les mathématiques ». Mais je vais me faire un peu l'avocat du diable. Concrètement, comment on met en scène un théorème ou une notion d'algèbre ? Je veux dire, si je me rends à ce festival, est-ce que je me retrouve juste face à des écrans tactiles avec des quiz à choix multiples et un vague vernis géométrique ? C'est une sorte de parc d'attraction pour la géométrie ou quoi ?

  12. Intervenant 2

    Alors, ce qui est fascinant ici, c'est justement la profondeur de l'interactivité. L'association refuse complètement la facilité de l'illustration passive. D'accord. Des installations physiques pour que le public expérimente physiquement la mécanique mathématique.

  13. Intervenant 1

    Ah ouais, donc c'est pas juste appuyer sur des boutons.

  14. Intervenant 2

    Non, pas du tout. Par exemple, au lieu d'expliquer formellement au tableau les propriétés d'un polyèdre régulier, les visiteurs vont assembler eux-mêmes des structures tridimensionnelles géantes.

  15. Intervenant 1

    Ah sympa.

  16. Intervenant 2

    Ouais, ils ressentent vraiment concrètement les contraintes géométriques, les symétries dans l'espace. Et ensuite, il y a des outils numériques qui viennent prolonger cette expérience. Ça permet de faire varier les paramètres des algorithmes en temps réel.

  17. Intervenant 1

    Ok, je vois.

  18. Intervenant 2

    Et du coup, ça révèle instantanément l'impact visuel de ces variations.

  19. Intervenant 1

    Donc, en fait, on remplace la démonstration théorique un peu descendante par l'expérimentation sensorielle. On manipule la notion de l'intérieur par l'action ou le retour visuel, avant même de poser le vocabulaire technique rigoureux dessus.

  20. Intervenant 2

    Ouais, c'est exactement ça, c'est tout l'enjeu. Et cette stratégie, elle se limite pas aux quelques jours d'euphorie du festival. En fait, ce rassemblement, c'est que la vitrine d'un travail de fond permanent. D'accord. Si on prend leur grand projet à destination des scolaires, ça s'appelle « regard de géomètre ».

  21. Intervenant 1

    Ah oui, j'en ai entendu

  22. Intervenant 2

    parler. L'idée centrale, c'est d'imposer un changement complet de prisme d'apprentissage. Et en l'occurrence, de passer par le prisme de la création artistique.

  23. Intervenant 1

    Attends, là, j'ai besoin de visualiser. J'imagine qu'on ne demande pas simplement à des collégiens de colorier des mandalas pour valider un module de géométrie. Non, bien sûr que non. Comment on maintient la véritable exigence mathématique dans un projet artistique ?

  24. Intervenant 2

    En fait, l'exigence vient du processus de conception lui-même. Le dispositif demande aux classes de s'approprier un concept mathématique hyper précis pour en concevoir une œuvre d'art structurée. Mais attention, ils ne le font pas seuls. Ils collaborent activement avec des chercheurs en mathématiques et des artistes plasticiens.

  25. Intervenant 1

    Ah génial ! Donc il y a un vrai encadrement ?

  26. Intervenant 2

    Exactement. Et pour réussir à leur création, les élèves doivent comprendre intimement les règles spatiales ou les proportions de Fibonacci ou encore les transformations géométriques qui sont impliquées. Ils s'emparent vraiment de la rigueur mathématique pour en faire le moteur même de leur créativité.

  27. Intervenant 1

    Mais c'est brillant en fait, parce qu'on crée un pont cognitif inédit. L'élève qui pourrait bloquer de manière, je ne sais pas, psychologique sur une équation écrite, il va développer une intuition fulgurante parce qu'il a viscéralement besoin de cette équation pour stabiliser son projet artistique en

  28. Intervenant 2

    fait.

  29. Intervenant 1

    C'est la parfaite illustration de leur slogan « les maths, on ne les attend pas ».

  30. Intervenant 2

    C'est tout à fait ça. Et monter un tel maillage entre les écoles, les chercheurs et les artistes, ça exige une constance remarquable sur le terrain.

  31. Intervenant 1

    J'imagine, oui.

  32. Intervenant 2

    Les sources mettent d'ailleurs vraiment en lumière le travail acharné de l'équipe fondatrice. Je pense notamment à Ourya Lafrance, qui est la présidente de l'association, et à Bénédicte Tartola, la secrétaire. Vous pouvez déjà observer l'efficacité de leurs animations sur leur stand lors du salon de la culture et des jeux mathématiques en 2017. C'est le résultat d'un engagement de très longue haleine.

  33. Intervenant 1

    Ce n'est pas un truc qui s'est fait du jour au lendemain. Ce que je retiens de ce prix d’Alembert, c'est qu'il valide institutionnellement l'idée que les mathématiques n'ont pas besoin de rester austères pour rester sérieuses.

  34. Intervenant 2

    Tout à fait.

  35. Intervenant 1

    En les transformant en objets de création artistique et en événements de partage, ces initiatives nourrissent la culture scientifique de manière profonde et durable.

  36. Intervenant 2

    Et si on connecte ça à une perspective un peu plus large, je trouve que ça soulève une question fondamentale pour l'auditeur. Si l'algèbre et la géométrie de haut niveau peuvent devenir le cœur battant d'un festival populaire et de créations plastiques inspirantes, quels autres domaines de notre quotidien, que nous jugeons aujourd'hui purement utilitaires ou désespérément arides, n'attendent finalement qu'un simple changement de décor pour révéler toute leur poésie ?

À écouter ensuite

Des épisodes qui partagent une playlist, une figure ou un domaine avec celui-ci.